Les mouvements sociaux haïtiens de juillet 2018 à nos jours et leurs fantômes, notre impasse

Idées et Opinions
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Le roi est mort vive le roi! Ce slogan qui a eu cours en Europe, particulièrement à la Cour française, et a traduit non seulement le principe théologico-politique du "double corps du roi" célèbrement étudié par Kantorovitch, en ce que le roi détient à la fois un corps physique (charnel) et un corps mystique qui assure la pérennité de la royauté (liée au sang ou à l'héritage biologico-mystique du lien de sang et de l'origine divine) par-delà la mort,  renferme un autre sens supplémentaire.

Par supplément, j'entends une sorte de reste qui participe au travail d'effacement de l'analyse qui doit être pris en compte si celle-ci veut tenir sa promesse d'explicitation. Le "roi est mort vive le roi" décrit en ce sens la prise de conscience de la royauté comme structure sociale politique et anthropologique vraisemblablement, à laquelle le peuple, l'ensemble des sujets du roi, se montre consentant en vivant le retour de la royauté, même à la mort du roi, comme nécessité anthropologique et politique.

Je reprends ce slogan ici pour annoncer que ce qui se passe actuellement dans la société haïtienne a l'air du déjà vu et donc semble présager, si l'on ne se fait pas vigilant, les mêmes pratiques ou résultats. Je constate un retour des mêmes figures d'autrefois même après l'effritement du système couramment qualifié de politique. Ce qui me porte à supposer qu'un double corps anthropologico-politique semble structurer l'expérience politique haïtienne et condamne les Haïtiens à vivre les mêmes déboires en des temps apparemment différents. Si 2004 ne rappelle pas en tout ce qu'on vit actuellement, il ne témoigne pas moins de quelques aspects répétitifs qui suscitent le sentiment du déjà vu.

En fait, c'est le jugement d'un grand nombre de contemporains des événements de 2004. Évidemment, il y a eu l'affaire des coopératives, il y a eu le discours ou le slogan du remboursement de la dette de l'indépendance, il y a eu les fraudes électorales de 2002, ensuite la montée d'une tendance despotique qui a tenté d'étendre ses tentacules sur l'université, en nommant contrairement au prescrit de l'institution universitaire, autonome, quelqu'un comme recteur indépendamment du choix des professeurs, du personnel administratif et des étudiants. On se rappelle ces moments d'effervescence, de tumultes qui ont succédé à ces étapes culminées par l'entrée en scène des acteurs de la "bourgeoisie " et de l'intervention armée de Guy Philippe. Cette époque avait porté ses raisons de contestation, les étudiants et les professeurs particulièrement avaient jugé bon de contester ou contrecarrer cet élan despotique d'un président en perte de légitimité par souci d'occuper tous les interstices du pouvoir politique, social et économique. Des élections irrégulières ont été enregistrées en 2002 et l'opposition avait dénoncé et exigé des corrections. En vain! S'il est vrai que la vengeance est un plat qui se mange à froid,  l'opposition a traîné sa résistance jusqu'en 2004 en multipliant les alliances d'occasion.

Elle a eu gain de cause du président et l'a évincé du pouvoir. Il s'agit de départ anticipé. On est très bien habitué à cette réalité sociopolitique en Haïti: le départ anticipé. Je soutiendrais, fort de ce constat historique, que le départ anticipé constitue la marque essentielle du faire politique haïtien : un nombre important des présidents haïtiens élus ou occupant le pouvoir par la force des armes n'ont jamais pu épuiser le temps de leur mandat. Des vagues de contestation arrivent toujours à les emporter au profit d'un opposant ou d'un groupe d'opposants qui finissent souvent par connaître le même drame : «différence et répétition» des luttes politiques haïtiennes. J'espère qu'un soutien réciproque de l'histoire, de l'anthropologie politique et de la sociologie permettront de mettre à jour le sens de cette rationalité politique qui travaille l'expérience politique et historique de la société haïtienne.

Je n'ai pas le souci, ici, de m'embarquer dans cette démarche qui appelle plusieurs compétences disciplinaires et une plus longue réflexion sur le rapport de l'Haïtien avec le pouvoir - sa conquête ou/et sa conservation -, la question de la "famille" (qu'on songe à fanmi lavalas qui représente le symptôme important de la structure symbolique de la politique haïtienne construite sur le réseautage de la "parenté", de la famille élargie)  dans la gestion du politique et de l'usage du bien commun, etc.

 Je m'intéresse à un autre aspect de l'expérience politique non moins important à ce que je viens de signaler. Il concerne l'actualité de ces derniers jours qui a commencé depuis 6 juillet 2018. Il mérite un temps de réflexion pour attirer l'attention sur un écueil séculier qui entrave constamment le chemin de la libération haïtienne. En 2004, on s'est achoppé à cet obstacle. En toute vraisemblance, on est en passe de faire face à un obstacle semblable. Quel est ce chemin parsemé d'embûches apparemment insurmontables ?

Commençons par une importante conclusion faite par l'historien Michel Hector auquel on n'est pas trop attentif alors qu'il propose l'une des clés les plus essentielles pour comprendre le peu d'impacts des mouvements sociaux haïtiens sur les politiques sociales, etc. «Comme il n'a jamais été question, dans l'une ou l'autre de ces périodes de crise systémique généralisée, d'assumer le désordre pour la construction d'un nouvel état de chose, le combat mené dans chacune d'entre elles pour le rétablissement de l'ordre, réfère avant tout à la préservation de l'ensemble des principes et modes d'organisation de la société, lesquels ont été affectés d'une manière ou d'une autre par l'intense activité de la contestation populaire. D'où la nécessité de maîtriser ce phénomène perturbateur. Pour y parvenir divers moyens sont utilisés, comme le constitution d'une alliance de forces hostiles au mouvement populaire, le développement de l'affrontement violent à grande échelle, et la mise en oeuvre de certaines réformes qui, au fond, ne mettent en péril la continuité du système.» (Michel Hector, «Mouvements populaires et sortie de crise, 19e -20e siècle», p. 81.).

Tout est là pour saisir le sens de la difficile institution de politiques de redressement des "tords", de corrections des inégalités et des formes diverses d'injustice. Ce constat de Michel Hector, éprouvé de ses longues et riches expériences d'historien, permet de fixer plusieurs considérations.  Premièrement, j'en viens à l'idée que les mouvements sociaux haïtiens sont supportés et portés par des slogans. Ils sont rarement portés par un discours argumenté ou patiemment élaboré d'une part, et une stratégie de luttes définie quitte à ce qu'elle se rectifie au cours des luttes. L'improvisation est le nom de ces mouvements. Deuxièmement, l'absence d'une construction idéelle des revendications donne à celles-ci une charge émotionnelle qui conduit les mouvements à une dynamique de feu de paille dont la spontanéité reste la marque et le manque de perspectives dans la durée leur interdit l'assentiment des citoyens: spontanéité et manque de perspectives apportent en fin de compte une allure carnavalesque à ces mouvements qui disparaissent comme ils sont nés, spontanément.

Troisièmement, en général, comme c'est le cas dans la société, le mouvement reproduit la même catégorisation sociale avec les gens modestes composant le gros lot des manifestants auxquels on abandonne les sales besognes dans les rues et les chefs ou représentants de structures associatives sociales, culturelles et politiques, enfin des acteurs économiques -il faut suivre leur modalité et leur temporalité de participation : toujours en fin de mouvements quand la probabilité du partage des butins, afin de se préserver de taxes ou d'impôts et de bénéficier de franchises, s'imposent -. Ces mouvements divisés ne peuvent connaître, au temps des véritables enjeux, que la main mise et la trahison de certains et l'immolation des autres. En somme, les mouvements sociaux haïtiens, en plus d'être étudiés dans leur composante globale et leurs dynamiques propres, méritent une attention particulière concernant la temporalité des groupes d'acteurs. Qui participe aux mouvements et à quel moment du mouvement font-ils leur apparition? Cette question permet de mettre à jour quelques éléments de psychologie des groupes d'acteurs surtout au regard de ce qu'ils ont bénéficié ou à bénéficier et de la répétition de cette stratégie d'intégration des luttes.

Je veux prendre en exemple trois cas récents. On se fera une idée de ce qui se joue dans l'effervescence actuelle tout en suggérant la plus grande vigilance vers le projet d'élaboration d'un véritable pacte de vivre-ensemble en mettant fin aux avantages de groupes ou de classes, en exigeant une participation générale de tous à la fondation de la société haïtienne : la fin des jouissances gratuites de quiconque au nom du principe d'égalité et de citoyenneté.

J'ai rappelé très brièvement ce qui a constitué le fond du mouvement de 2004. Plusieurs vecteurs ou sources d'intérêts se sont entrecroisés pour mettre à mal la présidence d'Aristide : élections truquées, revendications à tout va du remboursement de l'indemnité que la France avait imposée à l'Etat haïtien et sa velléité de mettre l'université sous coupe réglée, rappelant la vieille passion de la dictature duvaliérienne de tout contrôler, à commencer par l'institution universitaire régie par des règles internes de gestion. Tous ces facteurs se sont réunis en un faisceau de revendications dont le sens s'est précisé dans le départ du président au début de l'année 2004. Ce qui m'intéresse dans ce complexe de logiques d'actions ou dans cet entremêlement de perspectives d'actions porte sur les modes d'irruption dans l'espace d'implication dans les mouvements de revendications des acteurs.

Le cas le plus caractéristique, à côté des formes de participation de certains leaders improvisés de l'opposition, concerne la manière classique de la frange dite «bourgeoise» de prendre part aux mouvements,  je dirais, de prendre part tardivement ou par opportunisme aux mouvements. Cette «bourgeoisie» rentière qui se met généralement en retrait s'occupant de ses comptabilités et manœuvrant dans l'ombre et le silence les forces de la répression, se met brusquement debout et devient partie prenante d'une cause à laquelle elle ne s'est pas identifiée ou elle ne s'identifie pas. Pourtant, par je ne sais par quel enchantement, elle se met aux pas de guerre pour affronter l'ennemi qui devient spontanément l'ennemi commun alors que celui-ci était son bras politique pour rafler et mettre sous  contrôle les maigres ressources du pays.

L'irruption des "bourgeois" haïtiens et d'une frange de l'élite cultivée, au mouvement de 2004, dénommé "grenn nan bouda", s'est réalisée à partir de cette logique et à partir de cette posture : intégrer le mouvement pour tirer ses marrons du feu quand il n'y a plus d'alternatives de contrôle ou de répression. En tout cas, la formation du gouvernement post-départ a révélé quelque chose de cet état d'esprit qui a accompagné les mouvements populaires ou paysans : le partage du gâteau au détriment de la "masse populaire", paysans compris. Cette logique d'action «bourgeoise» et «élitaire» permet de comprendre pourquoi les revendications d'ordre social sont mises entre parenthèses au profit de slogan plus sensationnel de thématiques politiques et creuses. Il viendra le temps, je l'espère, où l'on étudiera la variation des thématiques des revendications pour surprendre le manque de consistance, de conviction ou de constance qui caractérise ce style d'acteurs : comme c'est le cas actuellement où l'on est passé du "petrochallenge" réclamant le procès contre les dilapidateurs des fonds petrocaribes au slogan exclamant le départ du président: le départ, non la démission en  vue de sa mise à disposition à la justice. Comme si l'enjeu fondamental est son départ, alors que le nœud de la question est la mise en branle de la justice pour juger, emprisonner tous ceux qui sont coupables et procéder à la saisine des biens mal acquis. Au contraire, secteur politique et économique, toujours coude à coude, réclament le départ de manière à procéder à une reconfiguration de l'échiquier politique. Cela favorisera à coup sûr à chacun plus d'occasions pour se refaire le jeu du clientélisme, du népotisme, de la spoliation, bref de la corruption ambiante qu'on prétend combattre. Maintenir le système par substitution d'un groupe par un autre au détriment du grand nombre, qui s'est fait avoir sous les balles des policiers ou civils armés. C'est bien ce que Michel Hector semble avoir constaté lorsqu'il conclut que les luttes finissent généralement dans le bain de sang ou la trahison.

           Aujourd'hui, le même scénario semble se re-produire en dépit de quelques nuances. Le mouvement a commencé avec les initiatives des "petrochallengers". Une première étape importante s'est marquée les 6-7 juillet 2018; plusieurs autres manifestations ont renforcé le mouvement jusqu'au 18 novembre 2018 lorsque le "secteur démocratique"se mêle du mouvement pour l'infléchir vers une revendication politicienne. A partir de ce moment, deux éléments à prendre en compte : d'une part, le mouvement devient éminemment politique contrairement aux petrochallengers qui se sont refusés à "faire de la politique" (en fait, le véritable sens de cette posture consistait à mettre hors jeu les acteurs politiques traditionnels afin d'éviter toute instrumentalisation politicienne à fin d'accéder au pouvoir),  d'autre part,  le discours s'étoffe, se complexifie tout en devenant plus confus et suspect.

Des métamorphoses s'opèrent sans raison. Par exemple,  on passe de  "Haiti nou vle a" à "Nou pap dòmi !" Est-ce un changement de tactique ou tout simplement la récupération du mouvement par un certain secteur ou une transformation d'une structure sociale en une structure politique, qui assumerait cette fois-ci de faire de la politique proprement dite ? En tout cas, un changement majeur s’est opéré et signale évidemment une nouvelle orientation politique et de nouvelles perspectives dans la lutte, même lorsque ces nouvelles perspectives ou orientations ne se précisent nulle part. Dès lors, le mouvement cesse d'être seulement la revendication de procéder au procès petrocaribe pour devenir aussi départ du président de la République, donc il met en avant le départ au détriment du procès judiciaire: ce qui ne peut que compromettre le procès. Dans l'euphorie du départ effectif, on aura créé les conditions du départ des accusés de l'affaire petrocaribe. Radicalisation et confusion des revendications avec l'émergence de plusieurs profils d'acteurs avec des aspirations divergentes suscite l'inquiétude et l'hésitation des citoyens et inspire le soupçon sur le mouvement à plusieurs lieux de contestation: affaire petrocaribe, détérioration de la qualité de la vie ou diminution du pouvoir d'achat, départ du président.

Pourtant, à chaque lieu on peut faire correspondre un répondant: à l'affaire petrocaribe répondent ceux-là qui ont dilapidé les fonds; à la vie chère répondent le gouvernement et les hommes d'affaires; à la revendication du départ répond l'opposition politique (cette typologie permet de voir que les acteurs sont entremêlés dans leur emplacement et leur aspiration. Certains sont devenus juges et partis.  L'entremêlement des lieux et des aspirations des acteurs justifie la confusion qui nourrit l'indécision, l'hésitation des citoyens).

La tendance dominante devient le départ du président et la «bourgeoisie» haïtienne se mêle du jeu. La vie chère est reléguée au second plan: donc un acteur complice de la vie chère se fait oublier: cette "bourgeoisie". Ce qui ne manque pas de soulever la question de la cohérence de ce mouvement et de son potentiel émancipateur.                                                             Mais ce qui me parait le plus urgent à rappeler dans cette situation de confusion idéologique est l'affaiblissement de la promesse d'émancipation de cette lutte. Il faut rappeler que cette frange de la "bourgeoisie" qui intègre le mouvement au nom du départ du président et non au nom du procès, de la vie chère et d'un juste usage des ressources collectives, n'arrive que pour prendre de vitesse une orientation sociale et politique qui risque de mettre en question sa place dans l'économie globale de l'injustice, du mauvais usage des biens publics. Elle est là pour faire écran.

Pour mieux comprendre cet enjeu, on doit revenir sur le silence et les formes de répression qui ont été installés lors du mouvement des ouvriers de la Sonapi qui réclamaient mille (1000.00) gourdes de salaire journalier, ce qui représentait une pitance au regard des bénéfices engrangés par ces "hommes " de sous -traitance. Outre qu'ils ne furent pas présents aux manifestations réprimées brutalement par l'institution policière, ils ont vertement refusé d'accorder le maigre salaire revendiqué. Or,  aujourd'hui, les revendications n'ont pas changé.  Il est question de justice sociale, d'autonomisation de l'institution de l'État afin qu'il puisse répondre de/à sa vocation : redistribuer au regard du principe d'égalité et de la dignité des citoyens les richesses communes. Quel mouvement commun est-il possible de mener avec les acteurs qui se sont servis de la confiance des citoyens pour défendre les intérêts des "bourgeois", avec les hommes d'affaires qui ne se livrent qu'à des calculs comptables d'intérêts au détriment du grand nombre, aujourd'hui croupi dans la misère honteuse, dans l'indifférence et le mépris.

L'histoire des mouvements sociaux en Haïti appelle à la vigilance. Les acteurs sont trop divergents pour que le mouvement donne lieu à des résultats unanimes et prometteurs pour le plus grand nombre qui a très peu de moyens pour décider de l'ordre de partage de butins. Le mouvement comporte souvent plusieurs cellules en lutte qui rendent difficile à la fois une vue d'ensemble et une perspective crédible. Cette conflictualité au sein du mouvement ne fait que faire le jeu de ceux-là qui peuvent s'offrir plus de marges d'action, à coups d'argent, de promesses, en vue de tirer le plus grand profit au détriment de ceux qui ont perdu leur vie, et continuent à perdre leur vie par les politiques de franchise, de rente, de confiscation des intérêts généraux par des préoccupations privées. 

Vu sous cet angle, il y a lieu de m'inquiéter de l'issue de ce mouvement qui met en scène une hétérogénéité d'acteurs aux aspirations les plus divergentes ou de statuts juridiques et judiciaires divers ou controversés. Plusieurs impasses se dressent déjà au départ réclamé du président, non sans pertinence à l'appréciation de certains faits: incapacité à instituer un "dialogue" national (signe d'illégitimité), implication dans des " stratagèmes de détournement de fond", délabrement des conditions de vie des citoyens, situations d'insécurité ambiante non maîtrisée, etc. D'une part, une lutte intestine aura à départager à force de mise hors jeu les différents acteurs. Tout ce scénario aura lieu au détriment du tissu social déjà vermoulu, au détriment d'un véritable programme national ou de cohérence politique. D'autre part, vu l'absence d'un véritable projet politique qui devra inspirer la cohésion des décisions sectorielles, on sera encore dans l'improvisation. Une meute se déchaînera sur la dépouille de l'État où chacun tentera de partir avec quelques ministères, quelques directions générales ou quelques secrétaireries d'État en attendant une ou deux années pour la nouvelle mobilisation au nom du nouveau départ. Enfin, le "peuple" qui se sentira berné désertera davantage l'espace politique au profit de ces milles gourdes, qui deviendront son unique butin des joutes politiques.

Un véritable mouvement social devra procéder par un travail préalable de diagnostic des pathologies sociales créées par la main mise d'un petit groupe d'hommes de l'économie et de la politique soutenus par des acteurs internationaux qui ne se sont jamais préoccupés de l'amélioration du grand nombre, qui peine à trouver une  condition minimale d'existence digne. Le diagnostic ayant mis à jour les rationalités d'expropriation, les distorsions produites dans le fonctionnement des institutions républicaines et démocratiques, devra indiquer les décisions courageuses à prendre au nom de la République, de la chose publique, sans laquelle la communauté n'a aucune raison d'être: la redistribution à part égale du bien commun.

        Peut-être qu’il ne soit pas encore tard pour les petrochallengers, à travers les différentes versions de leurs structures associatives ("Haiti nou vle a" et "Nou pap dòmi" ) d'adopter la posture qui vaille: se mettre d'accord sur un véritable modus operandi soutenu par la culture et la patience de la réflexion de manière à faire des choix pertinents et prometteurs d'une nouvelle société s'attaquant véritablement à ses fantômes au nom de l'égalité,  de la justice et de la dignité. Certes, j'admets que le temps n'est pas celui de la conclusion qui serait, à cet instant du mouvement, très hâtive. Donc, je ne fais que formuler le souhait d'une nouvelle orientation d'action pour mieux articuler lutte et souci d'émancipation si l'on ne veut pas se faire rattrapé par les réflexes habituels d'improvisation et d'euphorisme béat.

 

 

 

Edelyn DORISMOND

Professeur de philosophie au Campus Henry Christophe de Limonade -UEH

Directeur de Programme au Collège International de Philosophie - Paris

Directeur de l'IPP

Directeur du comité scientifique de CAEC

Responsable de l'axe 2 du laboratoire LADIREP.

 

 

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