Haïti-sécurité : les bandits gagnent du terrain et les petits commerçants aux abois

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Les forces de l’ordre dépassées par les événements à l'entrée Sud de Port au Prince, les bandits prennent place à la Grand-rue à proximité d'un sous-commissariat et sèment la panique. Les acteurs du secteur informel qui vivent sous la constante menace de ces hommes armés, à l’entrée sud de la capitale sont aux abois. Avec Leurs armes de guerre, ils  terrorisent de temps à autre la population,  faisant siffler les bals à longueur de journée. Une situation qui devient de plus en plus stressant pour ces commerçants de l'informel qui réduisent leur temps de travail pour éviter d'être victime. 

 

Il marque 5h P.M, à la Grand-rue de Port-au-Prince où véhicules et riverains fonctionnent comme des trains à grande vitesse(TGV). Il faut laisser la zone, car les bandits peuvent descendre à tout moment font savoir ces petits commerçants sur le trottoir. Cette artère de la capitale, réputée pour ces bordels, est depuis quelques jours, abandonnée par la grande majorité de ses allumeuses et se transforme en Farwest. Au-delà de 6h P.M, les rues sont vidées.

 

Dos au mûr, regard méfiant, une travailleuse de sexe raconte: "C’est un miracle que je sois encore là, je devais déjà me changer pour rentrer chez moi. Ici les voitures de police ne passent plus depuis quelques temps. Les bandits eux viennent agiter la zone quand ils veulent, nous ne sommes plus en sécurité par ici. Les clients ainsi que certaines filles ne viennent plus travailler’’.

 

 

L’inquiétude n’est pas seulement sur le trottoir, mais encore dans les boites de nuit. Les clients qui passent ont la nostalgie des travailleuses  dominicaines. Un propriétaire de boite de nuit qui participe à une partie  de hasard lance avec regret : "autrefois, n’importe qui pouvait venir ici à n’importe quelle heure de la nuit, mais depuis les événements de "Peyi lôk", l’insécurité est grandissante, personne ne reste ici  au-delà de  7 heure’’.

 

L’homme admet ne reconnaître aucun des hommes armés. Il explique  que dès  la première détonation, tout le monde  fuit les lieux, mais il est sûr que ces agissements sont les œuvres des bandits de l’entrée Sud de la capitale. "Quand ils arrivent, les gens ferment leur porte, les autres laissent les lieux en courant. Et les gangs récupèrent  tout ce que les gens laissent  derrière eux", explique -t-il.

 

 

Une situation qui oblige tout le monde à s’adapter, comme ce coiffeur qui décide de nous parler pendant qu’il fait la coupe de l’un de ses rares clients qui viennent encore le voir. "Je suis obligé de réduire de plus de 4 heures ma journée de travail’’,  nous confie t-il avec amertume.

 

"J’avais l’habitude d’ouvrir à 8h A.M et je quittais les lieux à 10h du soir, je ne peux plus le faire aujourd'hui’’ poursuit-il. Il avance qu'avant de venir, il appelle ses amis pour prendre le pouls de la situation. L'homme d'une cinquantaine d'années raconte qu'il ouvre maintenant ses portes  à partir de 10h A.M, et les referme à  6 h du soir avec tous les risques.

 

 

 Ces hommes armés à l’entrée Sud de la capitale semble prendre le contrôle de ce quartier sensible. L'absence de l'Etat dans ce grand bidonville est visible. Certains groupent supportés par des agents de la PNH tentent de limiter les dégâts mais avec des armes de guerre en leur possession, aucune force ne semble maintenant tenir tête à ces gangs armés qui prennent de plus en plus de terrain. Certains riverains nous ont confié qu'ils ont bien l'intention de s'attaquer à la prison du Pénitencier national pour libérer leurs amis incarcérés.

 

Kervens Olivier

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