Haïti-Coronavirus : 7 cas positifs en Haïti seulement ? beaucoup de doute et la peur du pire

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Les autorités sanitaires haïtiennes ont recensé 7 cas de coronavirus en Haïti depuis l’annonce officielle le 19 mars de l’état d’urgence pris par le président de la République et l’adoption de mesures de restriction des activités économiques et sociales que l’administration peine à faire respecter.

 

7 cas seulement ? Sans vouloir remettre en cause la parole des autorités, les Haïtiens se permettent de douter de la véracité des données communiquées vu la faiblesse, voire l’absence de structures sanitaires fiables dans un pays peuplé de près de 12 millions de personnes.

 

Depuis l’annonce des deux premiers cas par le président Jovenel Moise, le Ministère de la santé publique (MSPP) égrène les cas un à un dans une sorte d’imprécision qui frise la négligence. Aucune information n’est fournie sur les deux premiers cas enregistrés. Quel parcours ont emprunté ces personnes positives au Covid-19.  Les contacts qu’elles auraient pu entreprendre. Leur situation sanitaire actuelle et leur location sur le territoire. Rien de tout cela. Si ces données sont disponibles, il conviendrait d’en informer la population afin qu’elle soit imbue de la situation réelle.

 

Le MSPP tente-t-il de rassurer en faisant de la rétention d’information ? Ou, serait-il incapable de réaliser des tests à grande échelle ? Dans les cas de crise sanitaire comme dans la situation actuelle de cette pandémie, la transparence est la meilleure attitude officielle. Elle peut servir de mise en garde. Le MSPP ferait donc mieux de communiquer ouvertement à la population qui serait ainsi plus encline, peut-être, à suivre les consignes des autorités. Les rumeurs seraient moins suivies qu’elles le sont aujourd’hui.

 

En regardant le comportement de la population dans certaines régions du pays, dans les quartiers où les gens vivaient déjà en confinement, on ressent le mépris que les gens affichent envers les recommandations officielles.

 

En parcourant les réseaux sociaux, on apprend plus que ce que les autorités ne veulent nous dire et la méfiance vis-à-vis du discours officiel n’est plus à démontrer. Du coup on apprend que dans les hôpitaux démunis, nos jeunes médecins sont très inquiets et abandonnent la blouse et le stéthoscope la peur au ventre. Dans un autre centre de santé une dizaine de malades avec des signes évidents du coronavirus gémissent sans soin. Des images d’un jeune hoquetant sur un lit émeuvent également.

 

Des témoignages sont déversés sur les réseaux quant à l’incapacité des élus locaux à gérer le retour de milliers d’Haïtiens poussés dehors par la République voisine. Quelle est la situation dans les villes frontalières de Mirebalais, Belladère, Abricot ou Pandiassou ? Les rapatriés volontaires sont-ils testés avant de réintégrer les familles ?

 

Dans les marchés publics, dans le transport en commun et dans les bureaux de l’état les consignes de distanciation sociale sont tout bonne ignorées, oubliées au profit d’un besoin de manger, la nécessité de vivre au quotidien que l’état ne peut pas garantir à sa population.

 

Sans vouloir être alarmiste, il faut croire que la catastrophe est à nos portes si elle n’est pas déjà dans nos murs. Et quoi que les autorités veulent bien nous faire croire, la vérité éclatera un jour. Les effets de la vérité étouffée, cachée sont parfois plus couteux, plus catastrophiques que la parole qui choque mais qui permet de parer au pire.

 

 

 

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