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La banalité de la vie: Nouveau meurtre à Pétion-Ville

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Ce samedi quatrième jour du mois de juillet devait être pour moi un jour faste. Leo Messi allait enfin remporter son premier trophée majeur avec l’Albiceleste et mon frère Claude Delatour devait convoler en justes noces. Il est minuit passé, les enfants sont couchés, mon épouse fait semblant de dormir pour édulcorer mon chagrin. Elle sait que je vais passer une nuit blanche.  Le chili a remporté sa Copa America. Mon frère Claude a été sauvagement abattu de plusieurs balles en plein cœur de Pétion-Ville par des hommes armés.

Je revois Claude heureux comme un enfant recevant un merveilleux présent de son père, venir nous inviter, Berto et moi, à son mariage. Il avait l’air léger. Il était resplendissant comme s’il savait qu’il ne tarderait pas à entrer dans la lumière. Mais comment diable pouvait-il savoir que son épouse, sa fille, sa mère, son père  et tous ses amis seraient réunis chez lui en ce samedi pour se remémorer sa vie, ses gestes ? Comment en est-on arrivé là ? Comment est-ce que les Haïtiens peuvent-ils continuer à vivre dans de telles conditions ?

Je me demande combien de Claude devons-nous mettre en terre avant que la colère, l’indignation nous envahissent et nous contraignent à nous mobiliser contre ces bandits qui ne se cachent plus pour accomplir leur basse besogne ?

Pour tous ceux qui l’ont connu, Claude était un homme, que dis-je, demeure un homme sans méchanceté.

Il exerçait sa profession en toute intégrité et vivait au milieu des siens simplement. Mais, dans notre pays livré aux bandits de tous poils, vivre en homme libre en toute simplicité n’est pas un gage de longévité.

Ainsi, Claude repose quelque part dans un tiroir glacé, le corps sans vie. Nous ne pourrons plus  rire aux éclats après une blague de Dominique, sa sœur chérie.Nous ne pourrons plus rire de voir Domi contrariée par nos attitudes enfantines.

Comment peut-on continuer à vivre dans cette merde ? Tankou Beetova ta di si nou viv nou pa moun. La vie est une fête en larmes, nous dit Jean d’Ormesson. On vit on pleure tout à la fois. Où plutôt, certains rient pendant que d’autres ne savent comment noyer leur chagrin.

Combien vaut une vie ? Un million, un milliard de dollars. Dans ce cas, Steve Jobs serait encore envie. La vie n’a pas de prix ! Il faut la protéger envers et contre tout. Comment comprendre notre nonchalance devant les actes de barbarie répétés d’assassins sans vergogne ? Comment accepter sans un geste que des lâches tuent sous nos yeux et s’en vont à bord d’une moto ou d’un véhicule, priant Dieu qu’ils ne nous aperçoivent pas, qu’ils nous laissent la vie sauve ? La solidarité a-t-elle disparu chez nous ?  Ou serait-elle devenue un vain mot ?

Je sais que je vais recouvrer le sommeil. Je sais aussi que je continuerai à vivre en pensant à mon frère Claude. Mais, je voudrais qu’il n’y en ait plus d’autres Claude.

Je suis fatigué. Fatigué de compter mes amis assassinés. Fatigué de lire dans les journaux que des inconnus armés viennent de commettre un forfait et sont repartis cahin-caha.

Certaines sociétés célèbrent la vie lors même qu’elles doivent faire face au terrorisme. Nous, nous célébrons la banalité de la vie en tuant à crédit, pour s’acheter une bagnole ou pour se débarrasser d’un concurrent. Allons-nous tous périr comme des lâches sous les balles ou réaliser un grand coumbite pour enrayer ce fléau ?

 

Franck VANEUS, av.

 

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