Haïti-Référendum : 15 jours d’Etat d’urgence sanitaire, le Référendum serait-il encore possible ?

Idées et Opinions
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Le Conseil Electoral Provisoire qui a reçu mandat du Président Jovenel Moïse afin d’organiser le référendum le 27 juin prochain pourrait se heurter à de grandes difficultés après la publication de l’arrêté présidentiel décrétant l’Etat d’urgence sanitaire pour une période de 15 jours. Les Considérations sont nombreuses pour étayer ce doute. Il faut citer notamment la nette augmentation des cas de Covid-19 dans tout le pays. Cette situation pourrait retarder le processus avec la formation du personnel électoral et Référendaire.

 

Si techniquement tout semble prêt pour le référendum, d’autres points d’ombre demeurent précisément au niveau de l’emballage, du chargement, du déchargement des matériels sensibles qui demandent un personnel important. Le Conseil Electoral provisoire pourrait il prendre des risques de mobiliser ces gens avec cette crise sanitaire qui prend chaque jour des proportions dans le pays ?

 

 Au-delà de ces considérations, il y a également des soulèvements un peu partout dans les villes de provinces à l’instigation de plusieurs opposants qui ne veulent pas entendre parler de  l’organisation de ce référendum. Les quinze jours de l’Etat d’urgence sanitaire décrété montrent la délicatesse de la situation qui pourrait déboucher sur un reconfinement de la population avec les hôpitaux qui sont aujourd’hui débordés. Si le CEP garde le cap sur le référendum, il faudra qu’il organise des séances techniques de formation pour les agents de la sécurité électorale qui sont généralement autour de 750 à 800 par séance. Prendrait-on le risque de rassembler tout ce monde avec l’augmentation des cas de Covid 19 ?

 

Aujourd’hui, le gouvernement Moïse-Claude doit faire un difficile choix entre la protection de la population avec un taux de contamination en nette progression et l'organisation d'un Référendum pour doter le pays d’une nouvelle Loi-mère. Les protagonistes de ce changement ont toujours soulevé des points d'ombre dans la constitution de 1987 amendée ayant provoqué tant d'instabilité dans la vie politique du pays. Mathias Pierre, ministre en charge des questions électorales, a toujours relevé certains points notamment  sur l’ambiguïté dans les relations entre le Président et son Premier Ministre, les élections indirectes pour la formation des Assemblées municipales départementales devant conduire aux conseils départementaux qui n'ont jamais pu être réalisées. Avec ces structures électorales inexistantes, le Conseil Électoral Permanent(CEP) n'a jamais pu être mis en place. 

 

Mais la situation sanitaire semble décider autrement puisque le personnel vacataire pour l’organisation des joutes électorales est évalué à cinquante ou soixante mille personnes réparties dans environ 30 à 40 mille bureaux de vote sans oublier les agents de la sécurité électorales qui sont au nombre de 5 à 6 mille pour sécuriser les différents espaces. Le Gouvernement peut-il prendre le risque de laisser le Conseil électoral provisoire avancer dans ces conditions difficiles ?

 

L’Etat d’urgence sanitaire devrait prendre fin le 14 juin prochain si le taux de contamination diminue. Normalement, le CEP aurait environ 7 jours francs pour remobiliser le personnel vacataire dans la perspective du 27 Juin. Une probabilité qui soulève de sérieuse interrogation sur l’organisation de ce Référendum populaire sur l’Avant Projet de la Nouvelle Constitution.

 

ET/HPN

 

 

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