Haïti-Insécurité : L'économie haïtienne terriblement atteinte !

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De nombreuses familles sont appauvries en versant de fortes sommes d'argent pour trouver la libération contre rançon de leurs proches enlevés par des ravisseurs à la capitale. Une situation d'insécurité qui, non seulement décapitalise des foyers, mais creuse également un trou dans le secteur économique, par le ralentissement des activités dans les espaces de divertissement qui fonctionnent généralement la nuit. Les clubs, les restaurants-dansant, les bars, les hôtels sont menacés par cette vague d'insécurité qui frappe la région métropolitaine. Ce qui met l'avenir de nombreux employés en péril dans ces entreprises, constate Haiti Press Network.

« Les clients étaient déjà rares. Ils sont absents ces derniers jours. Les gens ont peur de sortir le soir sans grande nécessité. Les activités sont au point mort chez moi. Pourtant, j’ai un personnel à payer. J’utilise, faute du courant de ville, du carburant pour faire fonctionner un groupe électrogène afin de conserver au frais des préparations culinaires. Des préparatifs pour des clients qui ne viennent pas », a déclaré un propriétaire d’un restaurant généralement très prisé à Pétion-Ville.

Néanmoins, cet investisseur n’est pas la seule victime dans ce secteur. Des hommes et des femmes d’affaires reçoivent très peu de clients surtout le soir venu, à cause de l’insécurité qui prend cette tournure vertigineuse. D’autres petits entrepreneurs du même type s’en plaignent également. Les activités nocturnes sont considérablement ralenties. 

« Les gens étaient déjà en proie à une morosité économique, voilà que l’accélération de la machine qui ne transporte que des escadrons de l’insécurité à bord vient aggraver la situation. On n’a même pas le droit à la détente et la distraction dans un pays. Le stress va continuer à provoquer toutes sortes de maladies chez nous », opine un client rencontré au restaurant qui a requis l’anonymat.   

Les conséquences de l'inconséquence de l’État

Après l’opération dit « pays lock » qui a duré environ trois mois, la population haïtienne est toujours sur le qui-vive. Un début d’année 2020 qui arrive avec ses peines, ses pleurs et ses regrets face à un phénomène de kidnapping en série qui prend une autre forme dans la société. Port-au-Prince a peur. Très peur. L’ombre de la terreur rode dans tous les coins de la ville.

Personne ne fait presque confiance à personne dans ce climat de confusion où la résurgence de l’insécurité inquiète même les petits enfants qui prennent le chemin de l’école. Personne n’est à l’abri et pas une journée ne passe sans un nouveau cas d'enlèvement. La peur hante les esprits  perturbés par des nouvelles sans cesse croissantes d’enlèvement.

D’après un expert en sécurité publique qui intervenait sur les ondes d’une station de radio de la capitale, cette situation d’insécurité que connaît le pays, particulièrement la région métropolitaine ces derniers jours, a réduit considérablement le droit à la libre circulation des gens. De peur d’être kidnappés par des malfrats sans foi ni loi assoiffés d’argent et de sang, les déplacements sont limités. Ce qui entraîne, soutient-il, des préjudices graves au droit de l’individu de circuler librement.  

Intervenant sur les ondes de radio RCH 2000 au cours de la semaine, l’économiste Enomy Germain a fait comprendre, comment par ce climat d’insécurité, le secteur économique peut subir une mauvaise frappe.

Les touristes, laisse-t-il comprendre, hésitent de fréquenter le pays dans de telles situations de panique généralisée. Ce qui diminue considérablement les chiffres d’affaires des hôtels qui ne comptent que sur des gens qui arrivent de l’étranger et/ou la location pour réunions locales dans leurs salles de conférence. Devant ce fait, des investisseurs hésiteraient avec raison, d'investir leurs capitaux, avance-t-il.

Pour Enomy Germain, le pays patauge toujours malheureusement dans un bassin d’insécurité depuis des lustres. Il n’y a que des moments de répit. Il croit que le phénomène de kidnapping observé ces jours-ci prouve la manifestation évidente de l’insécurité dans le pays.

Combien de personnes qui vont être enlevées dans les prochaines heures? Personne n’a la réponse à cette interrogation. Entre-temps, même si la présence de la police est plus remarquée dans certaines zones de la capitale, notamment dans l’aile sud de la ville où la violence fait rage, de nombreuses personnes restent dubitatives quant à la garantie de leur sécurité, compte tenu du fait que les gangs armés, disent-elles, détiennent encore armes et munitions.

Alix Laroche

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