Haïti-Corruption-Déclaration de patrimoines : Me Claudy Gassant presse les comptables publics et d’autres grands commis de l’État

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Les comptables publics ont jusqu’au 31 décembre de l’année en cours pour faire la déclaration de leurs patrimoines. Ce, conformément aux prescrits de la loi. C’est en tout cas, la déclaration de Me Claudy Gassant, directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), lors d’une interview accordée à la Radio-Télé Métropole, ce mardi 17 décembre, constate Haiti Press Network.

« Si les comptables publics ne font pas la déclaration de leurs patrimoines au délai qui leur est accordé, une enquête sera ouverte sur blanchiment des avoirs et corruption », lâche sèchement l’ancien commissaire du gouvernement.

Le nouveau directeur général de l’ULCC, Me Claudy Gassant dont la nomination a été l’objet de vastes commentaires négatifs sur les réseaux sociaux notamment pour avoir vilipendé quelque temps avant, le président de la République qui l’a nommé, invite par ailleurs tous les grands fonctionnaires de l’État ayant des postes de responsabilité à se conformer en ce sens.

Se disant vouloir suivre strictement et appliquer les lois disponibles sur la question de corruption en Haïti, il cite, entre autres, ministres, directeurs généraux, parlementaires parmi ceux qui doivent se conformer.

En ce qui concerne les comptables publics particulièrement, d’après Me Gassant ces derniers font partie de la catégorie des serviteurs de l’État qui refusent de faire cette déclaration pour des raisons inavouées et inavouables.

« Nombreux sont des fonctionnaires qui n’ont pas entrepris cette démarche avant d’occuper un poste. Ils se contentent d’avoir été nommés par un chef. Pourtant, l’on ne fait que constater leurs belles maisons, leurs voitures de marque flambant neuves, leurs beaux comptes en banque. Ce n’est pas possible », estime l’ex-chef du Parquet de Port-au-Prince. 

Claudy Gassant fustige le comportement du ministre de tutelle, singulièrement celui des Finances qu’il considère comme étant le premier fautif, pour avoir accepté ces agents de la Fonction publique, assujettis à la déclaration de patrimoines, fonctionnés sans remplir cette condition.

Plus loin, l’avocat qui se montre déjà au boulot après environ deux semaines de son installation aux commandes de l’ULCC, indique, sans toutefois préciser la nature de ses actions, que des parlementaires sont déjà dans le collimateur de l’institution qu’il dirige.

Répondant à une question de notre confrère Wendell Théodore, le chef de l’ULCC laisse entendre que le dossier relatif à la dilapidation des fonds PetroCaribe n’est pas exempt du travail de cette institution.

Néanmoins, il précise vouloir appliquer les lois sur la corruption en travaillant avant tout sur les « faits » de corruption et non sur les personnes.

« Si les faits de corruption nous emmènent à la Présidence, à la Primature, au Parlement, au secteur privé des affaires et autres, nous y allons et nous ferons ce que la loi recommande.

Tout en informant en passant être sur le point de trouver une stratégie au niveau de l’ULCC pour avoir un circuit, c’est-à-dire, précise-t-il, une chaine pénale anti-corruption, Me Claudy Gassant indique avoir les moyens pour mette la main au collet de n’importe qui ne marchant pas sur les pas tracés par la loi. D’ailleurs, fait-il savoir, l’ULCC dispose, à l’instar de la DCPJ, de ses propres agents armés.

« Il faut travailler pour la santé de l’État », conclut-il, avant de relancer une invitation aux grands responsables de l’État d’aller faire le plus vite possible la déclaration de leurs patrimoines, si vraiment ils veulent contribuer à la lutte contre la corruption qui gangrène le pays et appauvrit davantage les plus pauvres.

Alix Laroche

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