Haïti-Santé-COVID-19 : Le cache-nez, une farce et une opportunité économique!

Santé
Typographie

Dans d’autres pays de la planète, le cache-nez est utilisé comme l’une des préventions contre l’infection liée au COVID-19. Chez-nous, la majorité de la population en fait pratiquement fi. Ce, après avoir constaté en Haïti très peu de cas d’infection et de décès liés à cette maladie par rapport à d’autres pays. Néanmoins, le cache-nez ou encore masque, cet outil de protection semble devenir plutôt, depuis un certain temps, une plaisanterie et/ou une duperie pour certains, mais une opportunité économique pour d’autres plus intelligents, constate Haiti Press Network.

À la capitale haïtienne comme dans des grandes villes de province, constatons-nous, les marchands et les marchandes de cache-nez viennent, il y a près de deux années de cela, augmenter la liste de petits débrouillards ambulants dans les rues.

En effet, filles et garçons en offrent presque partout dans les rues bondées de gens, mais surtout, remarquons-nous, dans des points stratégiques tels que : aux abords des entreprises commerciales ou institutions de services privés ou publics où le port de masque est exigible pour y avoir accès.

Outre d’autres endroits de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, ces débrouillards sont remarqués surtout dans des rues de Pétion-Ville, transformées tristement de façon anarchique, en marchés publics sous les yeux impuissants des autorités municipales. On les voit aussi devant des banques du secteur privé ou de l’État, des maisons de transfert, aux abords des supermarchés, mais également dans le voisinage d’autres institutions de services publics ou privés.

La modique somme de 50 gourdes est réclamée pour un masque fabriqué en tissu. Tandis qu’ils exigent, 25 gourdes ou moins pour les cache-nez de type médical utilisés généralement par des professionnels de la santé dans les centres hospitaliers ou les cliniques.  

Des cache-nez en veux-tu en voilà !

Du cache-nez en veux-tu en voilà. Ces nouveaux débrouillards en disposent en quantité et en offrent à tous les passants remarqués sans leur masque au visage. En dirait que l’annonce des variants du coronavirus demeure une nouvelle réjouissante pour ces vendeurs et vendeuses qui se multiplient de jour en jour, alors que le monde se referme à l’annonce effrayante du nouveau variant identifié sous le nom : « Omicron », constatons-nous.

Il suffit tout simplement de ne pas pointer le nez dans le voisinage de l’une de ces entreprises ou lieux précités, pour éviter d’être la cible de l’offre, telle une agression, de ce matériel de prévention sanitaire qui semble, selon toute vraie semblance, être déplacé de son utilité première pour devenir une vraie bouffonnerie dans notre société.

« Que veut-on que je fasse. Les opportunités d’emploi pour les jeunes dans ce pays sont très rares. Je ne gagne pas beaucoup. Ce n’est pas un gros business. Mais si j’ai réussi à liquider au moins une vingtaine de masques au courant de la journée, cela me permet d’acheter un petit quelque chose pour boucher un creux au thorax », nous déclare d’un sourire un peu réservé, Hander qui fait des va-et-vient incessants devant un supermarché dans la commune de Pétion-Ville.

Herla est une couturière. Ce métier, quoique sa portée mondiale depuis la civilisation, n’offre qu’occasionnellement à des professionnels en Haïti, la possibilité de mettre leurs connaissances en valeur et de gagner de l’argent. Le marché informel des habits usagers venant de l’étranger, particulièrement des États-Unis prend le dessus. Ne trouvant pas grand-chose à confectionner, Herla se lance sur le marché des cache-nez. Elle en vend partout, notamment à Pétion-Ville. Elle offre aux passants des masques cousus avec des tissus de toutes les couleurs, mais aussi ceux de type médical, apparemment moins chers et plus demandés ces derniers temps.

« C’est une opportunité de gagner quelques sous. J’en saute dessus. Évidemment, la vente allait mieux quelques mois avant par rapport à aujourd’hui où les gens paraissent moins précautionneux à la maladie. Mais je dois avouer que je me débrouille pas mal au quotidien », avoue Herla, une dame dans la trentaine interrogée vaguement à ce sujet par HPN.        

Port occasionnel ou du faire semblant, une attitude bourrasque…

Il y a bel et bien lieu en passant de parler de comportement bourrasque lorsqu’il s’agit de l’utilisation du cache-nez par occasion juste pour faire semblant. Cela devient ridicule aux yeux de pas mal d’observateurs. Car, beaucoup de gens, il faut le souligner, utilisent occasionnellement le masque juste pour pouvoir régler quelque chose comme par exemple: accéder à l’intérieur d’une banque commerciale, d’un supermarché pour effectuer des emplettes, bref, aux bureaux publics et privés où il est indiqué « le port de masque est obligatoire », pendant qu’à l’intérieur, les employés sont généralement privés des leurs.

Au niveau de l’État, constatons-nous, c’est devenu protocolaire depuis environ deux ans. Pas une cérémonie officielle sans avoir remarqué autorités et autres acteurs présents portant leur masque même seulement pour quelques minutes du déroulement d’une quelconque cérémonie ou d’une rencontre d’échanges.

Le fameux cache-nez d’aujourd’hui, ce machin visant à esquiver des postillons, mais  insupportable qui, de l’avis de plus d’un, nuit sérieusement à la respiration et n’empêche malheureusement pas vraiment à quelqu’un d’attraper la maladie liée au COVID-19.

« Je ne suis pas en train de décourager les gens qui en font usage par précaution, mais soyons sérieux, combien de personnes dans le monde qui ont fini par rendre l’âme de la maladie, lesquelles n’avaient pourtant laissé trainer même une seconde leur masque », tente de raisonner Coriolan, un homme apparemment très avisé à qui on exigeait le port du cache-nez pour accéder à l’intérieur d’une banque commerciale.

Une fois, à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) couramment appelé : hôpital général, un reporter de HPN en quête de soin avait entendu un futur médecin lancer à une amie collègue en stage ceci : « Le port de masque est quelque part une barrière qui pourrait réduire la possibilité d’être infecté, mais le masque n’est pas anti-COVID. »

De toute évidence, si le masque est devenu aujourd’hui avec cette pandémie mondiale, un moyen de se protéger contre le coronavirus qui ne cesse depuis environ deux ans de tourmenter le monde, en Haïti par contre, il est de préférence pour bon nombre de personnes un trompe l’œil, mais tout aussi bien une opportunité pour d’autres d’empocher des sous.

Alix Laroche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 Photo: Archives Google

 

 

 

 

 

 

    

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .