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Haïti-Société : exercer deux métiers à la fois

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Une pratique courante en Haïti depuis plusieurs décennies. La précarité de la vie pousse de plus en plus  de  jeunes et moins jeunes à tout essayer pour survivre. Parmi eux, César Jumelle, chauffeur de mototaxi dans la journée et vigile dans la soirée. Portrait d’un citoyen combatif.

 

 

 

Taille moyenne, son long  blouson un peu défraîchi frôle ses genoux. Sous un soleil de plomb, il traîne sa moto toute la journée à partir du Portail Léôgane pour déposer ses clients, en dépit des risques d’accidents.

A 37 ans, ce père de deux enfants a du métier. Il en est à son treizième engin depuis qu’il a commencé à flirter avec les deux roues  dans la ville des Cayes, il  y a plus d’une décennie. Après trois ans, il descend à Port-au-Prince pour tenter sa chance. Faute de boulot pour survivre, la moto reste la seule vraie occasion qui s’offre à lui.

Ces dernières années, la moto est devenue un gagne-pain incontournable dans les centres urbains d’Haïti et même en région. Face au chômage qui touche, selon les statistiques, plus des deux tiers de la population active du pays.

En juillet 2003, il opte pour le gardiennage dans une compagnie de la place. L’horaire lui convient tout à fait : il travaille de 18 heures à 6 heures du matin. Il regagne son domicile et va déposer son fils de six ans à l’école avant d’entamer ses activités dans le domaine du transport.

« Je ne passe la nuit chez moi que le vendredi, quand je suis de repos. Sinon, je passe le plus fort de mon temps dans la rue, en quête de clients à transporter et la sécurité des lieux que je dois surveiller toute la nuit. », explique César en écarquillant ses petits yeux qui scintillent sous l’effet de son visage arrondi.

Il affirme ne pas avoir de problèmes de santé, en dépit de son horaire hyper chargé.

Il doit se résigner à souffrir en acceptant un bas salaire, plutôt que de rester les bras croisés.  « Comme agent de sécurité, je ne touche que 4500 gourdes par quinzaine, alors que la moto me rapporte  davantage. »

Il y a trois ans à peine, César Jumelle réussit à s’acheter une petite maison de quatre chambres, grâce à ses économies et surtout  via le  système des  tontines souvent appelées  « Sol » en Haïti.  Il acquiert deux chambres ailleurs qu’il loue en raison de 10.000 gourdes l’an.

Il déloge le premier locataire pour défaut de paiement et trouve un repreneur qui transforme cet endroit en boulangerie. Les ventes de ce dernier sont encourageantes. Tenter par les affaires, l’épouse de César Jumelle veut ouvrir un commerce au même endroit, moyennant la résiliation du contrat avec son occupant.

Le couple propose au  locataire un préavis d’une année sans versement de loyer. Ce dernier accepte de fermer boutique au terme du délai fixé.

Avoir deux logis de dix pièces, des boulots éprouvants et bientôt trois enfants, interpelle César. Il continue de rêver : « La situation économique du pays ne concrétise pas toujours mes souhaits. Si je touchais ne serait-ce que 15.000 gourdes, je partirais d’Haïti pour  gagner plus d’argent ailleurs. »

Des propos emblématiques qui hantent souvent les esprits d’une génération qui semble avoir les yeux parfois rivés vers les frontières terrestres, maritimes et aériennes.

 

Belmondo Ndengué

bndengué@yahoo.com

Twitter :@superbelmond

 

 

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