Haïti-Animal: Vers la disparition lente de la race équine !

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Étrangement, le cheval appelé curieusement chameau dans le Nord-Est, le mulet et l’âne qui étaient jadis le moyen de transport par excellence de l’homme, sont devenus drôlement aujourd’hui des animaux à abattre par des Haïtiens pour la consommation directe de leur chair, sans aucun contrôle sanitaire. Cette pratique est observée surtout dans le Nord et le Nord-Est  d’Haïti, mais qui remonte aujourd’hui au Plateau Central, a constaté Haiti Press Network.

« Cette espèce d’animal qui fait partie de la race équine comme le zèbre qui n’existe pas en Haïti, tend à disparaître. Peut-être qu’on aura à expliquer à nos enfants dans un futur proche que ces animaux existaient dans le pays. Mais ceux-ci risqueraient de ne pas les voir si rien n’est fait par l’État pour stopper l’hémorragie », crie une experte qui travaille dans le secteur santé et reproduction animale dans le Plateau central pour le compte du ministère de l’Agriculture.

Myrla Charles, cette jeune professionnelle haïtienne qui a décroché une maîtrise en développement durable au Costa-Rica, est médecin vétérinaire travaillant dans ce domaine depuis environ 10 ans en Haïti. C’est comme un cri d’alarme qu’elle a lancé à l’État, lors d’une entrevue exclusive accordée à HPN, le mardi 25 septembre, concernant la consommation abusive de la viande de ces animaux. Une viande, devenue bizarrement dans certaines régions du pays, très consommable presqu’à un rythme mieux prisé que le cabri, le bœuf, le porc et les volailles comme le poulet de chair.

« Il n’y avait pas de centres de reproduction des chevaux, des mulets et des ânes en Haïti qui se reproduisent malheureusement sur une période assez longue (11 à 12 mois de gestation). Ce qui signifie que ces bêtes n’ont jamais été en grande quantité dans le pays par rapport à la race bovine qu’est le bœuf. Donc, la pratique de consommation directe de la viande de ces herbivores risque de créer un problème majeur qu’est leur disparition totale.

Chose certaine, c’est que les chevaux, les mulets (race hybride/produit de cheval et d’ânesse), demeurent les moyens de transport dans les milieux ruraux très reculés et difficiles d’accès où les routes vicinales devant déboucher dans les champs et les plantations n’existent point. 

« Sans ces animaux qu’on prend le malin plaisir à tuer, à voler pour tuer et à consommer sans réserves, les productions agricoles et les denrées des paysans dans les confins du pays, risquent de ne plus être transportés vers les milieux urbains », prévient Myrla Charles, laquelle dit avoir rapporté les faits au ministère de l’Agriculture, mais aucune réponse appropriée n’a encore été donnée.

Myrla Charles nous informe en outre avoir vu les vendredis, jour de marché à Thomassique  (Centre), l’embarquement des camions de bétails ayant parmi eux, des chevaux, des ânes et des mulets à destination de Port-au-Prince. Ce qui laisse entendre, déduit-elle, qu'il y a des endroits restant encore obscures à la capitale où l’on achète ces animaux pour faire on ne sait quoi.

Geeb’s Noël, un citoyen très avisé travaillant de le secteur éducatif, nous indique avoir connu un endroit à Delmas 19 où l’on vend et consomme de la viande du cheval. 

Pire, l’exploitation à outrance pour la consommation de ces animaux (chevaux, mulets, ânes), engendre, en raison de leur valeur instantanée, une pratique de vol sans précédent dans les milieux ruraux, a appris à l’Agence la professionnelle en médecine vétérinaire.

D’après elle, pour diminuer le vol de ces animaux qui tend à poser de sérieux problèmes dans les régions où cette pratique est identifiée, le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) doit mettre sur pied un programme d’identification de ces bêtes à l’aide d’anneaux, tel qu’on l’avait fait pour la race bovine à savoir les bœufs.    

Par ailleurs, Myrla Charles dit croire que le MARNDR, institution étatique chargée de réguler le secteur, doit aussi prendre urgemment toutes les dispositions nécessaires pour protéger la race équine et éviter la disparition lente du cheval, du mulet et de l’âne dans cette partie de l’ile. Les responsables de la protection des bétails doivent également jouer pleinement leur rôle et assumer leur responsabilité vis-à-vis des paysans pour la plupart qui ne savent ni lire ni écrire.

Alix Laroche

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