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Haiti-Promodev : 3ème briefing sur le développement en Haïti (Résumé du rapport de briefing)

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La Promotion pour le développement (Promodev) avait organisé le 26 septembre dernier son troisième briefing sur le développement, autour du thème : le développement de l’aquaculture et de la pêche, une opportunité économique pour Haïti. Au cours  de cette activité, l’agronome Jean André Victor a été honoré pour sa collaboration avec l’organisation et son action dans le milieu. Haïti Press Network publie le résume du rapport de briefing (ci-dessous).

La promotion pour le développement (PROMODEV), de concert avec le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale des Pays ACP-UE (CTA), continue à soulever des interrogations sur des sujets cruciaux dans la société en organisant des forums sur des thèmes assez pertinents à travers le pays. Ainsi, a-t-elle réussi son troisième Briefing sur le développement pour l’année, à l’Hôtel Le Plaza, le jeudi 26 septembre 2013 et 245 personnes ont pris part à cet événement. Les personnalités et institutions représentées dans cette séance de réflexions sont parmi les mieux placées qui devraient s’investir dans la promotion d’une série d’activités qui se révèlent salvatrices pour Haïti. Entre autres, nous pouvons citer : le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), représenté par l’Agronome Jean Robert Badio ; le Ministère du Commerce et de l’Industrie, représenté par l’Agronome Reynold Ménager ; l’ONG nationale AQUADEV; la Fondation Verte ; le Bureau de l’Ordonnateur National de l’UE ; l’Institut National des Filières Agricoles ; des organisations de pêcheurs et de producteurs; le Group Croissance ; des étudiants ; des membres de la société civile et des techniciens et professionnels d’horizons divers.  Le Briefing no.3 est rendu possible  grâce à l’appui financier du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale des Pays ACP-UE (CTA).

Pour introduire les assises, il fallait assister aux remarques introductives du Représentant BON-UE, Agronome Allen Henry, du Directeur Général de Caribbean Haverst, Monsieur Valentin Abé, du Président de la PROMODEV, Agronome Robert Viaud, du Représentant du Ministère de l’Agriculture, Agronome Jean Robert Badio et du Secrétaire Général, Agronome Talot Bertrand. Ce dernier a expliqué le contexte et les objectifs d’une telle activité tout en établissant le bien fondé du Briefing en Haïti en lien avec les briefings du CTA à Bruxelles et a déclaré ouvertes les assises du 26 septembre 2013.

Après ces remarques,  la PROMODEV a profité de l’occasion pour matérialiser sa campagne de promotion et de valorisation des cadres en Haïti en honorant l’infatigable Agro-écojuriste Jean André Victor en lui remettant une plaque d’honneur et mérite baptisée : Prix de l’Agronome Engagé.

Pour le troisième briefing, deux panels ont été constitués pour faciliter les échanges d’informations et de connaissances :
Panel I
Le premier panel était composé de cinq (5) intervenants qui traitaient chacun un sujet différent.
a) Jean Robert Badio du MARNDR traitait : ‘‘Le développement de l’aquaculture en Haïti, état des lieux et perspectives’’ ;
b) Kesner Pharel du Group Croissance: ‘‘Apports et contributions de la chaine de valeurs dans le secteur agricole en Haïti’’
c) Valentin Abé de Caribean Harvest : ‘‘Expériences de projets de stations aquacoles  en Haïti, contraintes, opportunités et leçons apprises’’ ;
d) Manuella Jean-Pierre Darismar et Jean Bernabé Délanton de Fondation Verte : ‘‘Roles et importances des mangroves dans la pêche en Haïti’’ ;
e) Erline Mesadieu Coulanges : ‘‘Comment renforcer l’aquaculture et la pêche en Haïti vers des qualités nutritionnelles ?. Ces sujets sont tirés du sous-thème : développement de l’aquaculture et de la pêche

Intervention de Jean Robert Badio
Dans son exposé, le Représentant du Ministère de l’Agriculture a souligné que l’aquaculture est vielle de 63 ans en Haïti. Il y a 1.6 ha d’aquaculture pour 400 tonnes de poissons, alors qu’il y a 23.000 ha de plans d’eau, qui rapportent au pays 1.6 million de dollars US par an. Près de 3.000 familles vivent de cette culture, en élevant plusieurs variétés. Nous avons trois grands plans d’eau naturels : le Lac Azuei, 11.500 ha ; l’étang de Miragoane, 1.130 ha ; Péligre, 2.750 ha, et les zones potentielles pour l’aquaculture sont : le Plateau central, le Nord’Est, l’Ouest et le Sud. En fin il encourage les gens à pratiquer l’aquaculture, à procurer un bassin à cette fin.

Intervention de Kesner Pharel
Selon le PDG du Group Croissance, il faut transformer le secteur agricole en créant de l’agribusiness et produire de manière sophistiquée, changer la façon de commercialiser les produits et tenir compte de tous les éléments dans la chaine de la production, passant par la transformation jusqu’à la commercialisation. Il a ajouté que l’agriculture est trop importante pour l’abandonner seulement aux agronomes.

Intervention de Valentin Abé
L’aquaculture en Haïti est un secteur prometteur, elle offre des opportunités, mais présente des difficultés en même temps. Le pays a des contraintes géographiques, car seulement 20 % du pays sont en plaine, il faudrait des technologies modernes pour intervenir à ce niveau. Il y a d’autres problèmes à résoudre tels que : l’énergie, la sécurité, l’exode rurale, la politique de la petite agriculture, les tarifs douaniers etc.

Intervention de Manuelle Jean-Pierre Darismar
Parmi les problèmes à résoudre, il faut souligner l’importance des mangroves qui sont une sorte de maternité pour les poissons, alors qu’on les abat sans contrôle. Il faut une intervention de l’Etat pour freiner l’exploitation de la mangrove qui est la nurserie des poissons. On l’exploite pour faire du charbon, on l’utilise comme fourrage et on y déverse des déchets. Dans ces cas-là, la quantité de poissons qu’on pourrait espérer de cette espace diminue considérablement ou disparait tout simplement.

Intervention de Erline Mésadieu Coulanges
Les poissons représentent une source incalculable d’éléments nutritifs. Ils donnent 15 % d’apport en protéines pour 4.3 millions de personnes, ils aident à combattre la malnutrition chronique, la malnutrition aigue et l’insuffisance pondérale. Ils ont la même composition que la viande, mais moins gras. Ils préviennent des maladies cardiovasculaires, il faudrait consommer le poisson au moins deux fois par semaine pour une bonne nutrition.

Somme toute, ce panel nous enseigne que l’agriculture n’est pas seulement une affaire des agronomes, tout le monde doit s’y investir d’une façon ou d’une autre, dans la chaine de valeurs. Il faut renforcer le secteur en créant des entreprises de transformation des produits, former les entrepreneurs, changer la façon de faire la commercialisation des produits. Il faut une bonne organisation pour développer une société, la pêche a aussi besoin d’être organisée.


Panel II
Le Panel était constitué de :
•    Dr Jean André Victor, Agro-Écotouriste qui traitait le sujet : « Importance économique de la pêche dans le développement économique en Haïti »
•    M. Max Bordey et Mme Elizabeth César Tovar, propriétaires d’un organisme (AQUADEV) de pêche dans la région des Palmes, lesquels ont débattu le sujet : « Impacts du projet d’appui pêche artisanale dans les Palmes et l’île de la Gonâve »
•    Agr. Reynold Ménager du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), qui a abordé le sujet: « Commercialisation des produits de l’aquaculture et de pêche : enjeux et mesure d’incitation pour la consommation locale »

Intervention du Dr Jean André Victor
Au cours de son exposé, l’Agronome Jean André Victor, à l’instar des panélistes qui l’ont précédé et succédé n’a pas cessé de faire comprendre que le développement de l’aquaculture et de la pêche peut être une grande opportunité économique et de création de richesse pour Haïti, moyennant une politique stratégique bien définie par l’État.
Son intervention s’est particulièrement basée sur trois points centraux : la mer qui, d’après lui, constitue une énorme source de richesse en gaspillage ; les contraintes et l’absence de volonté manifeste pour une bonne exploitation des produits maritimes et enfin, les attitudes à adopter les uns vis-à-vis les autres dans le secteur.
Constat : Tout en déplorant l’absence d’infrastructures et de matériels nécessaires dans le secteur tels par exemple : écoles et bateaux de pêche, méthodes modernes de pêche, bonnes organisations sociales de la pêche, politique stratégique, le Dr Victor dit avoir jugé impérieuse, l’exploitation de la mer qui occupe la plus grande surface de la terre, si l’on veut déboucher sur des opportunités économiques et de richesse en Haïti.

Intervention de Max Bordey et d’Elizabeth César Tovar
Ces deux panélistes ont exposé leurs expériences vécues à travers la vie associative et un organisme de pêche (AQUADEV) qui ont permis de revaloriser un peu la filière de la pêche dans la région des Palmes, grâce à une technique dénommée : Dispositif de concentration de poissons (DCP) mise en place depuis environ 10 ans.
Toutefois, ils ont souligné certains problèmes rencontrés sur le terrain. Ils ont noté l’absence d’encadrement aux associations de pêcheurs ; manque de matériels équipés, manque de formation et gestion insuffisante des ressources. Max Bordey a particulièrement mis l’accent sur l’absence d’organisation et de la gestion des zones côtières haïtiennes, notamment l’environnement maritime.
Propositions : Max et Elizabeth proposent à l’État de tirer leçons des expériences positives d’AQUADEV pour le développement réel de la filière de la pêche dans le pays.

Intervention de l’Agr. Reynold Ménager
Reynold Ménager, cadre du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a quant à lui tenu son exposé sur la « Commercialisation des produits de l’aquaculture et de pêche : enjeux et mesure d’incitation pour la consommation locale ».
Au cours de son intervention, il s’est accentué sur la méthode de gestion de la pêche, les grands défis du secteur et la qualité qui, dit-il, constitue dans le commerce, un élément fondamentalement important dans la production.
Il a informé du dépôt de deux projets de loi depuis 2007 au Parlement par le Ministère du Commerce n’ayant jamais été votés. L’un sur la protection des consommateurs et l’autre sur les denrées alimentaires. Parlant de mesures incitatives, il a indiqué que le Ministère du Commerce travaille actuellement à travers son Bureau haïtien de normalisation sur des normes haïtiennes pour les poissons en conserve, visant la vente des produits de qualité sur le marché local et de l’extérieur. À cette fin, le MCI entend inciter le Parlement à voter les projets de loi précités.
Il recommande par ailleurs de sensibiliser les acteurs agissant dans la chaine de production, d’organiser notre marché et inciter la population à consommer les produits locaux, de respecter la santé des consommateurs, d’améliorer la gestion des risques et de qualité des produits offerts.

En guise de conclusion
L’indice de développement humain qui combine la santé, l’éducation et le revenu, classe Haïti à la 158e place sur 187 pays de la planète. Que peut-on faire pour sortir de cette situation ? Si on met en pratique les théories débattues dans les deux panels ci-dessus, ne sera-ce pas un départ vers un changement réel au niveau de la sécurité alimentaire, le revenu, la santé et même l’éducation ? Car, avec un revenu intéressant on peut payer pour avoir l’éducation et les soins nécessaires. Les poissons procurent une bonne santé dans une certaine mesure.
Il faut dire en peu de mots que ce 3e Briefing de la PROMODEV et du CTA a permis de faire un état des lieux du secteur agricole, un équilibre entre la production et la protection dans le secteur, la nécessité pour l’État d’encadrer les agents du secteur, une bonne gestion des ressources humaines et financières, mais aussi économiques et techniques.
Parler de développement économique en Haïti revient à faire des choix stratégiques comme l’aquaculture et la pêche. Parler de sécurité alimentaire revient à permettre à toute la population de consommer les fruits de mer, particulièrement les poissons. Il est vrai que le poisson se révèle un produit relativement cher en Haïti, ça dépend encore de nos choix de valoriser tel secteur par rapport à tel autre. On ne promeut pas l’aquaculture et la pêche afin de rendre les poissons accessibles aux dix millions d’haïtiens. Pourtant ce serait possible, car nous avons la potentialité. Les autorités devraient offrir leur soutien aux régions de pêche avec une nouvelle approche, de concert avec d’autres partenaires impliqués dans le secteur agricole en Haïti. Si on capitalise sur l’ensemble des ressources du pays, on favorisera le développement d’Haïti. Cette action consiste en l’investissement de capitaux dans le secteur, au renforcement des organisations œuvrant dans le domaine, l’encouragement des individus à pratiquer la pêche et l’aquaculture dans nos 32.000 km2 d’espace maritime et nos 20 % de plaine correspondant à l’aquaculture. C’est alors qu’on verra augmenter notre économie et nous nous rendrons compte que le développement de l’aquaculture et la pêche est vraiment une opportunité économique pour Haïti.
A l’issu de chaque intervention, des recommandations ont été formulées. Au terme du briefing, on a pu retenir les plus pertinentes pour introduire dans ce rapport :
•    Soutenant la nécessité pour l’État de prendre en main la gouvernance du secteur agricole qu’est sérieusement menacé, il propose aux autorités concernées de mettre à la disposition de chaque département du pays, sauf le Plateau Central, au moins un bateau de pêche ; de créer des écoles de pêche et d’industries de poisson ; de faire respecter les lois et les conventions régissant le secteur et de créer une banque de crédit pour la pêche et l’aquaculture.
•    Exploiter les zones potentielles à l’aquaculture pour la développer
•    Investir des capitaux dans le secteur pour en tirer des profits
•    Construire des bassins familiaux pour l’aquaculture
•    Mettre en place un cadre légal pour la pratique de ces activités et la faire respecter.
•    Améliorer les conditions environnementales
•    Renforcer les structures étatiques pour réguler le secteur
•    Procurer le pays d’équipements adaptés pour la pêche et de l’aquaculture


Talot Bertrand, Ing-Agr.
Spécialiste en Education Relative à l’Environnement


 

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