Education : Réouverture du Lycée de la Saline, une bonne nouvelle mais il faut faire plus pour la sécurité

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L\\\\\\\'annonce faite par le ministère de l\\\\\\\'Education nationale sur la réouverture du lycée national de la Saline est une bonne nouvelle pour les jeunes de ce quartier sensible longtemps fermé à cause des affrontements des gangs armés dans la zone. Sans donner de détails sur les conditions qui ont permis ce retour à l\\\\\\\'école, les responsables du MENFP ont frappé un grand coup qui aidera certainement les familles qui habitent le quartier de la Saline à préparer l\\\\\\\'avenir de leurs enfants où les armes à feu paraissent plus accessibles que les livres. De toute façon, l\\\\\\\'enthousiasme dont a fait montre les élèves et les parents à la réouverture de ce lycée est un signe évident que les besoins en éducation sont réels pour les jeunes de la Saline, un quartier limitrophe à la Capitale. Cette réouverture ne suffit pas à crier victoire, c\\\\\\\'est certainement un élément positif,mais il nous faut un peu plus. Il nous faut le réveil de la conscience collective accompagnée de mesures sociales pour diminuer la trop grande disparité entre riches et pauvres.


Le fossé entre les Patrons et les ouvriers est trop grand, un indice qui montre que cette conscience est morte. Les traces et les cicatrices de notre passé rongent encore notre société avec une relation trop verticale où la domination reste encore la règle n’accordant aucune chance aux plus faibles et aux plus vulnérables la possibilité de réussir. Les 20 dernières années ont montré que ce fossé s\\\\\\\'est élargi avec plus de chômeurs, plus de pauvres et parallèlement plus de riches. Durant ces années, les familles ont dépensé beaucoup plus d\\\\\\\'argent pour se nourrir, beaucoup plus d\\\\\\\'argent pour le loyer, beaucoup plus d\\\\\\\'argent pour l\\\\\\\'Education des enfants. Cependant, nos jeunes bouclent avec plus de difficulté leur cycle d\\\\\\\'études secondaires et la majorité de ceux qui y arrivent n\\\\\\\'ont pas accès aux centres universitaires publics du pays. Aujourd\\\\\\\'hui, des milliers de jeunes haïtiens sont obligés de se rendre en République dominicaine avec au passage des millions de dollars dépensés annuellement pour leur formation sans aucune garantie d\\\\\\\'emploi. Cet argent aurait pu renforcer nos institutions de formation dans le pays et construire plus de centres universitaires et de centres professionnels de qualité pour nos jeunes. Notre conscience collective est morte. Il n\\\\\\\'y a pas longtemps, des hommes d\\\\\\\'affaires haïtiens, extrêmement riches, ont laissé le pays pour s\\\\\\\'installer en Floride. La richesse de ces hommes d\\\\\\\'affaires acquise en Haïti s\\\\\\\'est élevée à des milliards de dollars dans le pays le plus pauvre de l\\\\\\\'Amérique. Personne n’aurait pensé que des sommes pharaoniques existaient dans le pays, tant la pauvreté est grande. Plusieurs de ces riches font partie d\\\\\\\'une longue liste publiée par les journalistes d\\\\\\\'investigation travaillant sur les évasions fiscales.

Les haïtiens devraient comprendre que la réouverture d\\\\\\\'un Lycée ne devrait pas être une bonne nouvelle dans un pays normal en 2022. Les débats devraient tout simplement se faire autour de la qualité de la formation des jeunes, de l\\\\\\\'accompagnement des apprenants, de la formation renouvelée des encadreurs et de la modernisation de notre système éducatif. Tel n\\\\\\\'est pas le cas ! Haïti ne fait que compter des morts avec des actes de banditisme élevés, des quartiers invivables et désertés, des enlèvements spectaculaires, bref de la montée en puissance des gangs armés. Il est malheureux d\\\\\\\'assister à une telle dégradation malgré la présence des institutions chargées de la sécurité publique. Cela signifie que nos institutions sont et seront toujours inefficaces sans la conscience collective et des mesures sociales fortes. Il nous faut repenser la démocratie que l\\\\\\\'on nous propose. Il nous faut, pour faire court, tout repenser. Oui ! Ce n\\\\\\\'est pas possible que notre niveau d\\\\\\\'intolérance soit aussi élevé. Nous sommes de manière permanente dans une guerre fratricide, nous refusons de discuter avec l\\\\\\\'autre et s\\\\\\\'il réfute mon point de vue, il doit mourir. Nous préférons financer le mal au lieu de chercher le bien commun. Nous préférons faire venir des étrangers pour mieux atteindre nos objectifs malsains au détriment de la majorité alors qu\\\\\\\'on aurait pu réussir ensembles. Notre conscience collective est morte!

 

La situation que vit notre pays aujourd\\\\\\\'hui n\\\\\\\'est pas le fruit du hasard. Elle a été inconsciemment planifiée par notre refus de comprendre que la sécurité ne sera qu’un vain mot tant que nous n\\\\\\\'acceptons pas de regarder le pays dans sa globalité. Nous dépensons beaucoup d\\\\\\\'argent pour habiter des zones inaccessibles en oubliant que des millions de personnes n\\\\\\\'ont pas de logement. Ce ne sont pas des migrants, mais des haïtiens qui sont nés sur le sol et qui ont rudement travaillé la terre pour payer leurs impôts malheureusement sans services en retour. D\\\\\\\'ailleurs, force est de constater que de nombreux étrangers arrivent en Haïti sans rien dans les mains et s\\\\\\\'enrichissent dans un laps de temps. Il nous faut un peu plus pour couper court avec de telles pratiques inacceptables. Certainement, le MENFP va travailler pour rouvrir les écoles dans les quartiers de Martissant, de Cité Soleil, de Fessard et dans une grande partie de la Croix des Bouquets, mais cela ne suffira pas.

 

Il nous faut réveiller notre conscience collective et comprendre que seule la planification d\\\\\\\'une société plus juste et plus équilibrée peut aider notre pays à trouver la sécurité souhaitée. Les haïtiens doivent apprendre à croire dans leur pays. Nous devons nous mettre d\\\\\\\'accord sur la gratuité de l\\\\\\\'école fondamentale, de déterminer les filières de formation des jeunes, sur les domaines de création d\\\\\\\'emplois. Il nous faut moraliser la politique haïtienne en priorisant la formation des acteurs. Il nous faut démocratiser la formation professionnelle ainsi que le crédit pour inciter les initiatives collectives génératrices d\\\\\\\'emplois. Il nous faut renforcer notre système judiciaire, renforcer les structures sanitaires. Le Pays ne fonctionne plus. Il nous faut ressusciter les institutions. Notre Etat est pourri et l\\\\\\\'odeur devient nauséabonde. L\\\\\\\'heure est venue de faire plus et il nous faut faire plus.

 

ET/HPN

 

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