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Haïti: L’université peut-elle être ce lieu des chômeurs les plus sophistiqués du pays ?

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A l’instar des écoles classiques, les centres d’enseignement supérieur appelés encore « universités » poussent comme des champignons en Haïti. Il y a de plus en plus d’universités qui sont de moins en moins université. Cet espace devient presque un lieu qui forme des princes auto-dominés et qui vivent dans un monde imaginaire. Le constat est évident et interpelle déjà le ministère de l’Éducation nationale, mais la gravité de la plaie semble avoir dépassé la capacité de ceux qui doivent y remédier, constate Haiti Press Network.

 

 

Intervenant dans le cadre de l’émission « Café Philo » de la Télé-Caraïbes, sur la crise qui sévit actuellement à l’Université d’État d’Haïti (UEH) entre étudiants et responsables qui n’est d’ailleurs pas à sa première, le professeur Yves Dorestal a, obstinément plaidé une fois de plus, pour une réforme en profondeur de l’Université d’État d’Haïti. Mais aussi pour un contrôle efficace et efficient au niveau de l’enseignement supérieur même du pays.

Réforme, conseille-t-il, qui doit prendre en compte la démocratisation de l’université.  Ce lieu de l’universalité des savoirs où le Conseil de gestion actuel, ajoute-t-il, considéré comme une bonne à tout faire, devra se dédouaner d’un certain nombre de charges qui lui constituent un handicap certain au bon fonctionnement de l’université, à laquelle on doit essentiellement enseigner les idéaux et les comportements démocratiques.

« Il ne faut pas que l’université devienne un lieu qui forme et façonne des chômeurs les plus sophistiqués du pays. Voir l’université comme étant cet espace de savoir au plus haut niveau, évitera d’augmenter la liste des frustrés dans un système où l’éducation est empoisonnée en vase clos», soutient l’ancien doyen de la faculté d’Ethnologie, Yves Dorestal.

Néanmoins, pour y parvenir, insiste-t-il, l’État doit alors, avec une vision claire de ce qui est l’université, prendre ses responsabilités. Il doit penser une école supérieure qui s’occupe du domaine du savoir et qui enseigne un savoir basé sur une relation intrinsèque entre les savoirs distribués dans une structure épistémologique, où les savoirs ne sont pas juxtaposés les uns à côté des autres.

Sinon on a tout, sauf l’université qui est cet espace de transmission, de reproduction et de production des savoirs. Il faut cesser de faire de l’université ce lieu qui existe sans être véritablement l’université, dit le professeur Dorestal qui croit que la crise de l’université en Haïti qualifiée d’ailleurs de « sémantique », est une crise de croissance et non de vieillesse.

« La seule chose qui ne soit pas en crise en Haïti, c’est la crise elle-même, considérée par Lénine  comme quand l’ancien ne sert plus et que le nouveau n’est pas encore là pour relever l’ancien. Il y a toujours des crises dans ce pays », fait remarquer le professeur Yves Dorestal.

En effet, face à la crise répétitive à l’UEH où l’échec scolaire est appréhendé selon le mode d’éducation de crise, issue d’une série de phénomènes qui relèvent de l’essence même de l’homme haïtien dans toutes les sphères de la vie sociale, le professeur Yves Dorestal tout comme les étudiants ne sont pas toujours les seuls à plaider pour une réforme réelle au sein de l’université.

L’éducation haïtienne, écrit l’universitaire de regretté mémoire, Jean Anil Louis-Juste dans son livre titré : « De l’éducation de la crise à la crise de l’éducation en Haïti », parce qu’elle est essentialiste, produit des princes auto-dominés. Situation, explique-t-il, où l’étudiant se prenant pour une catégorie sociale supérieure au sein de la famille et dans son milieu d’origine, produit dans ses comportements, la domination que les classes dominantes exercent sur la société.

Comme le professeur Dorestal, d’aucuns pensent que la démocratisation de l’UEH encouragera le mouvement d’universalisation de l’école haïtienne et la décentralisation de l’enseignement supérieur public. L’uniformisation de la gestion des facultés, lieu d’unification des savoirs, et le regroupement de ces structures sont aussi dans la perspective de l’autonomisation pour l’émancipation de l’homme haïtien, éléments importants qui peuvent composer un agenda universitaire alternatif.

Alix Laroche

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