Haiti-USA : Leaders politiques et représentants de la société civile réagissent aux déclarations des autorités américaines

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Suites aux déclarations de l’adjoint du secrétaire d’état américain, lors d’une conférence de presse à Washington mercredi, ayant vertement exprimé son ras-le-bol par rapport à ceux qui, selon lui, font obstacle aux prochaines joutes électorales pointant du doigt l’opposition et la société civile, des responsables de ces structures n’ont pas attendu pour exposer leur point de vue.

 

« Nous sommes fatigués et nous insistons beaucoup sur ce point, il y aura des conséquences pour ceux qui s’y opposent, préviennent les autorités américaines. », ces phrases du haut fonctionnaire du Département d’Etat américain mettent le leader de Pitit Desalin dans tous ses états. Jean-Charles Moise estime que ce sont les Haïtiens qui devraient exprimer leur exaspération face à la politique des Etats-Unis vis-à-vis d’Haïti. Ils imposent leur modèle de démocratie dans le pays depuis des années, regrette-t-il.

 

« En ce moment, le peuple haïtien décide de prendre en main le destin de la nation. Nous, les membres de Pitit Desalin, nous n’allons pas céder à leur intimidation. », martèle M Moïse.

 

Une politique deux poids deux mesures

Les déclarations des autorités américaines sont également minimisées par le coordonnateur national du parti INIFOS. Selon Paul Denis, ce n’est pas la première fois que les USA brandissent des menaces. Tout en s’interrogeant sur la forme de ces sanctions, l’ancien ministre de la justice remet en doute la bonne foi des Etats-Unis dans le contexte sociopolitique actuel. Ainsi, il se demande pourquoi les Américains n’ont pas fait entendre leur voix lorsque l’exécutif n’a pas organisé des élections pour renouveler le Parlement ainsi que les collectivités territoriales. Ils sont très mal placés pour nous faire la leçon.

 

« La situation dans laquelle nous vivons actuellement est de loin la pire des conséquences. Madigra m pa pè w, se moun ou ye », s’indigne Paul Denis.

 

Quant à la Fusion des socio-démocrates, elle se dit choquée face à de telles déclarations La présidente du parti, Edmonde Supplice Beauzile, juge le message émanant du département d’état américain, très mal venu et inapproprié par rapport au contexte actuel. Pour Mme Beauzile, diriger le pays par décret en se réjouissant de l’absence du Parlement et la gangstérisation de nombreuses zones défavorisées devraient suffire à révulser les autorités américaines pourtant le pouvoir en place continue de bénéficier du support de l’administration Trump.

 

Pas d’élections sans un accord politique

Edouard Paultre, coordonnateur général du conseil haïtien des acteurs non étatiques (CONHANE) estime que son secteur ne mérite pas ces reproches. Il soutient que la structure à laquelle il appartient a toujours joué un rôle majeur dans l’organisation des élections dans le pays notamment dans la constitution du Conseil Electoral ainsi qu’à travers l’observation pendant le jour du scrutin. Parallèlement, il se dit convaincu que l’attitude de l’équipe au Pouvoir compromet le processus.

 

« Il faut un accord politique avec tous les acteurs concernés avant de penser à organiser les élections », souligne-t-il.

 

Même son de cloche du côté de l’Initiative de la Société Civile (ISC). Pour le directeur exécutif de l’ISC, Rosny Desroches, vu les difficultés auxquelles fait face le pays, un accord politique est nécessaire.

 

Le ton monte, le langage change, l’impatience des Etats-Unis de voir la mise en place d’un CEP et la tenue des élections dans le pays est une évidence. Si les menaces de sanctions ne sont pas nouvelles, certaines personnes en ont déjà fait les frais dans un passé récent.

 

Jusqu’où la récente position des autorités américaines peut changer la donne ? Il n’est que d’attendre.

 

Marvens Pierre

 

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