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Haïti-métiers : De moins en moins de dépanneurs radio

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Fini le temps où les dépanneurs radio avaient le vent en poupe à Port-au-Prince.  Les récepteurs ou les grosses radio-cassettes des années 80 ne sont pas le dada de la génération actuelle. Les « Boss Radyo » vivotent. René Etienne alias Boss René, un Artibonitien de 48 ans est dans cet univers depuis 1986. Il présente les différentes facettes de son gagne-pain.



- Comment êtes-vous devenu boss ?

J’ai commencé  dans un atelier de la place Sainte-Anne appartenant à un patron nommé Jacques Raymond. Par la suite, nous réparions des radios, des téléviseurs, des ventilateurs et installions même la sono dans les véhicules.

- Comment était l’atmosphère avec la clientèle d’alors ?
A mes débuts en 1986, le test préliminaire d’un appareil apporté par un client coûtait 10 et 12  gourdes. De 1988 à 1989, ce montant est passé à 23 gourdes. En 2000, il fallait débourser 50 gourdes. Certains clients s’acquittaient des frais de réparation. D’autres disparaissaient de la circulation et abandonnaient leurs appareils pendant des années.

« Je travaille à domicile »

-  Qu’en est-il du comportement du client aujourd’hui ?
L’électronique a évolué, avec de nouveaux gadgets. Mais  Il y a eu des tas de dépanneurs à une certaine époque.  Mais ce n’est plus le cas.

-  Mais vous avez abandonné la place Ste.Anne…
Depuis Janvier 2010, l’endroit est très isolé  et peu attrayant, insalubre, avec  des dizaines de tentes. Tout le système électrique a été endommagé de la zone de Pax Villa à la place Ste Anne. Depuis,  je travaille à domicile. Quand un client passe à la place Ste Anne, on lui communique mon numéro de téléphone. Et il vient me trouver.


-  Comment expliquer que des clients partent de si loin vers vous ?
Quand on fournit un bon travail, on gagne la confiance des clients. D’où qu’ils se trouvent, ils viennent vers vous.

« Se recycler pour mieux s’adapter »

-    Pourquoi y a-t-il de moins en moins d’ateliers de dépannage ?

Il y a plusieurs facteurs. Les appareils d’occasion en proveance de Miami sont tout à fait à la portée des gens. Ils préfèrent acheter ces produits que d’aller solliciter les services d’un « radyo man » munis d’un récepteur qui ne marche pas.

- Comment se porte le métier aujourd’hui ?
La demande a vraiment baissé. Le nombre de personnes qui me contactaient par téléphone ou qui venaient me voir se comptent sur les doigts  de la main. La contrebande  et la situation économique y sont pour quelque chose.

-  Comment voyez-vous l’avenir de ce secteur ?
Ma vue baisse au fil des ans. Mes capacités aussi. Mais la formation s’impose pour acquérir plus de compétences, qu’il s’agisse de jeunes ou d’adultes. L’Etat devrait ouvrir une école professionnelle pour recycler tous les techniciens. Car il y a des appareils électroniques assez complexes qui arrivent en Haïti. Ils coûtent chers à leurs propriétaires et ne peuvent pas être confiés à n’importe qui.

-  Comment  vous adaptez à la technologie digitale ?
Les appareils analogique et digital ont un cerveau. La technologie digital aurait été mise sur pied dans les années soixante-dix. Mais il était tôt de la mettre en circulation afin de protéger les techniciens qui auraient eu du mal à s’adapter. Les radios munies d’un système analogique sont plus difficiles à réparer.  Mais le captage des stations est plus performant avec les appareils digitaux.

 



Belmondo Ndengué
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