Haïti-Société : Les plages de la Côte des Arcadins envahies par de petits commerçants de fortune

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Les plages font partie du domaine public maritime de l’État. Leur utilisation à des fins commerciales est réglementée par concession, convention d’exploitation pour ne citer que ça. En Haïti, ce domaine est aussi réglementé. Mais les débrouillards qui mènent de façon informelle, leurs activités parallèles aux restaurants des hôtels de plage, semblent ne pas être concernés par lesdits règlements, remarque un reporter de Haiti Press Network.

Nous sommes le mardi 8 décembre sur la Côte des Arcadins, située au nord de Port-au-Prince. Il est 11 heures 47 du matin. Le temps paraît clément sous un ciel totalement dégagé de gros nuages gris opaques qui, généralement, dissimulent les rayons du soleil en cette période qui annonce l’arrivée de l’hiver.

N’étant point obstrués par les nuages, le soleil de plomb agresse évidement la peau et engendre une atmosphère propice invitant des gens qui se régalent sur une plage de la place, à se tremper, pour une bonne baignade, dans les eaux bleuâtres et limpides de la mer des Caraïbes.

Une fois plongés dans l’eau seul, en famille et/ou en couple, arrivent soudain de nulles parts, des débrouillards à bord de petits canots à traction humaine, sur lesquels sont embarqués des tas de nourritures mais aussi des œuvres d’art offerts en veux-tu en voilà.

Sur ces petits bateaux, monte tout un commerce. Presque tout y est : Coco, canne-à-sucre, homard, poisson et lambi boucanés, mais également des objets d’art et des peintures naïves. Bref, il faut dire de véritables contenants à l’instar d’une boutique d’articles de plage.

L’offre, constatons-nous, est plus grande que la demande. Car, beaucoup de gens se trouvant dans l’eau ou confortablement installés sous des pavillons couverts de pailles plantés sur le sable au bord du littoral, s’occupent plutôt sans relâche, des séances de photos et de vidéos à l’aide de leur téléphone intelligent.

Pas de temps pour s’acheter un quelconque produit offert par les débrouillards qui, de toute évidence, cherchent à survivre à leur manière. Toutefois, même si la plupart des potentiels clients font fi de leurs offres, les vendeurs les plus gentils et les plus sympathiques qui semblent savoir mieux comment embobiner les gens, font affaires quoique, remarquons-nous, le choux n'est pas gras.

Si ce n’est pas de l’eau de coco sollicitée par quelqu’un, c’est de préférence un homard, quand le choix ne se porte pas sur du lambi ou du poisson boucané. Là, la détente est à son comble pour ceux qui se régalent, mais le business fait son chemin en faveur des vendeurs.

Alfred, l’un des vendeurs sur la mer, les pieds dans l’eau, prêt de son canot, nous explique : « Parfois quand la chance me sourit, je fais des affaires. Occasionnellement, pour une journée de ballade sur l’eau, je rentre chez moi avec 3 000 à 4 000 gourdes de vente en poche. Mais généralement, ce sont des étrangers qui font beaucoup plus cas de nous », a-t-il raconté.

Ce jeune père de trois (3) enfants en bas âge est avant tout un pécheur. Exploiteur du littoral, il mène cette activité informelle au bord des plages de la Côte des Arcadins, nous informe-t-il, quand le moment n’est pas propice à la pêche des animaux marins.

Alfred dit s’être investi dans ce petit commerce depuis tantôt sept (7) ans. Et, il n’est pas prêt à laisser tomber même si cela ne rapporte pas toujours gros. Mais, ajoute-t-il, la famille retrouve son sourire assez souvent une fois rentré chez lui, grâce à la pêche et ce petit commerce.

Lucie, une dame qui vient se détendre sur la plage, un peu loin des problèmes de l’insécurité et du kidnapping enregistrés notamment à Port-au-Prince, dit avoir acheté un petit quelque chose pour encourager ces vendeurs qui, laisse-t-elle comprendre, paraissent un peu inédits.

« En plus des poissons boucanés que j’ai consommés avec ma fille et mon mari, j’ai aussi acheté un tableau. Je n’avais pas prévu un budget pour ça, mais je juge qu’il valait la peine d’encourager ces battants », a-t-elle lâché. 

Néanmoins, il faut l’avouer, Alfred n’est pas le seul intéressé à l’exploitation du littoral haïtien à des fins commerciales informelles. Partout aux abords des plages du Sud d’Haïti aussi, on les remarque offrant notamment à bord de leur canot étant, du coco, du lambi, du poisson ou une tour payante en haute mer pour les braves.

Alix Laroche

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Photos: Alix Laroche et archives Google

 

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