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Haïti-éducation : l’école communautaire de cité de l’éternel, dure et triste réalité

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À cité l’éternel, un quartier pauvre de Port-au-Prince, il existe depuis 1996 une petite école communautaire primaire mise en place par des organisations locales avec un support financier d’organismes étrangers qui ont fini par abandonner, a révélé à Haiti Press Network, Jean Dimanche, notable de la zone.

 

 

Vendredi 23 mars. Il est 11 heures du matin. Nous sommes en visite guidée à la cité l’élernel. A l’intérieur de l’école communautaire de la Cité, nous sommes frappés à l’entrée du bâtiment, par le constat qui montre, qu’il y a une volonté manifeste des membres de la communauté de sauver les plus jeunes.

Mais les moyens font énormément défaut et les conditions d’apprentissage sont d’une grande précarité. Même le programme d’éducation gratuite prônée sans cesse par le président Martelly, n’est pas encore effectif en ce lieu dont les besoins sont nombreux, à en croire M. Jean Dimanche, notable respectueux et respecté de la zone, à qui, la population a confié le rôle d’intermédiaire entre elle et les organismes qui interviennent sur le terrain.

Des écoliers et des écolières bien vêtus, bavardant, riant se pressant les uns contre les autres, et gambadant joyeusement dans une salle exigüe où quelque 40 élèves se concentrent dans la privation d’aération de cette école mal entretenue.

Des enfants sveltes, mais heureux d’exister, l’esprit alerte et ouvert aux étrangers. Des bambins et des gamines malicieux, aux yeux intelligents posant sans retenue toutes sortes de questions qui leur viennent à l’esprit. C’est en effet le genre de spectacle auquel on a droit en arrivant à l’École communautaire de la Cité de l’Éternel qui dispose, d’après les précisions de M. Dimanche, environ 300 enfants, payant chacun une contribution de 250 gourdes pour l’année scolaire.

Il est vrai que cette école se trouve à Martissant, un quartier étiqueté dangereux, mais cela n’explique pas l’énorme fossé qui existe entre cet établissement scolaire de fortune et les écoles de référence de la capitale. Les responsables nous ont fourni moult détails sur la situation extrêmement difficile dans laquelle fonctionne l’école. Ils se sont évertués à décrire l’exiguïté des salles de classe encombrées d’élèves, l’état lamentable du parquet.

À cette école, les élèves sont entassés pêle-mêle sur les bancs pour la plupart dans un état de délabrement avancé. « On vit ici comme dans l’antichambre de l’enfer », nous a déclaré un élève qui souhaite les bras secourables de l’État, à fin de pallier la situation de l’établissement.

Une école quand même… C’est la première réflexion qui nous vient à l’esprit tenant compte des normes standards internationales pour accepter un espace en tant qu’établissement académique. Un drapeau national un peu blasé sous l’effet du vent et des rayons du soleil, accroché à un mât en fer forgé, flotte ironiquement dans le décor. C’est cependant le seul indice qui témoigne de l’importance des lieux.

Jean Dimanche qui nous accompagnait en lieu et place des responsables de cette école qui dispose quatre salles assurant le cycle fondamental, déploie tout son zèle pour nous accueillir. « Soyez les bienvenus dans notre école. Nous sommes ravis de vous recevoir chez nous », lance-t-il. L’homme est visiblement terrassé par la misère, mais ne manque pas de vigueur. Ses poignées de main en témoignent. Clairement ému, il s’exprime malgré tout avec une fluidité de langage assez impressionnante. C’est peut-être l’une des raisons qui lui confère sa notoriété dans la communauté.

À l’origine, confie-t-il, l’école construite en 1996 sous le premier mandat du président René Préval, était supportée par des organisations étrangères. À cette époque-là, les enfants ne versaient que la modique somme de 75 gourdes pour toute l’année. Mais depuis quelque temps, ces gens au cœur charitable n’assistent plus l’établissement, fait-il savoir.

« Il n’existe au niveau de la localité que trois centres de ce genre pour une population estimée à quelque 40 mille âmes. Néanmoins, les deux autres s’appelant aussi école communautaire, mais ils disposent chacun un propriétaire caché derrière cette appellation », nous informe notre hôte.

Cette dure réalité nous rappelle que pauvreté et éducation se conjuguent malencontreusement pour déterminer les chances d’un enfant dans la vie. Les temps ont changé et, avec les mentalités. Les enfants se résignent à accomplir ce que répugnaient à faire leurs parents. Dans certaines situations, les choix sont très minces. Même quand l’enseignement est gratuit, les uniformes, les manuels et autres fournitures classiques coûtent trop chers. Et, pour nombreux de parents de cité de l’éternel, assurer une éducation minimale à leurs enfants devient chaque année un énorme sacrifice, quand aller à l’école constitue un véritable calvaire pour les gamins et les gamines.


Texte et photo : Alix Laroche

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