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Haïti-Construction:des ouvriers du chantier de Morne-à-Cabris, pas bien traîtés (témoignage)

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Des ouvriers haïtiens, majoritairement venus de la République Dominicaine, via la compagnie HADOM, travaillant dans la construction de plus de 3000 maisonnettes au pied du Morne-à-Cabri, se plaignent des conditions de travail où ils sont sous-payés par leurs employeurs étrangers. Haiti Press Network a rencontré Dieubon et Teylor, deux des ouvriers haïtiens embauchés sur ce vaste chantier du gouvernement haïtien.

 

 

 

 

Les travaux de construction de 3600 maisonnettes érigées en aval du Morne-à-Cabri, localité proche de la commune de Thomazeau, se poursuivent timidement. Sur les 3600, 1250 maisonnettes sont en phase de finition, selon Taylor qui travaille dans la maçonnerie.

Dans ce lieu un peu désertique couvert de poussière et balayé par le vent, des ouvriers s’activent sous un soleil de plomb.

À deux pas de ceux-ci, un gamin d’environ 9 ans, pieds nus, vêtu en haillons observe d’un air innocent. Peter qui semble d’ailleurs ignorer son nom de famille est en quête d'un quelconque pain quotidien sur les lieux.

À quelques pas, des femmes à la recherche du boulot.

Plus loin, d’autres ouvriers plutôt libres, sont en conversation amicale à l’entrée d’un restaurant délabré. Là, se tiennent tranquillement debout Dieubon et Taylor, prêtent à partager leur point de vue par rapport au projet, mais également à témoigner de leurs déboires sur le chantier.

Car, la situation de ces jeunes ouvriers venant directement de la République dominicaine pour travailler, n’est pas du tout facile sur ce chantier, où les maisonnettes en cours de construction projettent l’image d’un champ de champignons.

« En République Dominicaine, nous sommes payés 1500 pesos, soit l'équivalent de 1500 gourdes haïtiennes par Basia (béton-coffrage d'une maisonnette), tandis qu'ici, les responsables de la firme (Dominicains) nous payent seulement 900 gourdes, prétextant que nous sommes chez-nous. Nous sommes payés suivant le nombre de Basias réalisés pour le mois », a fait savoir Teylor, avant de souligner que les ouvriers dominicains eux, sont régulièrement payés.

Pire, Dieubon et Teylor indiquent n’avoir pas un endroit où se reposer après une dure journée de travail. Une situation qui est tout à fait contraire pour les ouvriers dominicains qui bénéficient d’un traitement plutôt rationnel, laissent-t-ils comprendre.

« Autrefois, nous dormions à l’intérieur des maisons inachevées du chantier. Mais ces derniers temps, les responsables ne le veulent plus. Donc, nous sommes lâchés dans la nature. À côté de tout ça, après avoir fini de travailler, nous n’avons pas d’eau pour nous laver », se plaint Teylor, 26 ans.

Dieubon, 31 ans, travaille pour la première fois dans son pays, mais le traitement auquel il est soumis sur le chantier, est loin d’être comparable à celui qu’il bénéficiait en territoire voisin.

« Sur les chantiers en République Dominicaine, je peux avouer avoir vécu un minimum d'attention. Je trouve de l’eau en abondance pour me baigner. En plus, il y a des bus très confortables qui viennent chercher les ouvriers sur le chantier », nous explique-t-il difficilement en créole.

En dépit de tout, ces travailleurs qui se montrent très partisans du projet quoique selon eux, il y ait des failles, en raison de l’absence de supervision d'ingénieurs haïtiens, sont fiers et déterminés à travailler pour leur pays.

 

Alix Laroche

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Photo : Roseline Louis-Jeune

 

 

Mise à jour le Vendredi, 11 Janvier 2013 09:21  

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