Haïti-COVID-19 : Pistes méthodologiques pour la matérialisation des mesures d'Etat d'Urgence Sanitaire face à la pandémie COVID-19 en Haïti

Santé
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Par Hancy PIERRE

 

 

 

Le président de la République d'Haïti, dans une annonce à la nation en date du 19 mars 2020 a décrété l'Etat d'urgence sanitaire en confirmant du même coup l'introduction de la pandémie COVID 19 dans le pays à travers deux cas positifs. En la circonstance, des dispositions se sont regroupées en mesure de distanciation dans les relations, la répression, la délégation aux institutions sanitaires publiques pour les directives de prévention, gestion et suivi, des mesures de compensation aux employés de l'administration publique et la rotation dans le travail, la fermeture des écoles, universités et centres de formation, les industries, l'interdiction des activités jusqu'à concurrence de 10 personnes, un couvre-feu de 20 heures à 5 heures et, ce, dans un délai court d'un mois. Il a été prévu le fonctionnement d'un comité scientifique pour des orientations du processus. Par la suite, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a fait état de son plan en quatre phases : inter-pandémique, pré-pandémique, pandémique et post-pandémique. Qu'en est-il de la matérialisation de l'Etat d'urgence sanitaire décrété en partant des bonnes pratiques et d'une perspective optimiste au regard de considérations techniques et éthiques.

 

L'annonce du président correspond à une indication qui n'a pas encore de valeur d'instrument pour une option claire de politique sanitaire en situation d'urgence dans la gestion de la pandémie COVID-19. En effet, les tâtonnements des autorités étaient criants dans les premiers moments, soit dans l'inter-pandémique et il y a lieu de considérer du moins des dispositifs liés à une politique publique implicite avant une proposition du comité scientifique annoncé. On peut noter jusque-là la constitution haïtienne de 1987 qui consacre le droit à la santé et à la sécurité sociale aussi bien que des conventions notamment la Convention Internationale relative aux droits de l'enfant en liens avec quelques aspects de santé. Des instruments en matière de protection de la femme peuvent être évoqués entre autres. La Conférence Alma Ata de 1978 qui a orienté le processus de politique de santé est aussi une référence. Tout ceci nous renvoie à définir des contraintes fixes pour fonder des standards à utiliser dans le cadre de la gestion de la pandémie en guise de réalisation d'actions pour garantir une protection adéquate. Cependant, les standards ne sont pas toujours applicables à tous les contextes en donnant une idée du type de mesure en situation spéciale. Il existe une hiérarchie dans les standards. Aussi des standards minimaux pourraient-ils se définir en tenant compte de nos faiblesses structurelles et de contingences liées à une mauvaise gestion politique qui tend à s'instituer. Ces standards établissent en conséquence en un accord collectif sur les actions nécessaires pourque les services fournis en situation d'Etat d'urgence sanitaire répondent à des critères de qualité satisfaisants. Les compétences chargées de la planification, de la budgétisation des programmes et de la mobilisation communautaire devraient utiliser l'ensemble des standards comme point de départ à déterminer la portée et la qualité des actions à réaliser. Ce, pour prendre distance de toutes déviations liées à des actions populistes et/ou électoralistes visant dans le malheur à instrumentaliser la population. En d'autres termes, il s'agit d'établir des principes communs pour tous les acteurs du système sanitaire et celui de la protection civile et renforcer la coordination entre eux et fournir une synthèse des bonnes pratiques et des enseignements observés en matière de gestion de crise et particulièrement en matière de santé. Ce qui s'assimile déjà à une approche éthique dans la mesure où la capacité de donner des réponses à la question dans la transparence et en vertu du principe de responsabilité. Les services essentiels continuent à être garantis en préservant la jouissance des droits humains et des droits politiques acquis.

 

En guise de simulation, nous partageons ce qui suit en termes de présupposé, d'indicateurs, de contre-indicateurs, de bonnes pratiques et de fondement de standard.

 

Ainsi, nous développons respectivement les points sus indiqués. Il s'agit d'inventorier et restituer les antécédents écrits sur la gestion d'Etat d'urgence sanitaire et des débats publics conjoncturels sur la question. Une équipe spécialisée du ministère de la communication associée aux instances stratégiques du ministère de la santé publique et de la population est chargée de recueillir les idées et définir le problème technique en termes d'orientation des interventions de l'Etat.

 

Le comité scientifique anime dans un délai bref de sept jours des groupes de concertation pour la planification de l'Etat d'urgence sanitaire avec emphase sur la participation des collectivités locales.

 

Comme contre indicateur, il faudrait souligner que les éléments de base qui pourraient permettre d'apprécier la situation de façon globale sont souvent inexistants, fragmentaires ou contradictoires, dispersés et sous utilisés. Le système de surveillance épidémiologique est lourd inadapté et entrainant une importante perte d'informations. De plus il ne prévoit ni l'utilisation ni le traitement des données au niveau institutionnel ou communal et ne favorise pas la rétro-information (Ministère Santé Publique et de la Population d'Haïti, OMS/OPS, 1996 :136-137). Il s'ajoute l'instabilité politique et la faiblesse dans l'effort de médiation dans l'élaboration de politiques publiques qui dévient les opportunités concrètes d'action durable en matière de protection civile et sanitaire en situation de crise.

 

En guise de bonnes pratiques l'expérience dans la surveillance épidémiologique pour la poliomyélite, le tétanos néo-natal, le sida et le choléra est un atout. Le fonctionnement technique de laboratoire national et d'une direction épidémiologique sans inféodation politique aucune complète la démarche. La constitution et des conventions fondent les actions en liens à l'Etat d'Urgence Sanitaire tout en espérant de nouveaux instruments juridiques  adaptés au contexte actuel.

 

 

 

Loin de se substituer dans le travail éventuel d'un comité scientifique, ces jets de réflexions ne servent que de pistes d'indication, soit un apport d'universitaire citoyen dans le contexte d'Etat d'urgence sanitaire face à la pandémie de COVID -19.Entretemps ,il est suggéré une conjugaison de ressources avec le comité scientifique soient des travailleurs sociaux, statisticiens de CTPEA par exemple, de psychologues communautaires, de médecins, de spécialistes du Centre en Population et Développement (UEH),la formation de médecins aux pieds nus dans le modèle chinois(Roux,1984:254), articulation avec des universités et associations socio professionnelles. La mobilisation de ressources financières se ferait à travers une démarche transparente auprès des institutions autonomes, l'ONA, l'OFATMA, la Loterie de l'Etat Haïtien, la NATCOM, la BNC, la BPH etc.

 

 

 

Hancy PIERRE

 

Professeur Travail social

 

Université d'Etat d'Haïti

 

The University of Findlay,Ohio,USA.

 

 

 

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