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Haïti-Carnaval: la République pleure encore!

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Ce 17 février restera dans les mémoires et marquera d’une “pierre noire” les annales du Carnaval haïtien, cette grande plateforme culturelle qui témoigne de notre grandeur de peuple, de la beauté de notre art, la singularité de nos mœurs et de nos coutumes.

 

Un défilé en blanc pour saluer le départ de ceux-là qui, accrochés à la vie, se sont enivrés de plaisir pour marquer le retour du carnaval à Port-au-Prince après plus de quatre ans d’absence. Quel retour! Qui l’aurait dit? 16 vies qui s’enfuient dans l’incompréhension la plus totale. Une jeunesse angoissée qui continue de chercher des réponses à ses questions. Le pourquoi de l’absurde fatalité. Quête infinie.

Le théâtre du Champ de Mars, mal vêtu, avec les plaies béantes laissées par le cataclysme du 12 janvier 2010 avait du mal à répondre à cet engagement. Nous le savions. Ses hôtes pourtant profitaient tant bien que mal, de cette bouffée gratuite qui s’offrait après les interminables journées de trouble qu’ils ont vécu en ce début d’année de tous les défis.

Dans un éclair, la fête se changea en pleurs et rappelle certains événements enfouis depuis plus de cinq ans dans la mémoire des hommes pressés de faire un deuil, pourtant interminable. Un câble électrique qui traverse un parcours carnavalesque, un fait anodin qui dans le contexte actuel prend une proportion inimaginable.

La démesure. L’imprudence. Notre refus de penser les choses nous rattrape. Il fallait bien que cela arrive. Hélas, trop souvent! La République pleure encore. Une fois de plus, des jeunes arrêtés dans leurs élans  vers l’infini au moment où les fleurs qui annoncent les promesses de toute leur vie devaient éclore.

Le chef de l’État, jeans et chemise et le Premier ministre bien flanqué dans son“ Wayabel” blanc défilent au champ de Mars comme annoncé quelques heures après le drame. Ils sont suivis d’un cortège de dignitaires et de hauts dignitaires ainsi que de simples citoyens... l’image que l’on voulait voir. Mais, avant! l’unité naît. Elle prend forme à travers une solidarité feinte, intéressée!

Trop tard dirons certains, elle se consumera aussi rapidement que ces bougies placées sur l’autel pour honorer la mémoire de ces compatriotes partis sans avoir pu contempler la renaissance de leur Haïti chérie.

Les promesses affluent. Les parents des victimes vont bénéficier du support de l’État. Ils devront être heureux, je présume. Les pleures n’inonderont plus leurs joues. Peut-être! Oui, peut-être si l’enquête diligentée par le gouvernement permet d’établir la responsabilité de ceux qui devaient vraiment être responsables; “Responsable”, un mot qui sonne faux dans cet univers d’insouciance où le ridicule se mêle au sérieux sur des airs de folie intensifiée et provoquée.

Trois jours de deuil pour se rappeler de ces 16 âmes qui devaient et pouvaient être encore parmi nous. Des funérailles nationales pour que le peuple s’en souvienne et puisse saluer leur départ. Un départ précipité. Provoqué dirons certains, mais départ quand même!

Nous continuons d’errer dans les ténèbres, sans aucune volonté de chercher la lumière. “J’accuse!” disait tantôt un ami. Non moi, je n’accuse pas, je pense et je me rebelle!

 

Lionel Edouard

Photo; J.J. Augustin

 

 

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