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Haïti-Société: Manger, le grand défi de nombreux haïtiens

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Le problème de la faim en Haïti demeure un véritable cauchemar quotidien pour les petites bourses. Les programmes d’apaisement social du gouvernement tels : « Aba grangou » et « Ti manman cheri », n’ont pas encore atterri, selon l’avis de plus d’un.



Haïti fait malheureusement partie des pays de la terre où manger reste encore au 21e siècle, un luxe pour de nombreux haïtiens. Faute justement de pouvoir d’achat ! Le plus grand dilemme de la majorité de la population constitue depuis des lustres, l’insatisfaction de sa faim.

Rares, sont en effet les Haïtiens qui disposent les moyens nécessaires pour faire le plein à leur guise. Manger quotidiennement à satiété et de façon équilibrée n’est pas toujours évident.

Certainement, il existe quelque part quelques-uns qui sont en mesure de consommer délibérément du homard ou du stake-saignant, selon l’indication de leur choix gustatif. Néanmoins, nombreux sont ceux-là pour qui, manger même une miette rejetée par les autres, représentent toujours un grand défi.

« J’ai 31 ans et je n’ai jamais travaillé nulle part depuis ma naissance. Pourtant, ce n’est pas la force de travail qui me manque. Alors que j’ai des redevances familiales. Sincèrement, je dois avouer que nous mangeons au hasard. Car, le peu que réalise ma femme à l’aide de son van, ne nous permet pas de nous nourrir convenablement avec nos trois enfants », nous confie tristement Justin.

Pour Paul, 53 ans qui fait le métier de porte-faix depuis son jeune âge, la réalité n’est pas si différente. Lui et sa femme Tata mangent malgré eux. Ce couple privé d’enfant de façon non désirée, vivent quasiment sans aucun souci de la vie en attendant la fin de leur temps. À l’instar des milliers d’haïtiens, ils mangent comme et quand ils peuvent. Paul nous a fait des confidences.

« La rue ne me rapporte pas toujours grand-chose. Quelque fois, je n’y ai récolté rien du tout. Quand ce dont nous disposons ne suffit pas pour cuisiner à la maison, nous mangeons dans les restaurants de fortune », laisse entendre souriant notre interlocuteur édenté.

À deux pas de nous, Néhémie, frêle et un peu abasourdie qui écoutait attentivement la conversation s’enchaine. « Quant à ça, il n’en manque pas. Les restaurants de fortune, il en existe beaucoup à Port-au-Prince pour faire le plein. C’est l’argent qui n’est pas toujours à notre portée », dit-elle désolée.

Pour répondre à ce besoin époustouflant de manger, les restaurants de fortune poussent comme champignons à Port-au-Prince et dans les villes de province. Dans ces restaurants, plus connus sous l’appellation sociologique haïtienne « chen janbe », les conditions culinaires défient généralement tous les principes élémentaires d’hygiène.

Port-au-Prince. Midi sonnant. C’est le moment inévitable où le ventre fait appel à la raison. Dieu soit loué que ces restaurants de fortune sont disponibles pour soulager les petites bourses.

Et là, sans gêne aucune, travailleurs et autres particuliers, cuillère à la bouche, se dissimulent derrière des draps fabriqués avec des morceaux de tissus crasseux de toutes les couleurs. La situation de misère noire l’oblige !

Dans cette galère, le premier souci de celui ou celle qui offre le service, c’est d’empocher le plus possible un peu d’argent aux fins de répondre à ses besoins et ceux de sa famille. Dans ce pays désorganisé, tout le monde se débrouille tant bien que mal pour survivre. Mais au détriment des uns et des autres.

« Je me défends. Je m’en fous de ce qu’on appelle la ration alimentaire. Je n’ai pas les moyens qu’il faut. Quand on n’a pas d’argent pour manger à sa guise, on bouffe ce qu’on peut trouver », dit Allenby, accompagné de sa partenaire, tous deux entassés sous les bâches épuisées d’un restaurant de fortune de la capitale.

« Compte tenu de ma situation économique modeste, poursuit-il fièrement, il faut être dingue pour penser aux restaurants de luxe de la capitale. Heureusement, j’ai de la chance d’avoir une copine qui se dépasse de tout complexe. »

Chose certaine, c’est que la réalité de ceux qui n’ont pas du tout les moyens, est loin de celle d’Allenby qui, lui, peut quand même s’offrir un plat « aleken ». Ils sont par ailleurs légion dans le pays, les Haïtiens qui ne mangent incorrectement que deux à trois fois dans une semaine.

Face à cette situation qui perdure, d’aucuns estiment que la problématique de la faim à laquelle fait face les couches les plus vulnérables de la population haïtienne, constituent une épineuse tracasserie qui mérite une attention soutenue du côté des autorités concernées.


Alix Laroche
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