Haiti-economie:Cette transition qui n’en finit pas Par Pierre-Raymond DUMAS La dégringolade de la gourde, une bombe à fragmentation Je pourrais dire aussi : une arme massive de destruction … Comment en est-on arrivé là ? A qui la faute ? Donc la facture ?

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Cette transition qui n’en finit pas

 

Par Pierre-Raymond DUMAS

 

La dégringolade de la gourde, une bombe à fragmentation

 

Je pourrais dire aussi : une arme massive de destruction … Comment en est-on arrivé là ? A qui la faute ? Donc la facture pétrolière avec ses aléas s’ajoute au mouvement des Petrochallengers. C’est une situation explosive. Nous sommes sur un volcan ! C’est grave. En somme, du baromètre : le taux de change, manipulé, dit-on, par des groupes puissants, nous permet de prévoir l’avenir, en nous enseignant à déchiffrer les crises, à y voir ce qui souvent nous échappe, leur sens véritable. C’est un sujet extrêmement complexe.

 

Pourra-t-on tenir longtemps sans une maîtrise des causes de cette « catastrophe », une cure d’austérité ? Où nous mènera-t-elle ? Pas tellement difficile à dire !

 

Déficit budgétaire record, rareté des dollars et, par conséquent, rareté des carburants, inflation galopante, balance des paiements ou commerciale déficitaire, spéculation monétaire, en quelques mois Haïti a renoué avec les aspects les plus sombres de l’époque des « zorey bourik » et de l’embargo qu’on croyait enterrée à jamais. Et l’ambigu mirage de se découvrir de plus en plus si nombreux à préférer la paix des cimetières made in Papa Doc avec cinq gourdes pour un dollar américain aux promesses faramineuses de la « bamboche démocratique » marquée par toutes sortes de scandales financiers, de mauvais choix, de crimes économiques, de corruption. Le départ des troupes onusiennes et la raréfaction de l’aide internationale directe expliquent en partie nos déboires. Et les transferts de la diaspora ? C’est un sujet éminemment opaque dans la mesure où en ce qui concerne leur montant exact, il s’agit d’espèces dédiées à la consommation. Les crises économiques sont perturbantes. Elles ne sont jamais limitées et avancent au rythme d’un cataclysme aussi transversal qu’épouvantable. D’ailleurs ce n’est pas en prenant un arrêté sur la dédollarisation (1er mars 2018) qui sera rapporté le 9 octobre 2018 que la situation du pays pouvait s’améliorer.

 

Entre la publication des deux arrêtés, le taux de change est passé de 66 à 73 gourdes à la vente pour un dollar américain. On ne joue pas impunément avec les monnaies ! Surtout en apprentis-sorciers, de façon émotionnelle, je veux dire. Certainement pas en évitant d’appliquer l’arrêté relatif au train de vie de l’Etat publié le 4 avril 2017 qui vise à optimiser les ressources et rationaliser les dépenses. Il y a là, à plusieurs niveaux, une voie salutaire à suivre pour combattre la corruption et le gaspillage qui rongent l’Administration publique en liaison avec les secteurs mafieux du secteur privé, bénéficiaires de la contrebande, de l’évasion fiscale et des surfacturations. On les connait tous, ou presque ! Mais l’initiative, boudée et étouffée, est restée sans résultats. Réductions budgétaires obligent …

 

On ne peut pas rester silencieux face à l’aggravation des conditions matérielles d’existence de la nation. Reste tout de même une impression générale. On peut craindre au final un retour en force de l’agitation sociale et, à coup sûr, de l’insécurité. D’où la question de la tenue de bonnes élections pour cette année dans un pays écorché vif. La rhétorique de la lutte contre la pauvreté est simple mais sans effets positifs sur la stabilité politique et la croissance économique, sans considérer qu’à mesure que la grande majorité de nos concitoyens démunis croupissent dans le chômage la perspective d’une vie démocratique apaisée s’éloigne chaque jour un peu plus.

 

 

 

 

 

Pierre-Raymond DUMAS

 

 

 

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