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Haïti-Musique : le compas est-il désormais citoyen américain?

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Le compas est ce qu’on peut l'appeler sans hésitation, le « Trade Mark » de l’Haïtien. Quelle que soit sa couleur – direct, rampa, love, mamba… -, il fait penser à Haïti partout où il sonne. Si la musique racine peut s’enorgueillir d’être la vibration de l’alma-mater, l’invention de Nemours Jean-Baptiste s’impose depuis bien des temps en principal carte d’identité de la République.

 

Faute d’industrie, le compas a du mal pourtant à s’exposer et à s’établir sur de grandes plateformes comme le Batchata dominicain, le calypso trinidadien, le reggaeton portoricain. N’en parlons pas du reggae jamaïcain.

Pic pour le centenaire, le compas se cherche encore dans une variété sonore. Entre l’art et l’artisanat, on se demande parfois où doit-on situer ce rythme qui se laisse souvent traîner dans sa plus simple expression de satisfaire les déhanchements des uns et des autres. Le souci de création est rare aujourd’hui dans ce milieu, voire le besoin de faire évoluer le son à l’instar d’une certaine génération des années 80.

Si le compas tient encore dans cette valse à mille temps de choc culturel qu’on vit depuis 1986, c’est parce qu’il a un peuple. Plus qu’un public mais un peuple qui se voit en lui d’une manière ou d’une autre en dépit de certaines hypocrisies et de certains regards snobes.

Malgré les puissants segments du rap créole avec King Posse et ORS puis de Barikad Crew et de Rock Fam sans parler du phénoménal Vodou Adjae de Boukman Ekperyans, le compas reste et demeure le rythme que l’haïtien ne négocie pas. Mais paradoxalement, le « Bas peu de chose », qui grille aujourd’hui aux flow des BPC, n’a plus de Shleu Shleu. Et Carrefour, pris dans un tohu bohu  de DJ aux doigtés abracadabrants, n’a plus ses Fantaisistes dans la mémoire. A Cité Militaire, on ne sait même pas si « Bossa Combo » y a pris naissance…

En fait, Haïti n’est donc plus le terroir du compas à constater les courbes de cette tendance. Depuis ces quinze dernières années, on peut compter sur nos doigts, le nombre de groupes à succès de la nouvelle génération résidant dans le pays. La preuve, à chaque vacance, Il est toujours intéressant de lire les banderoles de bienvenus à tel ou tel porte-étendard du compas teintant nos rues. Comme pour dire que même sur cet angle, Haïti n’offre pas de cadre de production.

Notons, sur dix des groupes les plus cotés du moment, 80% résident aux États-Unis. Outre Djakout # 1 et Kreyol La, les Zenglen, T-Vice, Nu Look, Carimi, Gabèl, Disip, Harmonik et Klass s’installent chez l’oncle Sam. Quid de leurs statuts là-bas ? On n’en sait rien.

Qui pis est, tous les ans, on se rue comme « je ne sais quoi » vers Bayfront Park pour célébrer le compas en grande pompe, alors qu’à Port-au-Prince que dal, les 26 juillet depuis le Grand Joubert Charles.

Faut-il en rire ou en pleurer ? Rien qu’à regarder dans ce viseur, on peut constater que nous les Haïtiens, nous nous formalisons peu à peu dans un projet qui fera de nous tôt ou tard une étoile parmi tant d’autres. A bon entendeur, je me casse !

 

Par Jean Venel CASSEUS

 

 

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