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Port-au-Prince: Champ de Mars, lieu de mémoire profané

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Très fréquenté dans le temps pour sa splendeur, jadis fierté des Port-au-Princiens, le Champ de Mars n’est plus ce qu’il était, notamment depuis le séisme de janvier 2010 qui a contraint de nombreux sinistrés à s’y réfugier pour le transformer en grand dortoir.




À l’origine, lieu d’hommage aux héros de l’Indépendance et espace de détente, le Champ de Mars est plus aujourd’hui un lieu de toutes les débandades sociales. La plus grande place publique de la République est devenue un patrimoine profané.

 


Il est généralement admis que les normes d’usage de tout espace socialement ouvert sont fragiles, mais dans le cas du Champ de Mars, on ne peut plus parler de normes.

L’anarchie y règne en maître au milieu des tentes de fortune qui constituent également de véritables repaires de bandits. La grande place, en dépit des efforts du gouvernement en place pour déplacer les sans-abris, est divisée en de petits espaces dans une dynamique de bidonvilisation. Les belles statues de bronze de nos héros côtoie la laideur qu’est devenu ce lieu qui a perdu tout son charme.

Des bars, des gargotes, des salons de coiffure et des restaurants de poulets rôtis de fortune sont installés sur le Champ de Mars qui, la nuit, se transforme en bordel public. Prostituées et drogués des deux sexes s’y fixent, le soir venu, des rendez-vous libidineux.

Certains endroits sont utilisés comme dépotoir et lieu d’aisance où de pressants besoins sont satisfaits dans les parages du palais présidentiel, du Commissariat de Port-au-Prince, du Musée du panthéon national haïtien (MUPANAH), de la Faculté d’Ethnologie pour ne citer que ces institutions-là.

Au Champ de Mars, toutes les activités se mêlent et s’entremêlent. En passant par les petits marchands, les bouquinistes, les marchands des copies de CD et de DVD pour aboutir aux apprentis chauffeurs. Quant à la Place de la Constitution, des laveurs de voitures semblent s’en emparer définitivement.

Bref, le Champ de Mars ne respire ni le jour ni la nuit.  Les différentes places du Champ de Mars sont devenues le lieu de toutes les activités, sauf celles pour lesquelles elles ont été conçues, a constaté Haiti Press Network.


Des étudiants de la Faculté d’Ethnologie dénoncent le laxisme et la négligence des autorités. Pour plus d’un, cette grande place publique mérite d’être protégée.

« Je pense qu’il faut cesser de faire des choses à moitié dans ce pays. Champ de Mars, patrimoine culturel et historique, mérite d’être préservé », soutient un étudiant.

En outre, constate-t-on, des flaques verdâtres, mousseuses et infectes remplacent dans les bassins, les jets d’eau dysfonctionnels depuis bien avant le tremblement de terre. Pire, les coins relativement calmes réservent souvent surtout à la tombée de la nuit des surprises bien désagréables aux passants imprudents.    

« Repérer le Champ de Mars est plus qu’une nécessité », a déclaré Jeff, un étudiant finissant du même établissement académique, pour qui l’État doit adopter les mesures appropriées en vue de protéger cet héritage légué aux générations présentes et futures et qui constitue un important lieu de mémoire.

 

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