Depuis l’annonce du Chef de l’Etat le  13 janvier dernier, constatant la caducité du Parlement, le pays nage dans un flou sans précédent. Pas de gouvernement légitime, pas de budget. La fin du mandat des députés de la 50e législature et de deux tiers du Sénat créent un malaise profond. 10 sénateurs proches et alliés du Président se déclarent être victimes de l’abus du pouvoir alors que le chancelier Edmond Bocchit, dans un périple sur le continent, fait la promotion d’une nouvelle gouvernance établie en Haïti par le chef de l’Etat Jovenel Moise.

 

Dans une brève rencontre lundi avec le Secrétaire d'état américain, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie haïtienne, certifie à  son homologue que le Président Moise travaille d’arrache-pied pour former un gouvernement d’union nationale en promulguant une loi électorale ainsi qu'une loi de finances. Alors dans l’intervalle, les sénateurs défendent du bec et des ongles leur mandat. Le bureau présidé par le sénateur  Pierre François Sildor, a du mal à mettre à l’écart Jean Mary Salomon qui occupe le bureau du vice-président du grand corps et celui du Premier Secrétaire par Dieupie Chérubin. Ces deux sénateurs contestataires font recours à la justice.

 

Mais fort de de tout cela, les gangs armés sèment la mort dans divers quartiers de Martissant (sud de Port-au-Prince) aux yeux des autorités. Les groupes armés de Grand Ravine, Ti Bois, Base Pilate et Village de Dieu n’ont aucune gêne, ils opèrent jour et nuit sans le moindre scrupule. Ce mardi 21 janvier 2020, des individus armés ont tiré sur des agents de l’Unité départementale pour le maintien d’ordre (UDMO) au niveau de la quatrième avenue Bolosse, faisant un mort et un blessé.

 

Les bandes armées imposent leurs lois et jusqu’à présent aucune force légale n’est en mesure de les défier. Quand le président écrit : « J'appelle, en urgence, à la mise en place d'un plan coordonné du CSPN, de concert avec les parquets de la République, pour des actions concrètes visant à mettre fin à l'insécurité et au banditisme, dans le respect de la loi. La nation entière, impatiente, attend des résultats», on se demande à qui ce message est destiné ?

 

Peut-on s’attendre au renfort des Etats-Unis d’Amérique quand les autorités étatiques sont dépassées par les événements ? Va-t-on s’attendre à des mouvements de protestations ? On attend.

 

Yves Paul LEANDRE

  

Enfin, face à cette "économie politique " de la corruption et de la gangstérisation, de la mort, de la zombification et de la bestialisation, la société devient la cible du pouvoir et des hommes et l'opposition. Ce que l'histoire politique met en lumière et qui devient l'objet de l'impasse politique actuelle c'est le mode de gouvernementalité qui prend pour cible la société, trahie et dévoyée dans ses revendications au nom de la dignité. La dynamique sociale haïtienne, contre ce dispositif politico-économique parasitaire, prend la forme d'exigence de revendication et de créativité, qui est souvent corrompue par les impulsions de racket,  de rapines, de mépris du public, du surinvestissement du privé portés par les "élites politiques et économiques". La misère est le nom de cette dynamique sociale, elle est l'expérience de l'incapacité à se construire en toute décence, et à éprouver sa capabilité, son sentiment d'être capable pour soi et pour l'autre. Elle fait pendant à la dynamique d'enrichissement à laquelle veulent se livrer tous les Haïtiens: enrichissement souvent indécent se faisant par concussion,  par spoliation, etc.

Si nous avons peu de cas d'études de cet enrichissement et de misère dans les sciences sociales haïtiennes, la littérature toutefois en donne quelques cas d'enrichissement (Epaminondas Labasterre de Frédéric Marcelin) et des cas de misère à profusion (tous les romans paysans haïtiens présentent cette thématique de manière récurrente). Tout le genre du roman paysan, en plus de restituer quelques traits originaux authentiques de la culture haïtienne selon l'appel de Jean Price-Mars, montre la condition difficile des paysans. D'autres romans mettant en scène davantage des groupes de citadins miséreux que le discours politique désigne de "populaire"(Marie –Thérèse Colimon Hall [i],   Kettly Mars[ii], etc.). Donc, la littérature,  attendant la sociologie ou l'anthropologie constituées pour nous offrir des explications plus méthodiques scientifiquement, nous permet de suivre la situation intolérable des Haïtiens. Sans nous consacrer à des monographies séparées et systématiques de ces auteurs ou ouvrages, on peut dire qu'ils montrent d'une part que la situation des gens modestes se compose de conditions économiques, sociales et culturelles très maigres. Leur seul recours au vodou qui jouit à la fois le rôle de cosmologie, lieu de créativité de sens, de thérapie, lieu de guérison. Le vodou est un lieu de conjuration de sorts et d'explication des sorts de toutes sortes naturelles ou surnaturelles, politiques ou religieuses, magiques ou scientifiques. Cette cosmologie et thérapie constituées fait penser à l'institution d'une autre société alors qu'elle n'est qu'excroissance d'une économie plus globale de la société, la production de l'abêtissement. Le vodou, malgré son effort de produire un ordre humain de solidarité et de communauté,  est rattrapé par ce processus d'abêtissement (tout l'imaginaire de la zombification l'exprime sans ambiguïté).

D'Antoine Innocent à Frankétienne en passant par Jacques Roumain et les frères Marcelin, nous constatons une logique de mise à distance du "peuple" et un souci aussi de prendre pour des pratiques insolites les modes d'existence du peuple devenu "gros peuple ", gwo zotèy.  Autrement dit, différent des "élites". Les auteurs montrent aussi les résistances déployées par ce peuple, mais c'est toujours, semble-t-il, une résistance rangée, dont la fin est déjà comprise,  comprimée ou compromise par les forces omniprésentes du chef aidé du bourgeois, du politicien et de l'homme d'affaires. Mais ce qui semble le plus caractéristique de ces écrits c'est le retour constant du mécontentement populaire qui témoigne du besoin de vivre décemment. Évidemment, ces auteurs mettent en relief la figure de laissés pour compte des paysans et de la "masse populaire".

Tous les décors, que ce soit dans le Bondieu rit d'Edris Saint Amand, dans le Gouverneur de la rosée de Jacques Roumain, dans le Canapé Vert, et le Tous les Hommes sont fous de Philippe Thoby Marcelin et Pierre Marcelin, se montrent pauvres, s'ornent d'une situation de détresse ou de désolation, qui accuse la difficulté des paysans ou à la "masse populaire" de faire face au dispositif délétère de l'"économie politique" de l'État haïtien, sachant que cet État est approprié par les acteurs politiques et économiques. Pauvres matériellement, pauvres spirituellement. En réalité, la spiritualité du paysan que l'on présente comme un lieu de résistance, se corrompt le plus souvent dans le mimétisme, la honte de s'affirmer tel, c'est -à-dire de soutenir le vodou, ou de se soutenir dans le vodou. C'est ce que font observer les frères Marcelin dans "Canapé-Vert"  et "Tous les hommes sont fous": les paysans, même à proximité de Port-au-Prince, la Capitale, vivent leurs croyances dans la clandestinité, dans la "simulation-dissimulation". D'un autre point de vue, Frankétienne, dans "Les affres d'un défi", montre à quoi peut conduire parfois l'usage des pratiques magiques dans le vodou : déployer une domination totale sur des compatriotes ravalés à la terre, à la condition bestiale de vie. En effet, interdire du sel aux zombis c'est leur interdire l'accès à la réalité, à la connaissance. Cette importante allégorie, que nous ne pourrons épuiser dans ce commentaire présent, s'explique par le taux d'analphabétisme imposant qui n'est pas un accident politique, au contraire, manifeste le déploiement de la politique de zombification comme manière de ne pas donner accès aux citoyens à la science, à la lumière, au sel de la liberté et de la raison. C'est l'effet de la politique de kokoratisation, qui montre le bas fond des décisions politiques et leur refus de répondre au projet sublime de 1804.

 

La kokoratisation exprime plus que tout autre mot, les pratiques d'avilissement et d'auto-avilissement, la dénégation de l'idéal 1804 à l'oeuvre dans la société haïtienne. Le mot vient de kokorat (qui est avant tout un insecte) qu'on utilisait au moment de l'arrivée de l'armée américaine en 1994 pour instaurer la démocratie, après le coup d'état militaire. En situation d'extrême précarité, liée à l'embargo économique et à la politique de bamboche (non démocratique, mais celle des militaires jouissant sans scrupule des ressources du peuple assassiné), à la libéralisation du marché, nombre d'Haïtiens se sont appauvris. Certains d'entre eux étaient obligés de glaner (parmi ceux qui n'ont pas pu émigrer dans les sociétés caribéennes, aux États-Unis d'Amérique, au Canada) dans les poubelles des militaires américains afin de survivre grâce aux restes de nourritures à la faim chronique. Par extension, la sagesse populaire a forgé le néologisme de kokoratisation pour signaler l'aspect dynamique, processuel de l'état d'être kokorat, et décrit du coup non un état individuel mais un devenir social. La focale est donc dirigée davantage du côté de la société ou de ses responsables comme producteurs de kokorat. C'est dire qu'on ne naît pas kokorat, on le devient à force des inégalités sociales, des politiques économiques d'appauvrissement. Donc un dispositif politique, économique produit les kokorat et la kokoratisation. Un constat important permet de comprendre, en conséquence, que la kokoratisation est un jugement. Elle est un jugement dénonciatif qui se veut à la fois factuel et normatif et critiquant généralement de manière  implicite les pratiques avilissantes ou auto-avilissantes de la politique et de l'économie. 

 

La politique de kokoratisation qui est la manière des hommes politiques et des hommes d'affaires de la société haïtienne de maintenir une situation sociale, économique, politique forçant les citoyens à se nourrir aux poubelles des Américains et des Dominicains, à vivre dans des taudis et pouilleux, contraste, paradoxalement, à ce qui point depuis la lutte des esclaves comme vision de liberté.

 

S'il y a une pauvreté de la réflexion éthique dans la pensée haïtienne, il n'est pas moins vrai que la société haïtienne depuis sa naissance s'établit sur une vision éthique d'elle-même, que malheureusement la réflexion tarde à prendre en charge afin de l'expliciter et éclairer ses projets politiques. Par ailleurs, la kokoratisation comme jugement politique dénonciatif de la politique comme production de l'homme de trop,  fait signe à cette éthique, à ce sentiment qui refuse (sans pouvoir se le dire explicitement) de réduire l'homme en kokorat. Cette éthique  se fonde avant tout sur le traitement déshumanisant, kokoratisant comme inacceptable. Mais qu'est ce qui peut expliquer que des hommes puissent traiter d'autres hommes en kokorats?

 

Il faut d'abord se défaire de la bonté naturelle de l'homme. L'homme, a dit Pascal, n'est ni ange ni bête. Il faut dire aussi que si l'homme n'est ni ange ni bête, il est, peut-être, les deux à la fois et en même temps. Malheur à ceux qui pensent que l'homme n'est qu’ange. L'homme est un ange qui s'oublie dans la bestialité. Cet oubli cause le plus souvent les désastres politiques que l'on sait. La bestialisation n'est que la face logique de l'homme qui s'oublie soit en tant qu'ange et qui ne se fait pas attraper par la bête ou soit en tant que bête qui dérape en négligeant son côté d'ange. L'histoire haïtienne peut être interprétée par ce dualisme : la bête de l'esclavage, l'angélisme de la révolution. A chacun son lot de bestialité par souci hypocrite de faire l'ange ou la bête. Si toute l'histoire haïtienne est en prise avec la bestialisation, cela est peut-être dû à la fois à l'angélisme ou à  la bêtise. Il faut dire néanmoins que nous n'avons véritablement pas rendu possible la politique de l'angélisme. La bestialisation qui est à l'oeuvre est à définir comme culture de la bête, comme l'abêtissement de l'autre.

 

Pourtant, nous devons attirer l'attention sur la politique qui serait mue par l'aspect angélique en l'homme que nous avons désigné de "sublime ". Nous avons soutenu que la révolution haïtienne a fait signe vers le sublime de l'humain, de la liberté, de l'égalité et de la dignité. L'angélisme politique que nous tenté d'expliciter n'a pas encore trouvé ses politiciens et ses entrepreneurs. Nous devons insister sur ses possibles dérives qui demandent des précautions et des balises importantes dans sa mise en oeuvre. En effet, certaines voix ont identifié leur vision politique à cet angélisme, et ont tenté de prendre racine au sublime de la révolution. Elles se sont fourvoyées par manque de cohérence, par démagogie. Elles ont oublié que le sublime qui doit guider la politique doit se circonscrire de certaines conditionnalités (conditions des conditions de possibilité) de la mise en oeuvre du sublime que nous exposons en cinq axes:

1) Conditions de finalité sans fin

2) Conditions de capabilité indéfinie

3) Conditions de raisonnabilité

4) Conditions de responsabilité

5) Conditions de créativité

Les cinq conditions réunies doivent faire advenir le citoyen libre et responsable face à lui-même, face à la collectivité, qui ne sera plus mis en condition de kokoratisation, mais saisi au préalable par la structure éthique de dignité, de capabilité,  de raisonnabilité, de créativité et de responsabilité.

 

- Les conditions de finalité sans fin, d'inspiration kantienne, doivent poser l'homme comme fin des pratiques politiques et économiques. Cette conditionnalité dresse l'homme au-delà de toutes les formes de réification. L'homme est sa propre fin. En cela, tout doit être disposé  à sa réalisation et non l'inverse.

 

- La capabilité est la faculté de la mise en valeur de la dignité comme résistance aux pratiques réifiantes qui s'imposent. Elle l'instance phénoménologique (anthropologique) du capable, épreuve de soi et sentiment de sa propre valeur. La capabilité est l'épreuve de soi en tant valeur pratique, qui se vit phénoménologiquement comme infiniment valable et valeureux. C'est, parmi le double infini pascalien, celui qui permet à l'homme de contenir le monde et de résister ainsi aux déferlements réifiants des forces physiques du monde naturel. La capabilité est l'expérience intime de la grandeur humaine. Elle est présente dans le non de l'esclave lorsqu'il a contesté l'esclavage : elle l'affirmation de la liberté humaine.

 

- La raisonnabilité est différente de la rationalité. Elle n'est pas calcul ou combinatoire de signes liés selon des occurrences abstraites et logiques. La raisonnabilité est plutôt la conditionnalité de l'action qui pose l'homme comme instance de raison réfléchissante, être capable de se prendre en charge en fonction de la conservation de soi. Par conservation de soi, il ne s'agit pas seulement, selon le réflexe biologique, de préservation de soi liée à on ne sait quel instinct de conservation, elle concerne la relation de l'être à l'être-ensemble. La raisonnabilité est une réflexion liée à la conservation de soi en tant qu'elle dépend de la conservation des autres. C'est la conditionnalité de la solidarité et de l'institution du commun au regard de la généralité. Seuls les êtres raisonnables sont capables de penser les autres comme instances de son être et de son devenir. 

 

- La responsabilité exige cette communauté qui se trouve aux deux bornes du temps présent. Le présent est le temps de la présence au monde, donc au passé et au futur qui apportent au monde sa densité, son épaisseur, lesquelles sont vides si nous ne sommes appelés à répondre d'eux dans la présence au présent. La responsabilité a quelque chose à voir avec la capabilité qui la fonde. Elle est l'expérience de l'épreuve de la capacité qui devient, en fin de compte, capacité à répondre, à donner raison de soi et des autres avec lesquels on partage la commune condition du désir du bonheur, de la dette et de la mortalité. C'est en ce sens que la responsabilité s'étend du présent, la présence comme épreuve de soi, au passé dont on hérite la possibilité d'être et de dire jeu; au futur dont on  héritera  la possibilité ou la probabilité d'être continué. La responsabilité est héritage reçu et héritage légué. Les deux bornes nous fixent dans l'être autrement qu'être, c'est-à-dire se trouver toujours dans un rapport éthique avec autrui. Au nom de cette relation éthique au passé et au futur, nous avons l'injonction d'être avec nos contemporains comme nous sommes avec nos ancêtres et nos héritiers : être avec eux comme nous sommes avec les ancêtres et comme nous aimerions que nos héritiers  (nos récepteurs ou percepteurs) seront avec nous. Indulgence du  cœur  et rigueur de la règle au nom du bien-être de soi et de chacun.

 

- La créativité, souvent mesurée selon quelques échelles de valeurs, est la marque fondamentale d'être au monde dont la modalité est de commencer, donc d'inaugurer quelque chose de nouveau, qui représente souvent des réponses aux nouveaux problèmes que pose le monde. Tout homme, en dépit de la complexité de sa raison, participe à ce travail de création de monde, d'invention de réponses nouvelles aux problèmes du monde. Mais, il revient particulièrement aux poètes de s'adonner à ce travail indispensable d'invention de réponses aux problèmes auxquels nous sommes confrontés : "Les poètes sont ceux des mortels, qui chantent gravement le dieu du vin, ressentent la trace des dieux enfuis, restent sur cette trace, et tracent ainsi aux mortels, leurs frères, le chemin du revirement.[iii] "

 

Edelyn DORISMOND

Professeur de philosophie au Campus Henry Christophe de Limonade -UEH

Directeur de Programme au Collège International de Philosophie - Paris

Directeur de l'IPP

Directeur du comité scientifique de CAEC

Responsable de l'axe 2 du laboratoire LADIREP.

 

 

 

 

 

C'est un Carl Murat Cantave qui oublie totalement ses attributions de Président du grand Corps passant outre tous les principes et pour quel mobile ? De quel droit, mais de quel droit le Président du Sénat va en mission  sans l'approbation du Sénat de la République pour d'autant plus évaluer le personnel qui est du ressort premier du ministère des Affaires Etrangères?

 

Certains hommes de loi  poseraient le problème de la légitimité de cette Mission, et la question de la commission des Affaires Etrangères du Sénat serait de toute évidence soulevée, à quoi sert-elle ? Et le ministère des Affaires Etrangères est-il inexistant ? Bref si le Président du grand Corps prend tout le monde pour des idiots au moins il aurait la décence de comprendre  que la nation en a assez et le moment ne s'y prête pas.

 

Le Parlement est dysfonctionnel depuis plusieurs mois, les activités sont au point mort, il parait évident que les caisses ont un peu d'argent  même après  les turbulences subies des mains du questeur Onondieux Louis et consorts, "blanchis" par la justice.

 

Pourquoi l'Ambassade de Londres(Angleterre) et pas une autre ? Aurait-il un dossier pressant ou des soupçons de corruption ? La Chose de toute évidence serait discutée en Assemblée au grand Corps et remise à la Commission des Affaires Etrangères du Sénat qui aurait mandat  pour  enquêter éventuellement sur le dossier. C'est la démarche pure et simple.

 

Plus d'un million de gourdes pour acheter des billets d'avion sans comprendre le sens de ce voyage. Mission entre amis au détriment des gens qui crient famine à longueur de journée. Les taxes et impôts des citoyens ne peuvent pas être utilisés de façon aussi farfelue et avec une telle désinvolture. Trop c'est trop sénateur Cantave ! La population crie assez !

 

Le scandale de la résidence louée sous la Présidence de Joseph Lambert a permis de comprendre l'étendue et la profondeur de la corruption au grand Corps. La dernière affaire en date est celle du Questeur Sénateur Onondieux Louis et consorts avec plusieurs millions de gourdes détournées et placées sur des comptes opaques. Sans oublier les millions de gourdes dépensées seulement pour alimenter la chambre basse en café et en eau. Bref, on en restera là, car les dossiers sont nombreux au Parlement quand il s'agit de traiter des cas de corruptions.

 

 Quand le grand corps se fait chahuter par la population  de la nation la plus pauvre de l'hémisphère, on aurait cru que le médecin qui a fait le serment d’Hippocrate comprendrait la situation de cette pauvreté illustrée et installée en face du parlement sur la place d'Italie depuis quelque temps.

 

Tel n'est pas le cas !

 

ET / HPN

 

  

(Suite)...

Nous pourrions avancer cette hypothèse attendant que les historiens, les anthropologues, les sociologues nous apportent confirmation ou infirmation, qu'il a manqué aux Haïtiens de l'époque l'ingénuité dont parle Friedrich Schiller, condition indispensable de l'expérience esthétique, où l'intelligence mêlée à la simplicité  se «transforme en admiration[i]». Le jugement esthétique n'est que point de départ d'un jugement plus élaboré sur la portée politique, internationale, mais surtout anthropologique de la révolution haïtienne (c'est l'enjeu de la politique poïétique).

 

Ce qui veut dire que les Haïtiens, en plus d'avoir entrepris cette action de restituer l'humanité à eux-mêmes et à l'humanité entière, devaient inscrire dans les institutions politiques ce qui a été représenté comme inouï, sublime ou beau, dans les luttes de libération comme désir de liberté et d'humanité. En réalité, il ne serait pas question de poser que le beau ou le sublime constituent des idéalités de la politique, mais, vu leur manière de mobiliser l'ensemble de l'humain dans une expérience intégrale, il est indéniable qu'ils renferment une dimension éthique qui devrait guider les orientations politiques.

 

Du sublime de la révolution dans l'idée d'humanité restituée, on devrait procéder à des formes d'institutionnalisation de l'humanité comme idée régulatrice d'une société antiesclavagiste. Au contraire, rien de ce genre ne s'est produit. Toutes les promesses tenues dans l'idéal de la révolution s'est obscurci dans des pratiques de corruption, amplement mise en relief par Lesly Péan, dans des politiques de soumission ou de subordination aux puissances impériales au profit d'un petit groupe se contentant des miettes du capitalisme mondial. Notre position peut susciter, en toute logique, l'objection qui consiste à montrer qu'il était difficile, voire impossible, aux Haïtiens de tenir les promesses de son exploit, vu le caractère intraitable du capitalisme esclavagiste. Entourés de toutes parts par les puissances esclavagistes de l'époque, il s'avérait compliqué aux dirigeants haïtiens de sortir la tête de la jeune nation de l'eau boueuse de la domination capitaliste déjà internationalisée.

 

À cette objection, nous répondrions qu'il n'était pas été une question de réussir mais avant tout une question d'avoir tenté par la mise en place d'institutions qui auraient répondu à la promesse d'une nouvelle société. Or dans l'histoire de la société haïtienne, nous n'avons pas recensé d'orientations politiques systématiques pour sortir de la dépendance, pour installer dans l'expérience collective l'idéal d'humanité que portait le refus de la domination de l'homme par l'homme au nom de la race (notion par laquelle on a procuré une tournure biologique à la domination). 

Citons quelques exemples :

Tous montrent le manque d'intelligence ou d'initiatives volontaires, rationnelles au regard de l'idéal 1804. Le comble est qu'à côté de ces politiques de replâtrage, les gens cultivés, la "bourgeoisie ", dépensent ses ressources financières à Paris par compulsion morbide de se ressembler aux bourgeois européens qu'elle n'a pas cessé de courtiser pour s'éloigner davantage de la pègre haïtienne.

Il faut prendre au sérieux ce contraste haïtien pour comprendre qu'un contre-projet à l'idéal 1804 s'est imposé et a entravé l'avènement du moment de la restauration de la dignité à l'humanité asservie. Ce contre-projet toujours à l'oeuvre empêche de sauver l'humanité en Haïti. Une volonté ou une conscience embuée des pratiques délétères de la domination et de l'humiliation raréfie les ressources naturelles ou humaines qui auraient facilité la concrétisation de cet idéal.

 

On vend les ressources aux prédateurs capitalistes internationaux, on se réjouit des miettes et des soutiens des nouveaux maîtres du monde au détriment de l'intégrité nationale, de la dignité de la majorité des Haïtiens, croupissant dans des taudis, qui dépérissant de faim, se voyant diminués au jour le jour dans leur humanité. Pour mieux réaliser ce dépérissement, les institutions s'improvisent au gré des pratiques de corruption et de déshumanisation, évidemment avec la complicité de la communauté internationale qui continue son travail de sape.

Aujourd'hui, la question devient plus cuisante. Plus de trois mois que les oppositions politiques tiennent un bras de fer face à un pouvoir qui tourne à vide, une lutte n'est qu'une farce, qui tourne en tragi-comédie au détriment de la majorité du peuple affamé, épuisé et impuissant face à la machine destructrice des oppositions, du pouvoir qui tiennent leur dynamique du même moteur: l'impérialisme américain. En réalité, en dépit du constat de l'incapacité conjointe de l'opposition et du gouvernement, nous sommes appelé à prendre en compte plusieurs considérations qui portent sur la question de notre incapacité à nous organiser en communauté politique, c'est-à-dire, à nous faciliter l'accès à des conditions d'existence décentes, qui auraient honoré la grandeur de vue des décideurs. Ces considérations devront montrer en arrière -fond les manières de nous écarter l'idéal de la révolution : mettre fin à la politique de l'asservissement, promouvoir la politique de l'épanouissement comme formes d'organisation sociale, économique et politique qui devront apporter à chacun des citoyens les capacités de l'épanouissement de sa personne.

D'abord, l'opposition et le gouvernement se sont nourris du même imaginaire du pouvoir politique compris comme lieu de jouissance et d'enrichissement exécrable, d'expropriation et de rente. Ce qui nous conduit à la question du sens du pouvoir politique dans la société haïtienne. Que représente l'État dans la compréhension haïtienne? Attendant des travaux de sociologie et d'anthropologie de "terrains", nous pourrions poser de manière provisoire que l'État représente le lieu l'appropriation (de l'expropriation), chwal papa. Marqué par l'impersonnalité dans la perspective de la philosophie politique moderne, qui construit l'État selon l'universalité (à l'exception des critiques marxistes qui ne cessent de montrer la relation entre état et classe dominante), l'État est constamment présenté comme une structure impersonnelle représentant de l'intérêt général ou expression de la "volonté générale".

 

Pourtant, cette impersonnalité, cette généralité postulée, qui n'a pas pris forme sous fond d'une idée du commun, devient le lieu d'appropriation des avantages juridiques, symboliques offerts par l'État au profit des groupes au détriment du grand nombre (nous rencontrons cette opposition du "grand nombre" et du "plus capable" dans l'histoire politique haïtienne.) Donc, l'usage de l'État haïtien est entravé entre le mépris des intérêts du grand nombre et la jouissance personnalisée. De ce point de vue, nous comprenons que l'opposition et le gouvernement se rencontrent à la même représentation du bien public, considéré comme bien qu'on peut accaparer en toute impunité. En conséquence, le bras de fer qui s'impose entre le pouvoir et l'opposition n'est qu'une farce qui n'a pour conséquence que l'appauvrissement, l'affaiblissement, l'épuisement de la majorité des citoyens sans éprouver aucun devoir de penser l'amélioration de la condition de vie des citoyens. Cet imaginaire donne lieu donc à une politique de l'appauvrissement, de l'affaiblissement qui devient politique productrice des "incapacitations"(Odonel Pierre-Louis), c'est à dire, des conditions qui enlèvent aux citoyens les capacités requises pour faire l'expérience effective de la politique.

 

En d'autres termes, du point de vue des pratiques politiques, l'abêtissement, l'encrassement constituent le nom de la politique et les modalités du pouvoir étatique et de l'opposition. Rien à espérer donc d'un point ou d'un autre. Tous ne font que ruiner les capacités, les aptitudes des citoyens à s'intéresser à la politique, à espérer que quelque chose de bon vienne de la politique (par exemple, ils ont tous participé sans scrupule à la fermeture des classes interdisant aux plus jeunes d'avoir accès aux savoirs. En ce sens, ils sont tous générateurs de la kokoratisation  comme forme d'abêtissement par analphabétisme, l'affamement, etc.). À méditer le sens des activités politiques de ces quatre derniers mois, le constat est sans ambiguïté : les oppositions politiques et le gouvernement sont en panne de légitimité, et sont incapables de proposer un projet qui répond à l'idéal de vie bonne de la société haïtienne,  juste répartition des richesses et institution d'un ordre politique établi sur l'humaine condition et non le mépris ou l'exclusion. Oppositions et gouvernement sont à renvoyer pour la même raison de crétinisme, d'inaptitude à penser le nouveau, d'incompétence dans la mise en oeuvre des conditions stabilité et bonne gestion. Ils sont aussi vieux que l'histoire politique haïtienne traînant les mêmes tares: affairisme, petitesse, courte vue, manque d'ambition et d'ouverture, etc. Renégats, fossoyeurs et courtiers de la bourgeoisie décatie, elle-même frappée de myopie, de sénilité et d'esprit de créativité pour l'épanouissement des Haïtiens.

 

Ensuite, du point de vue économique. En général, dans la perspective de la "gauche haïtienne", la "bourgeoisie" est la classe qui fait mains basses sur la richesse du pays. En effet, ce qu'on appelle à tort la "bourgeoisie haïtienne" constitue un groupe parasitaire qui vit essentiellement de la rente. Faible en créativité et incapable de prendre part à la compétitivité internationale pour la simple raison de son inculture, de son nombrilisme crasseux ou de sa mesquinerie, elle s'attache à l'État la sangsue tient à la vache dont elle suce le sang jusqu'au dépérissement. Si, en réalité cette bourgeoisie parasite les maigres ressources et se dresse honteusement en " classe dominante", il faut, par ailleurs, signaler cet autre aspect qui la caractérise par lequel elle renforce ses activités d'asphyxie de la société. On fait peu de cas de cette bourgeoisie qui s'est aujourd'hui complètement gangstérisée.

 

Cette nouvelle forme dont elle se revêt lui permet de se nourrir de manière vorace de la créativité de certains petits entrepreneurs, composés de jeunes universitaires, des compatriotes de la diaspora, de fonctionnaires (du secteur privé ou public), etc. À coup de menace ou d'assassinat, d'intimidation de toutes sortes nombres de citoyens qui ont tenté de sortir du marasme économique en se risquant à des activités économiques novatrices et stimulantes, se sont souvent vus invités à abandonner leurs initiatives au profit des grands hommes d'affaires. Nombre de secteurs ne peuvent recevoir de nouveaux venus dans l'économie haïtienne. Inversement, les secteurs qui s'affirment sont vite confisqués en forçant les initiateurs, jeunes entrepreneurs créatifs et fougueux, à prendre le chemin de l'exil ou subir l'assassinat. Le secteur économique haïtien est gangrené par une vision tikoulitique du marché, avec des hommes d'affaires qui se mettent à l'écart de la dynamique de compétitivité de l'économie mondiale en verrouillant le marché haïtien par la privatisation des institutions douanières.

Pour mieux comprendre l'enjeu de cette économie, il faudrait répondre à la question, comment devient-on riche en Haïti ? Comment les riches s'enrichissent-ils en Haïti ? Importante question qui ne doit pas concerner seulement l'économie, mais qui doit mobiliser la sociologie de l'accumulation des biens matériels ou symboliques, l'anthropologie des biens et de la distinction, la politique des usages des institutions publiques. Dans tous les cas (nous allons vite sur ce point qui demande des apports disciplinaires divers), la "bourgeoisie haïtienne" comme la paysannerie haïtienne dont on la distingue souvent à tort (du moins su point de vue de l'anthropologie de l'imaginaire), est une bourgeoisie de subsistance. Elle vit dans une profonde incertitude liée à son impuissance face au marché mondial dont elle ne répond pas aux critères de compétitivité par manque d'identité, d'inventivité et par obscurantisme, qui est son trait caractéristique fondamental. Son incertitude le force à enclore le marché haïtien et à faire mains basses sur les structures financièrement rentables de l'État.

 

Comme la paysannerie, elle s'arc-boute à sa portion de terre (il s'agit dans ce cas du territoire haïtien) qu'elle isole de toutes les influences afin de s'assurer à qui mieux mieux des denrées de subsistance. Plongée dans l'incertitude, sans prise sur le marché international qu'elle ne saurait maîtriser par manque de compétences, elle s'investit dans la sous-traitance de la bourgeoisie mondiale, se débat dans l'import-export en fixant l'État comme seul client. Pour tout contrôler,  pour mieux verrouiller l'enclos haïtien, elle se déclare instance gérante des douanes où elle filtre les produits recevables, ceux qui lui permettront de tirer des profits,  les produits non recevables, qu'elle laisse moisir dans les entrepôts, à la plus grande amertume de leurs propriétaires, qui sont généralement de moyens entrepreneurs qui se sont endettés dans les banques de ces hommes d'affaires ou dans des banques étrangères.

Dans une société où l'économie est portée par un groupe qui vit pour sa subsistance (pour sa survie), qui ne parvient pas à se penser du fait qu'elle se perd dans l'idéal d'être de l'étranger blanc, il est logique que l'économie ne soit qu'une pratique d'appauvrissement. Le parasitisme rentier devient le fond de la politique économique, qui se déploie politiquement ou économiquement comme personnalisation des institutions à hauts profits économiques. C'est, comme la politique, une économie de l'encrassement, de l'appauvrissement d'une part, et une économie d'enrichissement dans la crasse et la misère, d'autre part. Il faut tenir les deux aspects, encrassement-enrichissement,  pour définir l'économie et la "bourgeoisie " haïtienne qui n'est pas une classe possédante mais une classe rentière vivant indécemment des miettes de l'État. C'est une classe parasitaire, qui vit au dépend des citoyens qu'elle tue de ses larves visqueuses et mortelles. C'est une classe de croque-morts, qui n'éprouvent aucune gêne à  se prélasser de l'odeur de la mort, du visage blêmi des morts qui jonchent notre quotidienneté.

 

Lorsque la rencontre de la politique et de l'économie se met en place -notre temps présent en est le témoin privilégié de cette rencontre, un complexe politico -économique de la corruption s'impose, une alliance dangereuse et mortifère des hommes politiques et des hommes d'affaires renforce la généralisation de la corruption et de la gangstérisation au détriment de la société. Quelque chose de pourri répand son exhalaison nauséeuse, embue l'espace social d'une odeur de charnier,  d'un goût de mort insistant. La société haïtienne se meurt de l'avarice des hommes d'affaires et des hommes politiques, qui se transmuent en croque-morts de grand jour et gardiens de cimetières qui réduisent les citoyens en fantômes, en zombis.

...

Edelyn DORISMOND

Professeur de philosophie au Campus Henry Christophe de Limonade -UEH

Directeur de Programme au Collège International de Philosophie - Paris

Directeur de l'IPP

Directeur du comité scientifique de CAEC

Responsable de l'axe 2 du laboratoire LADIREP.

 

 

 

 

 

 

On connait tous cette théorie de Charles Darwin qui, pour la première fois en 1859,  avance que l'évolution se fait par sélection naturelle. Il a aussi expliqué que cette théorie de l'évolution permet d'expliquer la diversité des formes de vie rencontrées dans la nature, en partant du principe que chaque espèce vivante se transforme progressivement au cours des générations, tant sur un plan morphologique que génétique

 

Au niveau politique notamment dans la crise politique haïtienne cette théorie semble s'actualiser en analysant l'évolution de la situation politique ces derniers jours mais en scrutant également le profil de certains hommes politiques avant et pendant la crise. Joseph Lambert, sénateur de la République est un espèce qui mérite cette analyse. A l'arrivée au pouvoir de Jovenel Moïse, c'est un sénateur allié, supportant toutes les actions du Président partant de sa Caravane jusqu'à l'éclatement social des 6,7 et 8 Juillet 2018.

 

Le sénateur devenu président du grand Corps, multiplie ses initiatives  pro-gouvernementales pour discréditer les parlementaires de l'opposition, rencontre des secteurs vitaux pour trouver un accord politique, résiste à des scandales sur une une deuxième résidence louée pour plus de sept millions de gourdes. Du jamais vu, mais c'est un sénateur super puissant qui évolue sous différentes formes politiques et qui s'impose et impose ses choix même au président de la République notamment le Premier Ministre Jean Michel Lapin. 

 

Avec la persistance de la crise et l'éviction du notaire Jean Henry Céant, la crise politique va prendre une ampleur considérable avec la désolidarisation du Sénateur Youri Latortue du pouvoir de Jovenel Moïse. Joseph Lambert va prendre la forme du  transformisme de Jean-Baptiste Lamarck, qui dit que les organismes s'adaptent à leur milieu. Il se place en pôle position pour devenir le prochain premier ministre afin de trouver un accord politique avec l'opposition qui ne démord pas et demande le départ du chef de l'Etat épinglé par deux rapports de la Cour Supérieure des comptes.

 

Joseph Lambert s'adapte rapidement à la crise, sa position évolue, il est l'homme de la situation. il voyage aux Etats Unis multiplie ses rencontres devenant l'homme providentiel de la crise. Mais Jovenel Moïse, se méfie de cet allié qui se fait appeler "Animal politique".

 

Il ne fait aucun doute que le choix de Joseph Lambert permettrait de trouver rapidement un accord de sortie avec l'opposition qui connait sa capacité à négocier, mais le Président sait qu'il ne pourra pas avoir les mains libres avec cet expérimenté homme politique qui évolue à tout moment et s'adapte à toutes les situations. C'est un animal Politique ! 

 

Jovenel Moïse montre ses muscles. Il fait choix de Fritz William Michel, un jeune de 39 ans pour diriger un gouvernement de "consensus" avec un dossier de chèvre de race améliorée qui fait la une des journaux et enflamme  les réseaux sociaux.

 

La théorie du transformisme de Lamarck continue de prendre corps et Lambert passe à l'opposition. Il multiplie ses interventions médiatiques, il menace le Chef de l'Etat mais au bout du compte, au plus fort des manifestations et des deux mois appelés "peyi lok" Joseph Lambert garde un profil bas et rentre dans un mutisme que personne ne comprend.

 

Aujourd'hui, son nom revient sur la table comme un éventuel premier ministre, comme il savait le faire, "l'animal politique" n'a pas démenti la rumeur qui circule depuis la visite à Port au Prince du numéro 3 du département d'Etat le sous secrétaire aux affaires politiques David Hale.

 

Politiquement la théorie de l'évolution de Charles Darwin et du transformisme de Lamarck ne pourraient trouver meilleur preneur que Joseph Lambert en Haïti. En position de force ces derniers jours, Jovenel Moïse pourrait-il rejeter un choix de son supporteur stratégique, Washington ?

 

De toute façon, nous sommes encore loin des négociations compte tenu de la fragilité de la situation avec les activités qui reprennent timidement notamment  scolaires. Sans doute, Joseph Lambert est peut être l'une des figures à la Primature qui permettrait de gérer l'après 2e lundi du mois de janvier où toutes les dérives seraient permises.

 

Dans ce contexte,l'opposition qui refuse l'appel au dialogue lancé par différents secteurs qui réclamaient le départ de Jovenel Moïse doit se méfier; elle pourrait être reléguée au second plan dans ce contexte politique très critique sachant que  cette théorie ne concerne pas seulement l'homme politique Joseph Lambert, mais encore toute une population qui a vraiment envie de voir les choses progresser et les activités reprendre leur cours normal.

 

ET/HPN

  

 

 

À tous ceux qui viendront te consoler en te disant qu'ils ont perdu  courage

 et espoir ou qu'ils  s'en remettent à Dieu, réponds que tout cela est arrivé parce qu'ils ont feint  de ne pas savoir

 et qu'ils n'ont pas voulu voir.

Dieu n'est que leur paravent.

Je souhaite,  à la toute dernière seconde, entendre Brune.

Nous avons tant besoin de ces voyages aveugles, sans filets, sans garde -fous, vers la beauté.

Yanick Lahens, Douces déroutes.

 

 Avons-nous perdu le sens de la beau-té?

 

La question se pose inlassablement mais avec un air de fatigue, de déception: on se sent épuisé à vivre la débâcle chronique de la première République noire libre et indépendante sans savoir vraisemblablement par où lancer le sauvetage. On veut comprendre ce qui s'est passé et serait susceptible d'expliquer le marasme séculaire des Haïtiens sur ce bout d'île. Les questions sont de divers ordres. Est-ce de notre faute de ne pas pouvoir nourrir nos concitoyens devenus miséreux, dépourvus de tout, moins la richesse de leur croyance au Dieu chrétien. Ils sont vraiment dépourvus de tout, ils se dénudent pour couvrir le bon Dieu : découvrir Saint Paul pour couvrir Saint Pierre. Ils sont riches de rien, ils sont pauvres de tout.

 

Est -ce la faute à la communauté internationale, qui depuis que nous avons choisi de casser la chaîne de la honte de l'esclavage, ne cesse de s'offrir, peut-être par manque de courage, des occasions pour nous humilier, s'entêtant à nous convaincre que c'est un grand tort de dire non à l'humiliation de la soumission de l'homme par l'homme, de dire oui à la liberté, à la dignité humaine en récitant silencieusement le principe fondamental : la liberté ne s'asservit pas, et quand cela arrive l'ordre du monde s'est déchu. Quand l'ordre de liberté est défait, il incombe  à l'homme l'exigence éthique de le réparer. Nous ne saurons jamais trop la raison de notre mal si nous nous entêtons à chercher ailleurs, en dehors de notre situation politique, économique, en dehors du cynisme propre de nos hommes politiques, de  nos hommes d'affaires. Il nous faut diagnostiquer la façon que le mal nous a contaminés de part en part.

 

Ce dont nous sommes certains c'est que la raison de notre mal n'est pas dans l'élan qui nous a inspirés cet hymne que nous avons rendu à la liberté; elle n'est pas non plus dans le choix de la dignité que nous avons restituée aux mondes des dominateurs au nom de l'humanité. En effet, " il n'a rien de plus indigne de l'homme que de subir la violence, car la violence le supprime. Celui qui nous fait violence ne nous conteste rien de moins que notre humanité: celui qui subit lâchement la violence abdique sa qualité d'homme."[i] Nous avons essuyé l'affront des faiseurs d'esclaves et nous avons résisté en retournant la vision cynique du monde esclavagiste en vision éthique de liberté et de dignité humaines. Nous avons rappelé que la vie digne est la condition de tous les hommes, des femmes et des hommes. Pourtant des compatriotes qui ont vite repris le bâton du colon (il y en a eu depuis la colonie. C'était les commandeurs.) se sont vite convertis en tenant lieu des colons. Ce sont ces lieutenants de la colonialité, dispositif d'abêtissement de l'humain, qui doivent être interpellés. Ils ont persévéré dans la chute et n'ont pas pu se relever. Ce sont eux qui ont obscurci la grande journée de lumière qui s'annonçait le premier janvier 1804.

 

La raison de  notre mal n'est pas dans la communauté internationale, même si elle trouve toujours de relais parmi les hantés de la "grande nuit[ii]". Martin Heidegger dit que "le temps de la nuit du monde est le temps de la détresse, parce qu'il devient de plus en plus étroit[iii]". Nuit de l'esclave où la liberté se trouve "suspendue au bord du précipice". Ce sont ceux-là qui nous ont fait rater l'événement, lequel consiste à sortir de l'abîme et de la "détresse" de la servitude pour fonder un ordre de dignité et liberté. Nous avons inauguré depuis longtemps la sortie de la grande nuit, avant quiconque. Mais, nos pitoyables hommes politiques, nos misérables hommes d'affaires, nos impuissants "intellectuels" n'ont pas su tenir le flambeau allumé, ils l'ont placé (quelques rares exceptions sans doute) sous le boisseau de la soumission à l'impérialisme ambiant.

 Une notion a retenu notre attention et nous travaille constamment à propos du retentissement que la révolution a eu en Europe[iv] : le sublime. Depuis l'Europe, la France principalement, la révolution haïtienne a été comprise comme un choc, comparable à ce que Kant dit du sublime, c'est - à-dire un sentiment d'admiration, qui porte à la fois l'attrait du plaisir profond (indescriptiblement immense) et la frayeur du dépassement [(qui force la raison à penser davantage (le jugement)]. Le sublime donc, nous dirigeant vers Richir qui a longuement commenté Kant, ouvre une brèche dans l'ordre du monde, dans le dispositif symbolique et y fait advenir un aspect mythique, mythologique qui produit à la fois l'effarement et la grâce, la peur et la liesse. Ce n'est encore là que l'ébauche d'une interprétation esthétique de la révolution haïtienne (que nous orientons vers une politique poïétique, qui consiste à penser les modalités par lesquelles il est possible d'incarner dans la concrétion des institutions politique le "sublime" de l'idéal de la révolution de 1804), qui n'a pas été jusqu'au bout de ces implications. Mais nous ne tentons pas la continuer trop longuement. Du moins, si elle nous intéresse, c'est avant tout pour avoir montré l'état émotionnel (où la raison se verse dans l'étourderie du racisme et l'abasourdissement des repères ébranlés) dans lequel s'est trouvée l'Europe esclavagiste et comprendre ainsi que la raison saisie peut aussi s'émouvoir et s'est émue dans des politiques de mise en quarantaine de la jeune nation. Cette ébauche d'interprétation esthétique permet penser la révolution haïtienne d'une perspective plus éthique qu'esthétique : les Haïtiens ont-ils éprouvé du sublime dans ce qu'ils ont entrepris ? Ont-ils pris la mesure de l'ébranlement causé dans l'ordre mondial capitaliste esclavagiste de l'époque? Nous répondrons de manière tranchée qu'ils ont effleuré le sublime, malheureusement ils n'ont su profiter de la brèche que ce sentiment a ouverte vers une société nouvelle, vers l'institution d'un ordre symbolique en contraste aux pratiques animalisantes.

 

Ici, nous entendrons le beau dans le sens kantien du sublime. Beau et sublime s'entendent dans le sens d'une expérience d'ouverture radicale à l'être, à l'événement de l'être -digne qui croise la force déstabilisante et prometteuse du sublime, qui comprend au moins deux choses : la première chose, l'expérience du sublime ouvre l'ordre symbolique sur l'exigence d'une nouvelle institution symbolique, elle y produit des béances qui forcent à penser l'ordre autre (ment). Elle exige une poïétique, un art de création pour faire venir un ordre nouveau. Création entendue dans le sens de refonte du symbolique par la mise en place d'une nouvelle syntaxe et d'une autre sémantique des symboles. Un lexique, une grammaire autres pour la constitution nouvelle de sens: de signification et d'orientation. De manière synthétique, le sublime ravage le dispositif symbolique comme un séisme à haute échelle et appelle à la reconstitution (en Haïti, nous avons parlé de reconstruction suite au séisme dévastateur de 2010). Tel est le premier sens de la révolution haïtienne qui a laissé désemparés les esclavagistes européens et les Haïtiens en liesse devant une spatialité et une temporalité nouvelles ou à renouveler. La deuxième chose, le sublime produit aussi une déchirure dans les capacités rationnelles de l'homme à faire monde et met du coup l'homme dans l'incapacité de produire du sens moyennant un ressaisissement par lequel il retrouve ses capacités renouvelées et devient capable de répondre à la sollicitation du monde par delà ce qui se donne à voir comme tâche immense ou colossale. De part et d'autre, de la déchirure du tissu symbolique du sens et de la dilatation des capacités de l'homme, le sublime ou le beau, force à la créativité. Ne pas répondre à cette sollicitation, tel est le sens de notre détresse que nous désignons par la kokoratisation, définie comme notre manière de penser la bestialisation en tant que pratiques économiques et politiques de production d'hommes superflus de l'État haïtien inféodé aux intérêts des hommes d'affaires.

Une tension, une dialectique (de l'habitude de la mesure et de l'expérience nouvelle de la démesure) non dépassée traverse le sublime, le beau. C'est pourquoi, nous l'entendons comme déchirure qui est à la fois ouverture dans la fermeture, promesse dans la routine, appel au dépassement dans la quotidienneté, engagement dans l'enlisement. Cette tension lui donne sa facture dynamique qui nous éloigne de la conception romantique qui pense que le beau doit atteindre l'être. Nous dirions, en déplaçant la position heideggérienne sur le langage que le beau ou le sublime est la clairière de l'être, non pas dans le sens que l'être se dépose dans le sublime et qu'on pourrait par conséquent l'y retrouver. La clairière est comme cette ouverture, cette lucarne par laquelle se montre les possibles d'autres mondes que clignote le beau, le sublime sans jamais avoir toutes aptitudes, les moyens pour les réaliser tous. Ce qui veut dire autre chose du romantisme du beau confondu à l'être. Le beau est le ravissement de tous les possibles qui s'offrent comme probabilité de mondes,  mondes probables, jamais mondes réels ou monde de l'être. Le sublime,  dans ce cas, ouvre davantage au devenir qu'à l'être: promesses de mondes possibles.

À partir de ces deux explicitations liminaires, il faut dire que les Haïtiens ont raté l'expérience du beau ou du sublime qu'a produit leur révolution et en conséquence n'ont pas su répondre à l'exigence de la nouvelle modalité de faire monde. Il s'agit de penser l'expérience esthétique  haïtienne et sa possible effectivité poïétique. Plus fondamentalement, il s'agit de penser la dimension esthétique de l'existence et sa manière de suggérer un faire politique de bien-être, qui appelle des conditions fondamentales de traiter l'homme en humain. Vu que le beau porte une complexion complète de chair et d'esprit, il est la forme pleinement incarnée de notre être -au-monde qui manifeste l'épaisseur du lien de l'homme et du monde, de l'homme et de la communauté qui le dépasse à l'horizon, mais qui l'habite et qu'il ne cesse de vouloir réaliser au moyen de la politique,  de l'économie, de la science et de la technique. En notre temps, du fait de cette négligence face au sublime, la politique s'étiole et fait dépérir l'homme. Les Haïtiens se sont laissé prendre par le dépérissement dès le commencement pour n'avoir pas mesuré l'ampleur de leur initiative de libération et ses exigences de créativité. C'est dire qu'ils ont raté la dimension sublime de leur expérience. Il y a des conditions pour qu'advienne le sublime à l'homme. Vraisemblablement,  ils n'étaient pas de disposition à faire l'expérience du beau et à s'ouvrir au monde qui venait. Peut-être que le sublime, la promesse de monde nouveau, exigeait un trop grand effort, une trop grande puissance d'action que les Haïtiens n'ont pas su fournir pour l'invention de la  nouvelle société. Peut-être étaient-ils trop épuisés ou usés par l'esclavage, par les luttes de libération; le regard affaibli, ils n'ont pas su voir la lumière qui poignait à l'horizon de 1804, le beau monde d'une communauté d'égaux et de liberté.

Edelyn DORISMOND

Professeur de philosophie au Campus Henry Christophe de Limonade -UEH

Directeur de Programme au Collège International de Philosophie - Paris

Directeur de l'IPP

Directeur du comité scientifique de CAEC

Responsable de l'axe 2 du laboratoire LADIREP.

 

Aujourd'hui est la Journée Internationale du SIDA. Une journée spéciale pour mettre en exergue les avancées autour de la maladie. Que peut-on dire à ce propos?

 

Grâce au financement des bailleurs (Fonds-Mondial, OhMass, PSI et tant d'autres) nul doute que des progrès significatifs ont été réalisés. Et cette année avec l'introduction de la nouvelle molécule (Dolutegravir) les PV VIH se portent beaucoup mieux. Mais ne laissons pas tout çà nous voiler la face. Beaucoup reste encore à faire.

 

 Avec la détérioration de la situation socio-politique du pays, on ne peut nous reposer sur nos lauriers et espérer que demain sera meilleur, il faut agir. Le thème cette année est très pertinent car malgré tous les tumultes qu'a connu le pays, les associations de PV VIH n'ont jamais baissé les bras. Au contraire nous avons usé de stratégies pour nous assurer que les dommages collatéraux se répercuteraient le moins que possible sur les PV VIH. 

 

Les associations sont en contact direct avec les PV VIH. Nous sommes les 1ères à entendre leurs cris, à écouter leurs doléances et ils ne voient pas l'avenir d'un bon œil. L'insécurité, l'inflation, le phénomène "pays lock" entre autres n'ont pas du tout contribué à apaiser leurs craintes déjà des années précédentes. Que faire?

 

Le thème cette année nous donne la solution. Les associations font effectivement la différence et si vraiment on veut une réponse efficiente à la problématique du VIH/SIDA il faut renforcer les associations. Elles font la différence parce qu'elles sont dévouées. Déjà qu'elles montrent que même avec des moyens limitées (réduction budgétaire, réduction de personnel...) elles peuvent faire des miracles.

 

En ce jour spécial qui nous tient tous à cœur, je tiens à féliciter les associations sœurs qui millitent avec nous pour la cause des PVVIH. Aux bailleurs je dis merci de nous supporter malgré la situation socio-politique du pays. Au Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) je dis merci de nous appuyer en ces temps difficiles. 

 

Je demeure convaincue que les associations ont un rôle crucial à jouer et pour une réponse plus poussée, effective et durable. Pour cela, il faut les renforcer.

 Ainsi nous verrons à quel point qu'elles font et qu'elles feront la différence.

 

Profitons de cette de journée pour célébrer aussi le droit à la vie, à l'équité des genres. Que l'orientation sexuelle, la religion et/ou autres ne soient plus une barrière et qu'ensemble nous travaillons pour l'émergence d'une société plus inclusive, plus juste.

 

Bonne commémoration à toutes et à tous !

 

 

Esther

Directrice de la Fondation Esther Boucicault Stanislas (FEBS)

 

 

 

La révolution haïtienne a redéfini le concept de liberté et de droit de l’homme en mettant fin au plus féroce système esclavagiste des français, celui de Saint Domingue, basé fondamentalement sur l’exploitation physique et  sexuelle des sujets africains esclavisés. La colonie de Saint-Domingue était considérée comme la plus cruelle en matière de traitement infligé aux individus transformés en « esclaves ». En fait, pour transformer l’être humain captif en esclave et bien meuble, les idéologues du système esclavagiste ont dû recourir à l’invention des races.

 

En effet, les captifs ont été appréhendés au travers de la catégorie conceptuelle de « race noire », non reconnus comme être humain par l’humanisme occidental. Comme le souligne Achille Mbembe (2006 :119), la « race » constitue la région sauvage de l’humanisme européen, sa « bête ». Pour cette bête, il n’y a qu’elle qui vaille et pour valoir, elle se sent constamment obligée de néantiser les autres, de les réduire à moins que rien. Pour Mbembe (Ibid, 119), les procédures de racialisation du colonisé constituent le moteur de l’économie du mensonge et de la duplicité sur lesquels se fondaient l’entreprise de la colonisation et de l’esclavage. Dans une telle dynamique, la discrimination, les préjugés de toute sorte constituaient le moteur de  cette colonie considérée comme une « Perle des Antilles » pour les colons français. Aujourd’hui, les traces du système esclavagiste demeurent en l’état  dans cette ancienne colonie devenue la République d’Haïti le premier janvier 1804 sous le leadership de Jean Jacques Dessalines, d’Alexandre Pétion, d’Henry Christophe et de plusieurs autres officiers de l’armée indigène.

 

Plus de deux cents (200) ans après la victoire de l’armée indigène sur l’armée française, les préjugés et les discriminations de toute sorte restent et demeurent dans la réalité sociale des citoyens haïtiens comme un héritage colonial. Dans les milieux ruraux ainsi que les quartiers défavorisés des villes, les habitants sont traités avec mépris et ne jouissent d’aucun droit, ils sont traités  comme exilés dans leur propre société. L’éducation, la santé, l’alimentation et l’emploi sont des droits fondamentaux de tout être humain néanmoins, la majeure partie de la  population haïtienne, notamment ceux qui vivent dans les milieux ruraux,  et dans les quartiers populaires du pays ne bénéficie d’aucun de ces droits.  

 

En Haïti, vivre dans un quartier précaire pourrait annihiler le statut de citoyen d’un individu, si tant est, dans le discours médiatique, assez souvent commandé par les « élites » politiques et économiques, celui qui habite dans les quartiers populaires est synonyme de bandit.  On ne doit pas nier  qu’il y a, au sein de ces quartiers, des groupes armés à la solde de  certains politiciens et d’une frange  de l’élite économique du pays. Mais, il est malhonnête et irresponsable de  dire que toute la population des zones précaires est liée à des activités de banditisme. D’autant plus qu’on sait que  la majorité de ces gens  sont des victimes de l’Etat et d’une partie des élites du pays, elle subit la pression et la violence des gangs armés, et ne reçoit aucun support des autorités pour améliorer leur condition de vie.

 

Par ailleurs, il y a une certaine classification sociale qui se fait en Haïti, avec en toile de fond l’origine sociale et géographique des individus considérés. Ainsi, l’origine d’un citoyen haïtien a des conséquences sur sa réussite financière ou professionnelle. Les jeunes qui proviennent des quartiers populaires (Cité Soleil, Martissant, Grand Ravine et autre) dans la capitale haïtienne, et les zones avoisinantes malgré leurs formations académiques subissent des discriminations sociales  à cause de leurs  quartiers, et pour trouver un emploi, certains d’entre eux sont  obligés de cacher  leur adresse.

 

C’est presque la même situation pour les citoyens qui proviennent des milieux ruraux, ils sont considérés comme des gens de seconde zone, non-civilisés, on les traite de « nègres des mornes » ou de toutes autres appellations méprisantes qui rappellent à l’individu sa non-admission au petit cercle des privilégiés. Les habitants de la majorité des zones rurales  sont victimes d’un Etat irresponsable, qui ne prend aucun engagement pour améliorer leur condition de vie.  Une proportion très élevée de cette population est victime des préjugés, à cause de l’analphabétisme, de la pauvreté économique, incapable de s’exprimer dans la langue française, héritée de la colonisation et considérée comme signe distinctif de classe en Haïti. Ces individus sont même ridiculisés dans certaines institutions publiques ou privées. 

 

Pour ce qui a trait à la langue créole, dès le début de notre histoire de peuple, elle était considérée comme une langue révolutionnaire et indépendantiste, par conséquent, les colons et les dirigeants postcoloniaux ont tout fait pour la néantiser. Malgré que cette langue est partagée par toute la communauté, elle peine encore à être considérée comme étant un patrimoine culturel et identitaire de la population haïtienne. Dans les différents établissements scolaires, la langue française reste une langue dominante bien que les élèves et les professeurs ne s’expriment pas vraiment en français dans leur réalité quotidienne. En dépit des efforts de certains intellectuels pour mettre en valeur la langue créole, c’est sans succès car  l’Etat haïtien représente un véritable blocage pour la mise en valeur de ce patrimoine, il n’y a pas vraiment une politique de l’Etat favorisant son progrès.

 

Bien qu’Haïti ait été  la première République noire du monde, la discrimination et les préjugés basés sur la couleur de la peau se font de plus en plus remarqués dans la société haïtienne, surtout dans les entreprises privées où les propriétaires sont majoritairement des mulâtres. Et même dans certaines institutions financières, l’accès au crédit est beaucoup plus favorable aux personnes à peau claire. Cette triste réalité agit sur le mental d’une majeure partie de la population ayant comme conséquence la dépigmentation de la peau qui est l’une des séquelles de la colonisation la plus présente dans la société haïtienne.

 

La question de couleur est un autre élément qui a des conséquences sur la réussite des gens en Haïti. Être mulâtre dans certaine entreprise haïtienne vaut plus qu’un diplôme universitaire, même plus que huit (8) années d’études effectuées dans les plus prestigieuses universités du monde. C’est très courant que dans certaines administrations publiques ou privées, des personnes qui n’ont aucune capacité intellectuelle gagnent un salaire exorbitant à cause de la couleur de leur peau et de leur origine familiale. Les élites haïtiennes ont un mauvais rapport avec l’excellence, plus on est compétent plus on est exclu, on représente une sorte de menace. Et durant ces dernières années, avec l’avènement au pouvoir : des duvalieristes, des lavalasiens et de la PHTK, la compétence est ridiculisée, et il y a une sorte de propagande pro- médiocrité dans presque toutes les institutions, même les universités ne sont pas épargnées. 

 

En fait, les questions relatives à la discrimination dans la société haïtienne doivent être débattues afin de trouver une solution efficace car c’est un cancer qui tue et qui fait des ravages dans la société depuis longtemps. Une majorité significative de la population se sent étrangère dans son propre pays, elle est exclue et cloîtrée  dans les milieux ruraux  et les quartiers populaires dépourvus de toute infrastructure socio-économique : eau potable,  éducation santé... S’il n’y a pas de vraie politique d’intégration des personnes exclues, on n’est pas loin d’un éclatement social dans le pays.

 

 Midson Jean Batard

Graduado en la Universidad Tecnologica de Santiago (UTESA) CUM LAUDE

Licenciado en Administracion de empresas.

MBA. Histoire, Mémoire et Patrimoine à l'université d'Etat d'Haïti (UEH)/ Université Laval du Québec

Master DYCLAM+ en Patrimoine à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne

Consultant à la Société d'Investissement Pétion-Bolivar, SAM

(509)44065626,  +33769709171

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

Par Pierre-Raymond DUMAS

 

Ne pas tenir le langage du dialogue inclusif et lucide, ou n’en pas voir l’utilité, c’est avouer que l’on n’a rien à construire ou à corriger, donc rien à proposer ou à souhaiter de façon consensuelle, que l’on n’a rien à faire pour éviter le pire, donc rien à dire afin d’apaiser le pays, que l’on ne pense rien de bon dans l’intérêt de tous, donc qu’on ne pense tout simplement pas avec un certain sens de l’objectivité.

 

Un discours de paix ou de réconciliation ne doit même pas être diffusable sous le manteau. Même pas avouable, fût-ce à un seul secteur. Il faut penser au pays et à son avenir.

 

Un discours de paix qui se respecte ne peut être que transpartisan. L’objectif de concorde nationale s’annonce lointain, tant les positions des uns et des autres se sont crispées au cours de ces derniers mois. Cette polarisation n’est pas due seulement à la conjoncture mais aussi à une culture mortifère et non-coopérative multiséculaire.

 

Les positions raisonnables qu’on défend de son vivant, si osées, si provocantes qu’elles paraissent, ne sont que des actes de courage. Pour en finir avec ce monde de passions démesurées et de conflits destructeurs où l’intolérance et le manichéisme trônent en jumeaux, il est nécessaire d’instituer des relais de concertation et de gestion des différends entre les divers secteurs et groupes de la vie nationale. Cela en vue du bien de tous.

 

Tenter d’initier une certaine pédagogie du respect du quinquennat du président Jovenel Moïse pressuré et « diabolisé » bien avant son investiture par ses adversaires, c’est démontrer qu’on connaît exactement les limites de ce que peut supporter la société haïtienne actuellement en proie à l’instabilité la plus désastreuse : c’est donc connaître cette société si divisée et c’est l’essentiel. Impossible d’oublier qu’existe cette folle atmosphère de quasi-guerre civile, ou ce crépitement de peur généralisée et permanente, en arrière de l’impuissance des victimes innocentes de cette lutte atroce pour le pouvoir qui a débouché jusqu’ici sur un jeu (dévastateur hélas) à somme nulle.

 

2017 – 2019, ce sont donc trois années de troubles et de manifestations violentes, avec leurs pertes en vies humaines, leurs pertes d’emplois, leur fermeture d’entreprises, leurs nombreuses journées d’écoles perdues, leur fuite de cerveaux et de capitaux, puisque le dialogue et le consensus ne se sont pas imposés en lieu et place du « pays lock » faute d’interlocuteurs constructifs et de protagonistes soucieux du bien commun. Comme dans les précédentes crises, il est beaucoup question ici de démission du président démocratiquement élu et de transition de rupture ou refondatrice, bref, de table rase et de « rupture avec le système ». Mais il y est question aussi de l’ingérence étrangère, de la Conférence nationale (souveraine), de la réforme constitutionnelle ou d’une nouvelle Constitution, du procès PetroCaribe (donc de la reddition des comptes et de la lutte contre la corruption), de la prolifération des gangs armés (expression décadentielle d’un pays en ruines, menacé d’éclatement explosif), etc.

 

A partir de là, ce qui reste à comprendre et à imaginer, c’est : de quoi seront faites les deux dernières années du mandat du président Jovenel Moïse ? Rien n’est statique ni sûr en politique. Promouvoir l’inclusion et l’idéal du vivre-ensemble dans leurs moindres recoins, sous toutes leurs formes, afin d’arriver pacifiquement à l’émergence d’une société stable et prospère, tel devrait être l’objectif primordial de tout Haïtien. Ce sur quoi je n’ai pas encore buté, parce que je suis trop attaché aux principes de tolérance et de compromis, d’ouverture et d’apaisement, c’est sur le corollaire de ce constat : les Haïtiens, en ces temps si épouvantables, n’ont pas d’autre choix raisonnable, d’autre alternative pacifique que de trouver une entente – même minimale avant ou après le deuxième lundi de janvier 2020 qui, faute d’élections législatives pour renouveler la Chambre des députés et compléter le Sénat, entraînera le dysfonctionnement du Parlement.

 

A condition précisément de trouver un accord « largement large » ou crédible pour former un gouvernement fonctionnel capable de faciliter la tenue des élections dans un climat de sérénité, de ne pas essayer de séparer les versants apparemment contradictoires, les faces incompréhensiblement solidaires et irréconciliables d’un même projet, celui de rassembler dans leurs détails les préoccupations du pouvoir et les revendications de l’opposition en une synthèse conciliatrice. Improbable accord ? C’est pourtant l’avenir immédiat du pays qui se noue là, sans que personne s’en doute, entre Nationaux et nos chers pays amis (notamment les Américains) à cause de notre immaturité de peuple (belliqueux).

 

Il faut un véritable sursaut national pour sortir du cercle infernal de l’affrontement inter-haïtien, érigé en modèle politique de conquête, d’exercice et de transmission du pouvoir. Je me demande si on n’a jamais vraiment pris la mesure de l’événement regrettable qu’a pu être le départ précipité, en février 2004, du président Jean-Bertrand Aristide pour l’exil. Une véritable catastrophe ! Moi, au nom du respect de l’alternance démocratique à travers des élections régulières et non des comparaisons para-constitutionnelles, j’étais de ceux qui s’étaient opposés publiquement à ce « kidnapping » préconisé par le mouvement des 184, entre autres.

 

 

Pierre-Raymond DUMAS

 

 

Jamais ce mot n'a été autant prononcé cette année. Quand il n'est pas utilisé par les hommes politiques de l'opposition c'est le pouvoir en place qui en abuse pour montrer d'une part et d'autre la mauvaise gestion des affaires politiques mais également  fixer les responsabilités dans la mauvaise condition de vie des haïtiens depuis des décennies. Le mot SYSTEME est devenu une référence pour tout justifier dans un pays qui réclame justice et équité.

 

Ce mot a pris son essor grâce aux mouvements de revendication populaire qui ont tenté à plusieurs reprises de renverser le parti "Tet Kale" au pouvoir . Si Jovenel Moïse voit dans ce mot(Sytème) la jouissance économique et financière d'un groupe d'hommes ayant tous le monopole du marché, pour l'opposition il s'agit d'une emprise d'autres hommes d'affaires qui contrôlent toutes les activités économiques avec la complicité des politiques qu'ils ont financés durant la campagne électorale. Et l'on appelle cela "La CORRUPTION".

 

Des deux cotés, la définition n'est ni si bonne ni si mauvaise si l'on utilise la formule de Guy de Maupassant dans son roman"Une vie". En effet, depuis plusieurs années, cette situation fait le bonheur des grands barons de la finance en Haïti qui n'accordent aucune attention à la vie précaire de la population vulnérable qui vit avec moins de deux dollars américains par jour. Ce sont des hommes qui, pour la plupart, ont financé des coups d'Etat pour renverser des gouvernements qui ne sont pas à leur porté.

 

Le professeur Victor Benoît fait une approche classique du SYSTEME en le définissant à la fois sur le plan politique, social et économique. Sur ce plan, il est caractérisé par la rente mais encore la monopolisation du marché par un groupe d'entrepreneurs en ce qui concerne les échanges commerciaux. Cette approche a des incidences négatives sur le coté social qui produit une disparité énorme au sein de la société haïtienne. Quand la population se réveille face à ce goulot d'étranglement anormal et inhumain, le pouvoir s'érige en véritable dictature pour contraindre les plus vulnérables à accepter la situation. Tous les moyens sont utilisés notamment la répression. Suivez mon regard !

 

Si la question a éclaté en 2019, elle date de plus de deux siècles après la proclamation de l'indépendance. La question des noirs et des mulâtres revient à tout moment. La lutte permanente entre Toussaint Louverture et Jean Jacques Dessalines combattant Rigaud et Leclerc envoyés dans la colonie pour protéger les intérêts de la France mais encore ses progénitures: les mulâtres.

 

Il faudrait se demander en quoi le général André Rigaud a t-il été utile aux haïtiens pour qu'aujourd'hui une rue de Petion ville porte son nom ? La question parait anodine mais  importante. Le SYSTEME c'est historiquement tout cela. La neutralisation de tous ceux qui réclament des terres en héritage parce que la richesse en Haïti a un nom et une classe. La bourgeoisie que tout contrôler dans ce pays à majorité noirs. On a souvent peur de le dire et parfois on apporte des démentis, mais au fond nous, c'est la vérité. Nous sommes hantés par la question de race et de couleur. La question de cheveux "SIWO". Certains sont appelés "Ti blan" à cause de son teint clair même lorsque nous partageons la même langue en commun, le créole.

 

Il y a aussi un autre élément du SYSTEME qu'on a souvent oublié et qui frappe aux yeux, l'Education  qui garde comme héritage la langue du colonisateur : Le français. Celui qui s'exprime en créole est regardé de travers souvent humilié. Qui n'a pas reçu à l'école des punitions et des raclées pour avoir osé parler  créole en salle de Classe ? Ce SYSTEME(Educatif) prépare un petit groupe d'étudiants alors que la grande majorité des bacheliers ratés est dirigée vers les factories faute de mieux particulièrement d'Ecoles professionnelles qualifiées.

 

Et les diplomates dans tout cela ?

 

Les Diplomates, une fois arrivés à Port au Prince, ils prennent leur résidence dans les hauteurs de Petion Ville. Ils s'installent e plein cœur du SYSTEME dans le voisinage des maitres du SYSTEME dont ils reçoivent des visites à longueur de journée. Toute cette machinerie est mise en place pour contrôler, pressurer et faire main mise sur le  SYSTEME mais également pour empecher que des grains de sables viennent bloquer le fonctionnement de la machine.

 

les luttes intestines menées au cours de l'année 2019 montre d'un coté comme de l'autre que la tendance est de basculer le SYSTEME à son avantage. La meilleure façon de détruire ce SYSTEME serait que les politiques se mettent à discuter du problème sans langue de bois, avec franchise et sincérité mettant de coté les reflux du passé mais surtout en ce concentrant sur l'idéal haïtien visant à construire une nation quelque soit la couleur ou le teint de notre peau.

Aujourd'hui, elle vit dans la misère s'il faut reprendre les propos de l'économiste Kesner Pharel. C'est le résultat du SYSTEME ! L'Individualiste a fait de nouveaux riches durant la dernière décennie et mais également des millions de pauvres grâce à ce SYSTEME qui génère la corruption. Le temps est venu de penser à l'avenir de cette nation dans une franche communauté. Si on refuse un sursaut historique, l'histoire jugera chaque acteur du SYSTEME car nous en serons un jour victime avec ou sans les richesses.

 

ET/HPN

 

 

 

 

 

 

 

Depuis plus de 9 semaines, le pays connait des moments de revendications que l’on croyait terminé depuis 15 ans après le grand soulèvement contre le Président apôtre de la théologie de libération, Jean Bertrand Aristide. Les coups de gaz lacrymogène, les violentes manifestations des rues, l’érection de barricades les unes plus créatives que les autres ne sont pas imaginaires et disent le contraire. Elles représentent les caractéristiques de la nouvelle société où les citoyens demandent une meilleure répartition des richesses.

 

Les chiffres sont explicites et ne mentent pas sur cette inégalité sociale devant laquelle tous ou presque crient à gorge déployé : Trop c’est trop !

 

Seulement 5% de citoyens détiennent plus de 60% de la richesse du pays, aujourd’hui environ 3,5 millions de personnes menacées par la famine, le taux d’inflation a atteint environ 20%, un chiffre record jamais atteint même durant l’embargo des années 90. Haïti est le pays qui enregistre le plus gros taux de chômage dans les caraïbes et les Amériques avec plus de 75%  de la force productive immobile. Et pourtant, ce ne sont pas les moyens qui ont manqué il y a tout juste une décennie.

 

Des sommes importantes mises à la disposition de nos gouvernements ont été carrément détournées ou dilapidées par des soi-disant technocrates, bureaucrates et des sauveurs venus de nulle part pour étrangler cette nation qui a fait l’histoire malheureusement avec la complicité de plusieurs de certains de ses fils. En moins de vingt(20) environ 15 milliards de dollars devraient être débloqués pour faciliter l’émergence de cette nation avec au passage 11 milliards de dollars de promesses de la CIRH et plus de 4.5 milliards du fonds vénézuélien.

 

De l’argent ont été effectivement débloqué, des conférences réalisées, des dépenses effectuées mais la situation des citoyens s’est donc empirée et la  population devenue plus pauvre qu’avant vivant avec moins de deux dollars par jour. Que s’est–il passer ? La réponse est simple, l’argent a été détourné avec des projets surfacturés et de mauvais calculs économiques et financiers.

 

Quelques années plus tard, les haïtiens n’ont pas accès aux soins de santé de qualité, les ordures jonchent les rues, pas de projets de construction de logements fiables. Pas de nouvelles universités publiques construites, les collectivités oubliées. Bref, on ne pouvait pas s’attendre à grand-chose, Haïti est devenu un Etat en faillite.

 

Les jeunes du mouvement Petrochallengers en 2010, plusieurs d’entre eux n’avaient que 15 et 16 ans. Des adolescents devenus des adultes s’attendaient à mieux alors qu’aujourd’hui ils savent qu’ils vont travailler et payer pour un argent qu’ils n’ont pas dépensé. Et c’est à partir de là qu’ils ont commencé par prendre conscience  de la situation et se poser des questions autour de cet argent : ‘‘Kote Kob Petrokaribe a ? ’’. Où est l’argent du programme Petrocaribe ?

 

Contrairement à ce que certains pensent, la rupture est déjà lancée et désormais les choses ne seront plus comme avant. Les questions seront  posées sur chaque centime dépensé au nom de la population haïtienne qui veut et demande des comptes sur les corrompus qui se sont accaparés des richesses du pays et les ont placées dans des banques à l’étranger ou investies dans des projets aux Etats unis et en République Dominicaine.

 

Au-delà de la crise politique, les contrats juteux dont bénéficient certains hommes d’affaires dans le pays montrent que sous nos yeux l’argent Petrocaribe fait encore des riches depuis des années sans pour autant aider à l’amélioration de la vie des citoyens. Dans les grandes villes comme dans les coins les plus reculés du pays, l’immoralité financière reste l’un des moyens pour garder la classe pauvre dans la crasse et la faim. Des millions de gens sont sans abris, des jeunes gens jouent continuellement aux dominos et prennent de la drogue, s’enivrent de plaisir de toute sorte.

 

Dans les usines, les ouvriers dépourvus de tous avantages sociaux auxquels ils ont droit, continuent de demander une augmentation du salaire minimum pour répondre à leurs besoins sociaux de base. De jeunes étudiants issus des Universités privées et pour la plupart publique cherchent des crédits sans succès pour se lancer dans les affaires. En Haïti,  Dans le système bancaire haïtien, 5 % à 6 % de la population seulement bénéficient de 75 % des crédits bancaires.Il faut une vraie rupture dans cette inégalité socio-économique, car les choses ne doivent plus être comme avant. Trop d’inégalité sociale ! Les jeunes ont le droit d’espérer.

 

Il faut comprendre le langage des barricades qui nous frappent aux yeux. Certains arrachent des troncs d’arbres comme des feuilles de papier pour les ériger dans les rues. Cette force avec laquelle ces arbres sont arrachés montre le niveau du ras-le-bol des citoyens qui ne veulent plus être considéré comme des cons et des imbéciles qui ne comprennent rien aux affaires citoyennes.

 

Les prochains dirigeants qui émergeront dans les cinq à dix prochaines années  doivent comprendre qu’au-delà de la crise politique actuelle, le temps de la rupture a commencé et les choses ne seront plus comme avant. Les justiciables demandent justice ! Nos fonctionnaires doivent penser aux services plutot qu'à s'enrichir de manière frauduleuse. Les parlementaires ne devront plus  confondre législatif et exécutif.

 

Les choses ne seront plus comme avant parce que les informations sont maintenant disponibles sur les réseaux sociaux grâce à l’Internet. Et les jeunes n’en démordent pas !

 

ET/HPN

Plus d'articles...

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages