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Haïti-Sous-Traitance: Une rentrée des classes sur fond de hausse du coût de la vie

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La rentrée apporte, avec elle, son lot de dépense : fournitures classiques, manuels scolaires, confection d’uniforme, transport, nourriture, frais d’entrée, écolage trimestriel ou mensuel… À une semaine de l’ouverture des classes, le 1er octobre, pour l’année académique 2012-2013, des ouvriers [parents] de la sous-traitance ne savent pas à quel saint se vouer, Haïti Press Network a rencontré quelques-uns d’entre eux. (Reportage)...



« Oh ! Dieu! Dans quelques jours ce sera la rentrée des classes… je ne sais plus quoi faire pour mes deux enfants. Les choses vont de mal en pire cette année », soupire  Marie-Marthe*, en conversation avec une proche.

Mardi. 6 heures du matin, à ce moment elle prend son petit déjeuner : un plat de spaghetti et un verre de jus, à l’entrée de la Société nationale des Parcs industriels (Sonapi) sur la route de l’aéroport, à Port-au-Prince.

Opératrice de machine depuis 6 ans dans l’une des usines de confection de maillot, logé dans les bâtiments du Parc, Marie-Marthe, comme tant d’autre, gagne entre 750 et 1000 gourdes par semaine de travail. Le salaire minimum étant fixé à 125 gourdes par jour de 8 heures de temps de travail (US $ 1.00 = 43.00 gourdes), depuis 2009.

« C’est un salaire [très] insignifiant. C’est un casse-tête pour moi, car je ne peux pas compter sur mon revenu, en plus de la nourriture et des frais du ménage, pour finaliser les préparatifs pour envoyer mes enfants à l’école », se plaint Marie-Marthe qui, veuve depuis deux ans, n’a pas d’autre source de revenu.

Le salaire d’un ouvrier ne couvre même pas la moitié de ses dépenses. « Le jour des payrolls, après avoir acquitté de vos dettes, il ne vous reste qu’une pitance », dit Marie-Marthe qui, comme tous les ouvriers, dépense près de la moitié de son salaire dans le transport quotidien et la nourriture.

« La situation est pire cette année. Le coût de la vie est très élevé comparativement aux années antérieures. Les prix sont presque doublés sur le marché local. J’ai des difficultés à m’en procurer des fournitures scolaires pour mes enfants qui sont dans une école privée. Il ne s'agit plus d'une baisse du pouvoir d'achat mais de sa disparition ».

Avec ce modique salaire, cette mère, soucieuse, préoccupée par l’avenir de ses enfants, doit prendre soin de sa famille de quatre membres. Comme d’autres ouvrières, dans sa situation, elle tente, parfois en vain, d’économiser une partie de ses avoirs pour joindre les deux bouts.

« Les propriétaires des usines n’ont aucun souci pour la rémunération des ouvriers. Quoique le salaire minimum soit fixé à 125 gourdes, on ne nous paie qu’en fonction de la quantité de travail fourni pendant une journée », signale Altagrace*, elle aussi, ouvrière.

Elle confie, qu’avec son faible revenu, avoir des difficultés pour pouvoir achever, à l’instar de Marie-Marthe, les préparatifs de la rentrée scolaire de ses enfants : «  je n’enverrai que l’une de mes deux filles à l’école au cours du premier trimestre. L’autre ira en janvier. Je n’ai pas les moyens nécessaires pour pouvoir envoyer les deux à l’école, en même temps. J’ai des soucis mais […] ».

« Les employeurs qui payent le travail des ouvriers à son juste prix dans les usines sont rares. Ils cherchent constamment à diminuer le coût de la main-d’œuvre. Ils ne tiennent pas compte des besoins quotidiens des travailleurs », fustige Altagrace, très remontée contre le gouvernement qui, dit-elle, ne tient pas compte non plus de la situation des citoyens. 

Pour les deux ouvrières, « c'est une rentrée académique les plus difficile en matière de conditions de vie. La crise touche tout le monde surtout ceux qui exercent une activité salariée ». « Le salaire minimum est loin d’être une rémunération du travail qui permet à un employé de couvrir ses besoins mensuels ».

Entrée en vigueur d’un salaire minimum de 300 gourdes en octobre ?
Se référant à la Loi du 6 octobre 2009 sur le salaire minimum paru dans le journal de l’État, Le Moniteur, le gouvernement Martelly/Lamothe a rappelé que « les établissements industriels de réexportation doivent s’assurer que leurs ouvrières et ouvriers, qui travaillent à la pièce, touchent un montant de 300.00 gourdes par journée de 8 heures de travail à partir du lundi 1er octobre 2012 ».

Depuis 2009, cette Loi fixe à 200 gourdes le salaire minimum dans les entreprises industrielles et commerciales, mais, faut-il attendre 2012 pour le secteur de la sous-traitance ? Les ouvriers qui travaillent à la pièce percevront 300 gourdes par journée de travail de 8 heures ?


*Noms des ouvrières modifiés à leur demande


Sylvestre Fils Dorcilus
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Crédit Photo: Blog Moun

 

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