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Haïti-Société : Un mardi à Pétion-Ville

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Considérée autrefois comme l’un des endroits huppés et calme de la région métropolitaine de Port-au-Prince, la commune de Pétion-Ville est devenue depuis quelque temps le lieu de toutes les débauches, a constaté Haiti Press Network.



Mardi 11 juin. Pétion-Ville. 2 heures 32 p.m. À la rue Grégoire, au bruit des moteurs de véhicules de transport en commun se mêlent ceux des voix, des corps et de la musique provenant des étagères des disquaires de la rue, mais aussi de véhicules sonores qui font de la publicité.

Plusieurs morceaux de musiques, tous rythmes confondus, se jouent de chaque côté de la rue. Difficile de les identifier. Néanmoins, l’un se détache de l’ensemble. Ce n’est toutefois pas du compas, et il provient d’appareils plus puissants que les autres. C’est la chanson à succès de Wanito : « Wanito m vle parenn ».

Juste à côté du Tribunal de paix, un jeune homme, les yeux hagards et visiblement ivre, danse et piaffe à tue-tête. Ses pas sont discordants par rapport à la musique. Pourtant un attroupement se forme rapidement autour de lui.

Une marchande de vêtements usagers explique à une autre : « C’est Jacques, il est soûl. Il fait son numéro. Il ne mange presque pas et préfère se gaver de l’alcool. Crois-moi, le clairin le conduira tôt ou tard dans l’abîme infernal. Ce n’est pas un souhait. Mais il l’aura cherché. »

Dans cette partie de Pétion-Ville, le commerce informel est très remarquable. Vêtements usagers, produits alimentaires, accessoires pour téléphone portable, mangues mures, feuilles d’arbres, chaussures, sandales, médicaments contrefaits, bref, tout y est. Plus loin, des policiers irrités, engueulent des marchandes de mangues et procèdent brutalement au balayage de leurs bataclans.

Dans ce coin de Pétion-Ville, le flux de va-et-vient est toujours très intense. La présence des femmes est également imposante. Dans chaque partie ce marché informel domine un produit en particulier. Mais, les marchandes de fruits, vivres et autres produits alimentaires sont partout. Nombreuses sont celles qui s’installent à même le sol sur une bonne partie de la chaussée, les jambes pliées ramenées vers le buste.

Presque toutes ont les cheveux cachés. Il n’y a pas de musique là. Cependant, des vendeurs de boissons, profitant de l’intense chaleur de l’été, frappent sur des bouteilles de gazeuses avec un tire-bouchon. De multiples voix sollicitent les gens à acheter. « Pour manger, grossir, achète-toi ces comprimés. » « Venez réclamer un téléphone à double SIM ici pour un prix dérisoire ». « Chéri achète ce joli t-shirt, il vous ira bien ».

Dans le voisinage, une marchande fait la leçon à une autre qui se tenait debout : « Tu caches mes marchandises. Depuis ce matin, je n’ai rien vendu à cause de toi. Heureusement la concernée n’a pas donné de réplique pour éviter toutes prises de bouche frisant des obscénités en pleine rue. Elle se contentait de crier aux gens qui passaient : « Une paire de sandale pour 60 gourdes ! Une paire de sandale pour 60 gourdes. »

Une forte partie des marchandes n’ont pas d’installation. Elles étalent leurs marchandises à même le sol, quasiment sous les roues des véhicules. Au bruit des avertisseurs sonores, elles écartent tant bien que mal leurs étalages. En injuriant parfois « Hein ! Hein ! Rentre, sans façon, à l’intérieur de ta mère comme un gros porc », crie une marchande. « Chauffeur, attends, s’il vous plait », dit une autre.

Lors du reportage, nous avons remarqué des chauffeurs, entre deux manœuvres, hurlés après des marchandes qui gênent la circulation.

Vers 2 heures 58, à proximité du bureau de l’Office national d’assurance (ONA) nouvellement inauguré par le président Martelly, des personnes courent dans tous les sens. Et des étalagistes se mettent à couvert sur leurs étalages. D’autres s’abritent dans des coins du marché. Les oreilles aux aguets. Ça a été ainsi pendant quelque 10 minutes. Motif de la panique ? Des agents de la mairie qui s’amenaient comme d’habitude à bord d’un pick-up en état de délabrement avancé, accompagnés de la police.

Texte et photo : Alix Laroche
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