2010-2019 : Au plan touristique, un bilan mitigé pour Haïti

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Des tops, des flots, du bon et du mauvais, les véritables caractéristiques de la dernière décennie au plan touristique pour Haïti. Marquée par le cataclysme inédit du 12 janvier 2010, Haïti via son  tourisme en tout début ne pouvait pas trop espérer. Pour ainsi dire, 2010 l’année du tremblement de terre et celle d’après occasionnant certes des visites humanitaires vers le pays ont eu peu d’incidences remarquables sur l’industrie.

Une vague de nouvelles réjouissantes sur le pays survient avec la montée de l’administration de Michel Joseph Martelly en mai 2011. En effet, à partir d’octobre 2011, le gouvernement haïtien issu d’élections vendait le message d’une Haïti ouverte pour le business. L’industrie touristique allait bénéficier de l’effet minimal de cette annonce effectuée à grands renforts de publicité à travers le monde.

Une campagne de promotion de la destination Haïti visant à présenter le pays sur de nouveaux fronts a réussi à atteindre la planète. En effet, des journalistes spécialisés dans le domaine, professionnels de l’industrie voyage et illustres développeurs touristiques ont foulé le sol de Dessalines entre 2012 et 2014. Le gouvernement haïtien a aussi mis au grand jour ces ambitions dans la construction de grands projets touristiques en témoigne celui de la destination touristique de l’Ile à Vache. Ce dernier fut le projet phare du gouvernement du Premier Ministre Laurent Lamothe estimé à une enveloppe d’environ 200 millions de dollars américains. Ledit projet a été indexé dans les rapports de la cour des comptes sur la dilapidation des fonds Petrocaribre comme étant un vrai gâchis.

En termes de réalisations du secteur public étatique, Haïti est devenue plus accessible par voie aérienne aux visiteurs issus d’autres États avec l’inauguration d’un deuxième aéroport international celui de Hugo Chavez dans la ville du Cap-Haïtien. Des aménagements peu significatifs au niveau de certains sites touristiques à travers le pays en vue de les mettre en valeur.

 

La grande campagne de promotion des investissements étrangers vers Haïti a favorisé l’agrandissement du parc hôtelier haïtien. Un nombre intéressant d’hôtels a été construit atteignant ainsi plus de dix (10) mille chambres d’hôtels de standard environ recensées dans le pays. De grosses marques dont NH, Occidentals, Mariott, Decameron, Best Western ont garni l’hôtellerie dans le pays au cours des dix dernières années.

L’instabilité socio-politique chronique de l’année 2016 à date a fait chuter la croissance tant du nombre des arrivées dans le pays atteignant avant environ 1.2 millions (visiteurs de séjours et croisiéristes) par année. C’est l’instabilité retenue comme étant la principale cause des avis répétitifs de ne pas venir en Haïti lancés par de grands pays émetteurs de touristes. Elle reste le handicap majeur au développement touristique d’Haïti.

La décennie s’est achevée par la montée des propositions des tour-opérateurs locaux, l’explosion de la formation professionnelle et universitaire dans le tourisme et la réalisation de quelques initiatives innovantes dans quelques-uns des sous-secteurs dans le tourisme.

 

En somme, Haïti peine à se tailler une petite place comme destination touristique de la zone Caraïbe qui reçoit en moyenne 27 millions de touristes environ par an. Même avec la République Dominicaine voisine qui reçoit 7 millions de touristes en moyenne annuellement environ, le pays n’est  pas en mesure de tenir la compétition.

 

Avec les derniers événements politiques, la situation devra s'empirer avec la fermeture de plusieurs Hôtels notamment BEST WESTERN à Petion Ville sans oublier le renvoi de plusieurs travailleurs du secteur sur la cote des Arcadins.

 

 

Godson LUBRUN
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