Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à se présenter à la présidentielle et reporte le scrutin

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Confronté à un mouvement de protestation sans précédent, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé, lundi, dans un message à la nation, renoncer à briguer un 5e mandat et le report sine die de la présidentielle du 18 avril.

Dans un message à la nation, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé, lundi 11 mars, sa décision de ne pas briguer un 5e mandat et le report sine die de l'élection présidentielle du 18 avril.

Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika a déclaré "qu’il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une no  uvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux".

Dans son message, publié par l'agence officielle APS, il précise que la présidentielle aura lieu "dans le prolongement d'une conférence nationale" chargée de réformer le système politique et d'élaborer un projet de Constitution d'ici fin 2019, alors que le mandat d'Abdelaziz Bouteflika expire le 28 avril 2019.

 

Âgé de 82 ans, et affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC, le chef de l’État est rentré dimanche en Algérie après avoir passé deux semaines dans un hôpital suisse, alors que dans le pays, les manifestations se succèdent depuis quelques semaines pour protester contre sa nouvelle candidature.

"Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser"

"Ce 8 mars, ajoute-t-il, pour le troisième vendredi consécutif, d’importantes marches populaires ont eu lieu à travers le pays. J’ai suivi ces développements et, comme je vous l’ai déjà annoncé le 3 de ce mois, je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi ce mode d’expression dont je tiens, une fois de plus, à saluer le caractère pacifique".

Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain, a-t-il assuré. "Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé", écrit le président algérien.

Vers une nouvelle Constitution algérienne

Ce dernier précise dans son message que le projet de nouvelle Constitution émanera d’une "Conférence nationale inclusive et indépendante", qui "organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle". Elle aura à sa tête "un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée".

"La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019", souligne Abdelaziz Bouteflika. Le projet de Constitution qui émanera de la Conférence "sera soumis à un référendum populaire". La Conférence nationale indépendante fixera "souverainement" la date de l’élection présidentielle à laquelle il ne sera "en aucun cas candidat", insiste-t-il.

Et de conclure : "Je m’engage enfin, si Dieu m’accorde vie et assistance, à remettre les charges et les prérogatives de Président de la République au successeur que le peuple algérien aura librement élu".

De son côté, le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a présenté sa démission, a rapporté lundi soir l'APS, peu après l'annonce du retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a nommé le ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui au poste de Premier ministre et l'a chargé de former le nouveau gouvernement, tandis que Ramtane Lamamra a été nommé au poste de vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères.

Peu après ces annonces, de nombreux klaxons commençaient à résonner en début de soirée dans le centre d'Alger.

Côté diplomatie, dans un communiqué transmis lundi soir à l'AFP, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian "salue" la décision du président algérien Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un cinquième mandat et de "prendre des mesures pour rénover le système politique algérien". Et de poursuivre : "au lendemain des grandes manifestations, qui se sont déroulées dans le calme et la dignité à travers toute l'Algérie, la France exprime l'espoir qu'une nouvelle dynamique à même de répondre aux aspirations profondes du peuple algérien puisse s'engager rapidement".

 

 

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