Haïti-Société : De l’arbre-véritable, du manioc, de la banane, de la patate…bouillis à manger dans les rues de Port-au-Prince

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La précarité socio-économique force de plus en plus d'Haïtiens à s’ériger en débrouillards et d’autres en clients potentiels dans le pays. La capitale déborde. Les choses à manger offertes en veux-tu en voilà dans les rues de Port-au-Prince se multiplient et se diversifient ces temps-ci. L’offre est à la portée des petites bourses. Au fur et à mesure que la vie devient plus dure, les clients augmentent aussi, constate Haiti Press Network.

Aujourd’hui, avec l’inflation vertigineuse en Haïti, où la gestion du quotidien est synonyme de vivre en enfer pour la majorité de la population, manger même comme on peut devient un vrai luxe. Face à cette situation, le recours au minimum semblerait être la priorité.

Le pouvoir d’achat est inexistant dans cette société où la majorité de la population en âge de travailler est au chômage. Avec la flambée des prix qui ronge pères et mères de famille, il faut au moins de nos jours, 150 gourdes pour avoir un plat de nourriture communément appelé : « chen janbe ». Pour un petit « pâté kòde », l’achat nécessite minimum un débours de 50, 75 à 100 gourdes.

Dans ce cas, un à deux morceaux de manioc bouilli ou, dans le cas contraire, deux patates bouillies paraissent plus abordables. On en offre dans la rue à l’instar d’une multitude d’autres produits.

Mardi 14 janvier. 9h30 du matin. Annette prend déjà place dans une rue très fréquentée à Pétion-Ville, transformée tristement en marché public depuis quelque temps sous les yeux impuissants des autorités municipales. Sans tenir compte du danger qui pèse sur sa tête au cas où le système de freinage d’un véhicule aurait été lâché, elle offre, presqu’au beau milieu de la rue, du manioc bouilli.

Un tubercule, apparemment très consommé surtout par des petites bourses qui ne peuvent s’offrir que peu en termes de nourriture, quand il s’agit de gérer un petit creux à l’estomac.  

A côté d’Annette, au péril de leur vie aussi, d’autres femmes offrent la même chose. Il y en a qui offrent de la patate douce également. Néanmoins, sans sauce. Un petit commerce qui n’épargne même pas les hommes, remarquons-nous. Car, ils sont nombreux à en offrir également parmi les débrouillards qui entravent rues et trottoirs de certaines agglomérations de l’aire métropolitaine. La brouette est le principal contenant de ces hommes. Tandis que, les femmes s’en servent généralement d’une cuvette, observons-nous.

« Ce commerce de manioc bouilli ne me rapporte pas gros. Mais cela me permet d’acheter du pain pour nourrir mes enfants. C’est un passe-temps ! Il faut le dire. Heureusement, les gens en font cas », nous siffle gentiment Annette, interrogée par HPN.

Quant aux consommateurs, ils en mangent pour deux raisons, apprenons-nous. Pour apaiser la faim, mais aussi pour emmagasiner de l’amidon. Car, le manioc, nous laisse comprendre Dr Fabienne, riche en amidon peut procurer des bienfaits sanitaires à l’humain.

De toute évidence, si ce tubercule était utilisé beaucoup plus jadis pour la production de la cassave, aujourd’hui les circonstances précaires de la vie obligent nombre d’Haïtiens à consommer dans les rues le manioc un peu plus bouilli. « Cela permet d’économiser du temps et d’énergie en termes de préparation par rapport à la cassave. Donc, moins de fatigue pour un manger vite fait », avance un consommateur. Du manioc doux bouilli, les gens en grignotent sérieusement dans les rues. Ce, sans se soucier des conditions d’hygiène dans lesquelles la cuisson est faite.

Texte et photo : Alix Laroche

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