Haiti-histoire: La lutte de l’indépendance d’Haïti un modèle à suivre …

Sociéte
Typographie

 

 

 

Les Indiens étaient les premiers esclaves de la colonie Hispaniola ou d’Ayiti. Pour les remplacer, les colons ont fait venir d’Afrique, les esclaves noirs. Une fois  «transplantés» dans la colonie, vu leur condition de travail et d’existence, ils se sont rebellés. Ils ont bénéficié un appui considérable du Cacique Henri, qui, grand connaisseur de l'Ile et de la science indienne, a ouvert des espaces symboliques et physiques pour leur intégration. Les esclaves noirs se rallient aux autres esclaves indiens afin d’effectuer des attaques de guérilla. Pour ainsi dire, l’esclavage a eu une résistance active et organisée par les Africains et les Indiens. Mais, Nicolas OVANDO était contre une telle résistance, il était même tombé des nues face à la fierté naturelle et à l’esprit de révolte des esclaves indiens et africains. Il faut dire, face aux tortures et aux fouets, les esclaves indiens n’ont pas pu résister, et ils sont morts en grand nombre. C’est ce que l’histoire retient sous la désignation l'«extermination des Indiens». La deuxième période coloniale est devenue française. Hispaniola devenait Saint-Domingue, les Français ont mis en place une véritable politique « mercantiliste », c’était une stratégie politique agricole fondée sur la multiplication des plantations de tabac, d’épices et cannes à sucre, de l’or … où les esclaves africains étaient considérés comme les principales forces productives de la colonie.

 

 Les esclaves face à une telle politique n’ont pas baissé les bras, certains d’entre eux ont organisé des mouvements individuels et collectifs afin d’arriver à la Proclamation de l’Indépendance d’Haïti.

 

Les mouvements individuels des esclaves

 

 Les esclaves noirs qui avaient pratiqué le marronnage  n’étaient pas tombés du ciel, mais leur situation inhumaine dans les champs, les ont poussés à prendre conscience de leur état de fait « l’histoire du marronnage Zabeth illustre bien cette prise de conscience ». Aujourd’hui même si on assiste à un réveil des Haïtiens via le mouvement  social actuel, la majorité des Haïtiens n’ont pas encore conscience de leur état, de leur situation de pauvreté, et la question qui se pose consiste à nous demander comment se fait-il que le mouvement ne dégage pas encore un véritable leader ? Cependant, le mouvement individuel des esclaves de Saint-Domingue avait dégagé bon nombre de leaders afin de susciter la révolte des esclaves. C’est ainsi que Mackandal comme esclave rebelle et engagé qui était dans le Nord de Saint- Domingue, prédicateur de son état et un connaisseur des propriétés des plantes, a été parmi les premiers à prononcer le mot de liberté ouvertement dans la colonie. Il jouait un rôle d’instigateur qui poussait les esclaves à s’unir et à s’organiser en vue de se révolter contre le système d’esclavage. Il devenait manchot suite à son accident dans un moulin qui emportait son bras jusqu’à l’épaule. Après son accident,  les colons commandeurs ont peur de lui, à chaque fois qu’il passait tout près de leurs domaines, à cause de sa force mystique et de sa capacité à composer des poisons. Finalement, ils l’ont éliminé, mais après sa disparation son mouvement, le «makandalisme », reste et demeure une motivation de liberté pour ses adeptes, et en dehors de tout cela, une nouvelle forme de pensée de l’art révolutionnaire a pris naissance, après le retour de la guerre de Savannah et de la Géorgie des combattants indigènes. Tout cela a suscité un vaste mouvement de révolte dans la colonie. La France, pour renforcer son autorité, a envoyé le 22 novembre 1789 une première commission civile dans l’ile. Et en même temps, Boukman fidèle à l’idéologie de Mackandal, préparait une révolte à nulle autre pareille avec la participation de nombreux leaders des esclaves : Toussaint, Papillon, Jeannot, Biassou, Cécile, Jean- François, Fatima … C’est un mouvement qui avait été bien organisée, il avait même un comité de soldats de résistance. Le but de son projet a été  de conscientiser les affranchis, les petits blancs, les esclaves des champs et domestiques en vue de s’unir pour lutter contre les colons après 218 ans de violence morale et physique, de sévices, et de déshumanisation.

 

 Cette cérémonie a eu lieu dans la nuit du 14 aout 1791 au Morne Rouge, Boukman le prête du Vaudou et les esclaves ont décidé de vivre « libre ou mourir ».
La Cérémonie du Bois Caïman n’était pas n’importe quel rituel, elle a été symbolique et mystique où les dieux tutélaires étaient présents, un tournant dans la révolte des esclaves, elle a même débouché sur
la Révolution des esclaves.

 

Les mouvements collectifs des esclaves

 

Après la cérémonie historique du Bois Caïman, nos ancêtres n’ont pas tardé à réagir, huit jours après ce congrès, particulièrement le 22 et 23 aout 1791, la colonie de Saint-Domingue avait connu un soulèvement général, où les esclaves munis de piques, machettes, bâtons, ont incendié des centaines de plantations de canne à sucre, de café, des guildives … Beaucoup de colons étaient morts, car, ils étaient dépassés par les évènements. Dans le mouvement, Boukman atteint d’un projectile, n’arrive pas à se défendre, il a été capturé. À ce moment-là, Toussaint LOUVERTURE a assuré la relève, un leader stratège, un Spartacus, un homme qui avait une grande habileté en matière politique. Il a créé la première institution du pays, « l’armée indigène », ou l’armée révolutionnaire, ou l’armée de la liberté qui avait, en grande partie, des jeunes soldats-cultivateurs. Pour ainsi dire, Toussaint était un chef de file auprès des insurgés. Tout cela a fait de lui, un homme à éliminer par la métropole. C’est ainsi que le 11 juin 1802, le précurseur de notre indépendance, Toussaint qui réagissait de par son tact, son intelligence, sa vision de liberté et de l’indépendance d’Haïti a été arrêté et déporté en France sur l’ordre de Napoléon BONAPARTE, exécuté par Leclerc. Une fois, arrivé en France, il a été emprisonné sans jugement au Fort de Joux, de là il rendait l’âme le 7 avril 1803, bien avant de la grande bataille de Vertières et de la Proclamation de notre Indépendance.

 

            Après sa déportation pour la France, Dessalines le radical l’a remplacé, il a pris le commandement de l’armée indigène, la machine de la Révolution qui était déjà en marche, c’était intensifié, c’est ainsi, le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières s’était engagée par nos ancêtres, il avait toute une organisation mise en place par nos ancêtres afin de gagner cette grande bataille qui nous conduit à notre Indépendance. Finalement, après plusieurs batailles (la bataille de la ravine à Couleuvre, de la Crète à Pierrot …), celle de Vertières a été un tournant décisif dans notre histoire et le tombeau du système esclavagiste, nos ancêtres ont connu la gloire, parce qu’ils ont remporté la victoire sur la plus grande armée de l’époque. Il faut signaler que c’est la seule défaite de l’armée napoléonienne que les historiens français n’aient jamais mentionnée dans aucun livre d'histoire de la France.

 

 Après cette grande victoire, le 1er janvier 1804 a été la Proclamation officielle de l’Indépendance d’Haïti, une jeune Nation est née, Haïti devient la première Nation nègre libre et indépendante du monde, nos ancêtres ont défié l’ordre mondial de l’époque, c’était la rupture avec un système d’exploitation de l’homme par l’homme. C’est pour cela qu’Haïti a été l’objet de la suspicion internationale, est considérée aujourd’hui encore comme « une brebis galeuse », comme un pays à éviter, un exemple à ne pas suivre.

 

 Si nos ancêtres avaient peur d’affronter le système esclavagiste, nous n’aurions jamais notre Indépendance, voilà pourquoi aujourd’hui qu’il faut combattre et chambarder le système en place qui est basé sur la corruption et l’apartheid et qui ronge Haïti depuis plus passé de 200 ans.

 

Il faut signaler que le plus grand malheur des Haïtiens, c’était la mort de Dessalines en 1806, c’était la mort de toute une vision politique, économique et sociale basée sur un projet de société, projet d’unité nationale. Malheureusement, en Haïti quand quelqu’un symbolise le changement réel, il y a toujours une force obscure qui cherche à l’éliminer, les Haïtiens doivent s’unir afin d’éliminer les querelles politiques, la méfiance, la haine, l’hypocrisie, la pauvreté grandissante … Pour qu’on repense finalement l’État et la Nation haïtienne.

 

Au final, ce rappel historique n’est pas innocent, c’est pour faire savoir qu’Haïti ne peut pas sortir de son sous-développement sans passer par une conscience collective via une unité de toute les forces vives de la Nation, en vue de surpasser toutes les crises (crise de confiance, du processus de démocratisation, de la modernité, de la consolidation de la classe moyenne, de la famille, de l’Education, de la classe politique et des partis politiques, électorale, économique, structurelle, etc.) que nous avons connues au 19e  et au 20e siècle.

 

C’est à défaut de cette unité que nous n’arrivons pas à chambarder le système corrompu et d’exclusion en place. Une autre Haïti est possible par rapport à une unité nationale. C’était grâce à l’union des noirs et des mulâtres que nos ancêtres arrivaient à vaincre l’armée de Napoléon. Avec cette grande victoire, «Jean Jacques DESSALINES » a  su faire la révolution politique, mais son assassinat ne lui donnait pas l’opportunité d’instaurer la révolution sociale et économique en Haïti. C’est pour cela qu’aujourd’hui, il y a un écart considérable entre les classes sociales. Au lieu d’embourgeoiser la classe moyenne et populaire, on constate de préférence que la classe moyenne haïtienne est en voie de disparition, et la classe populaire est appauvrie davantage. Notre Haïti doit sortir de cette pauvreté, de l’inégalité sociale et l’injustice sociale, mais pour le faire, il faut qu’on élabore un projet de société ou un pacte de gouvernabilité par l’intermédiaire d’une vraie conférence nationale à l’haïtienne qui a pour objectif de refonder de l’État haïtien et l’être haïtien ou l’âme haïtienne, la structure économique en Haïti, l’organisation sociale en Haïti et le régime politique haïtien… Terminons sur cette citation du professeur Théophile Obenga tirée de son livre : La géométrie égyptienne, « Aucun peuple du monde qui vit aujourd’hui n’ignore ou ne feint d’ignorer son passé, son histoire. Tout peuple du monde qui vit aujourd’hui vit avec sa mémoire culturelle. Il est nécessaire et utile de connaître son histoire, l’évolution culturelle de son peuple, dans le temps et dans l’espace, pour mieux saisir et comprendre le progrès incessant de l’humanité, y contribuer aussi, en toute lucidité et responsabilité ».

 

DEJEAN Jean Dario, Sociologue, diplômé en Économie et en Psychosociologie. Spécialiste en Éducation et en Prévention contre la délinquance juvénile ; en Médiation sociale et familiale ; expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire. E-mail : djean71@yahoo.fr

 

 

 

 

Les Indiens étaient les premiers esclaves de la colonie Hispaniola ou d’Ayiti. Pour les remplacer, les colons ont fait venir d’Afrique, les esclaves noirs. Une fois  «transplantés» dans la colonie, vu leur condition de travail et d’existence, ils se sont rebellés. Ils ont bénéficié un appui considérable du Cacique Henri, qui, grand connaisseur de l'Ile et de la science indienne, a ouvert des espaces symboliques et physiques pour leur intégration. Les esclaves noirs se rallient aux autres esclaves indiens afin d’effectuer des attaques de guérilla. Pour ainsi dire, l’esclavage a eu une résistance active et organisée par les Africains et les Indiens. Mais, Nicolas OVANDO était contre une telle résistance, il était même tombé des nues face à la fierté naturelle et à l’esprit de révolte des esclaves indiens et africains. Il faut dire, face aux tortures et aux fouets, les esclaves indiens n’ont pas pu résister, et ils sont morts en grand nombre. C’est ce que l’histoire retient sous la désignation l'«extermination des Indiens». La deuxième période coloniale est devenue française. Hispaniola devenait Saint-Domingue, les Français ont mis en place une véritable politique « mercantiliste », c’était une stratégie politique agricole fondée sur la multiplication des plantations de tabac, d’épices et cannes à sucre, de l’or … où les esclaves africains étaient considérés comme les principales forces productives de la colonie.

 

 Les esclaves face à une telle politique n’ont pas baissé les bras, certains d’entre eux ont organisé des mouvements individuels et collectifs afin d’arriver à la Proclamation de l’Indépendance d’Haïti.

 

Les mouvements individuels des esclaves

 

 Les esclaves noirs qui avaient pratiqué le marronnage  n’étaient pas tombés du ciel, mais leur situation inhumaine dans les champs, les ont poussés à prendre conscience de leur état de fait « l’histoire du marronnage Zabeth illustre bien cette prise de conscience ». Aujourd’hui même si on assiste à un réveil des Haïtiens via le mouvement  social actuel, la majorité des Haïtiens n’ont pas encore conscience de leur état, de leur situation de pauvreté, et la question qui se pose consiste à nous demander comment se fait-il que le mouvement ne dégage pas encore un véritable leader ? Cependant, le mouvement individuel des esclaves de Saint-Domingue avait dégagé bon nombre de leaders afin de susciter la révolte des esclaves. C’est ainsi que Mackandal comme esclave rebelle et engagé qui était dans le Nord de Saint- Domingue, prédicateur de son état et un connaisseur des propriétés des plantes, a été parmi les premiers à prononcer le mot de liberté ouvertement dans la colonie. Il jouait un rôle d’instigateur qui poussait les esclaves à s’unir et à s’organiser en vue de se révolter contre le système d’esclavage. Il devenait manchot suite à son accident dans un moulin qui emportait son bras jusqu’à l’épaule. Après son accident,  les colons commandeurs ont peur de lui, à chaque fois qu’il passait tout près de leurs domaines, à cause de sa force mystique et de sa capacité à composer des poisons. Finalement, ils l’ont éliminé, mais après sa disparation son mouvement, le «makandalisme », reste et demeure une motivation de liberté pour ses adeptes, et en dehors de tout cela, une nouvelle forme de pensée de l’art révolutionnaire a pris naissance, après le retour de la guerre de Savannah et de la Géorgie des combattants indigènes. Tout cela a suscité un vaste mouvement de révolte dans la colonie. La France, pour renforcer son autorité, a envoyé le 22 novembre 1789 une première commission civile dans l’ile. Et en même temps, Boukman fidèle à l’idéologie de Mackandal, préparait une révolte à nulle autre pareille avec la participation de nombreux leaders des esclaves : Toussaint, Papillon, Jeannot, Biassou, Cécile, Jean- François, Fatima … C’est un mouvement qui avait été bien organisée, il avait même un comité de soldats de résistance. Le but de son projet a été  de conscientiser les affranchis, les petits blancs, les esclaves des champs et domestiques en vue de s’unir pour lutter contre les colons après 218 ans de violence morale et physique, de sévices, et de déshumanisation.

 

 Cette cérémonie a eu lieu dans la nuit du 14 aout 1791 au Morne Rouge, Boukman le prête du Vaudou et les esclaves ont décidé de vivre « libre ou mourir ».
La Cérémonie du Bois Caïman n’était pas n’importe quel rituel, elle a été symbolique et mystique où les dieux tutélaires étaient présents, un tournant dans la révolte des esclaves, elle a même débouché sur
la Révolution des esclaves.

 

Les mouvements collectifs des esclaves

 

Après la cérémonie historique du Bois Caïman, nos ancêtres n’ont pas tardé à réagir, huit jours après ce congrès, particulièrement le 22 et 23 aout 1791, la colonie de Saint-Domingue avait connu un soulèvement général, où les esclaves munis de piques, machettes, bâtons, ont incendié des centaines de plantations de canne à sucre, de café, des guildives … Beaucoup de colons étaient morts, car, ils étaient dépassés par les évènements. Dans le mouvement, Boukman atteint d’un projectile, n’arrive pas à se défendre, il a été capturé. À ce moment-là, Toussaint LOUVERTURE a assuré la relève, un leader stratège, un Spartacus, un homme qui avait une grande habileté en matière politique. Il a créé la première institution du pays, « l’armée indigène », ou l’armée révolutionnaire, ou l’armée de la liberté qui avait, en grande partie, des jeunes soldats-cultivateurs. Pour ainsi dire, Toussaint était un chef de file auprès des insurgés. Tout cela a fait de lui, un homme à éliminer par la métropole. C’est ainsi que le 11 juin 1802, le précurseur de notre indépendance, Toussaint qui réagissait de par son tact, son intelligence, sa vision de liberté et de l’indépendance d’Haïti a été arrêté et déporté en France sur l’ordre de Napoléon BONAPARTE, exécuté par Leclerc. Une fois, arrivé en France, il a été emprisonné sans jugement au Fort de Joux, de là il rendait l’âme le 7 avril 1803, bien avant de la grande bataille de Vertières et de la Proclamation de notre Indépendance.

 

            Après sa déportation pour la France, Dessalines le radical l’a remplacé, il a pris le commandement de l’armée indigène, la machine de la Révolution qui était déjà en marche, c’était intensifié, c’est ainsi, le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières s’était engagée par nos ancêtres, il avait toute une organisation mise en place par nos ancêtres afin de gagner cette grande bataille qui nous conduit à notre Indépendance. Finalement, après plusieurs batailles (la bataille de la ravine à Couleuvre, de la Crète à Pierrot …), celle de Vertières a été un tournant décisif dans notre histoire et le tombeau du système esclavagiste, nos ancêtres ont connu la gloire, parce qu’ils ont remporté la victoire sur la plus grande armée de l’époque. Il faut signaler que c’est la seule défaite de l’armée napoléonienne que les historiens français n’aient jamais mentionnée dans aucun livre d'histoire de la France.

 

 Après cette grande victoire, le 1er janvier 1804 a été la Proclamation officielle de l’Indépendance d’Haïti, une jeune Nation est née, Haïti devient la première Nation nègre libre et indépendante du monde, nos ancêtres ont défié l’ordre mondial de l’époque, c’était la rupture avec un système d’exploitation de l’homme par l’homme. C’est pour cela qu’Haïti a été l’objet de la suspicion internationale, est considérée aujourd’hui encore comme « une brebis galeuse », comme un pays à éviter, un exemple à ne pas suivre.

 

 Si nos ancêtres avaient peur d’affronter le système esclavagiste, nous n’aurions jamais notre Indépendance, voilà pourquoi aujourd’hui qu’il faut combattre et chambarder le système en place qui est basé sur la corruption et l’apartheid et qui ronge Haïti depuis plus passé de 200 ans.

 

Il faut signaler que le plus grand malheur des Haïtiens, c’était la mort de Dessalines en 1806, c’était la mort de toute une vision politique, économique et sociale basée sur un projet de société, projet d’unité nationale. Malheureusement, en Haïti quand quelqu’un symbolise le changement réel, il y a toujours une force obscure qui cherche à l’éliminer, les Haïtiens doivent s’unir afin d’éliminer les querelles politiques, la méfiance, la haine, l’hypocrisie, la pauvreté grandissante … Pour qu’on repense finalement l’État et la Nation haïtienne.

 

Au final, ce rappel historique n’est pas innocent, c’est pour faire savoir qu’Haïti ne peut pas sortir de son sous-développement sans passer par une conscience collective via une unité de toute les forces vives de la Nation, en vue de surpasser toutes les crises (crise de confiance, du processus de démocratisation, de la modernité, de la consolidation de la classe moyenne, de la famille, de l’Education, de la classe politique et des partis politiques, électorale, économique, structurelle, etc.) que nous avons connues au 19e  et au 20e siècle.

 

C’est à défaut de cette unité que nous n’arrivons pas à chambarder le système corrompu et d’exclusion en place. Une autre Haïti est possible par rapport à une unité nationale. C’était grâce à l’union des noirs et des mulâtres que nos ancêtres arrivaient à vaincre l’armée de Napoléon. Avec cette grande victoire, «Jean Jacques DESSALINES » a  su faire la révolution politique, mais son assassinat ne lui donnait pas l’opportunité d’instaurer la révolution sociale et économique en Haïti. C’est pour cela qu’aujourd’hui, il y a un écart considérable entre les classes sociales. Au lieu d’embourgeoiser la classe moyenne et populaire, on constate de préférence que la classe moyenne haïtienne est en voie de disparition, et la classe populaire est appauvrie davantage. Notre Haïti doit sortir de cette pauvreté, de l’inégalité sociale et l’injustice sociale, mais pour le faire, il faut qu’on élabore un projet de société ou un pacte de gouvernabilité par l’intermédiaire d’une vraie conférence nationale à l’haïtienne qui a pour objectif de refonder de l’État haïtien et l’être haïtien ou l’âme haïtienne, la structure économique en Haïti, l’organisation sociale en Haïti et le régime politique haïtien… Terminons sur cette citation du professeur Théophile Obenga tirée de son livre : La géométrie égyptienne, « Aucun peuple du monde qui vit aujourd’hui n’ignore ou ne feint d’ignorer son passé, son histoire. Tout peuple du monde qui vit aujourd’hui vit avec sa mémoire culturelle. Il est nécessaire et utile de connaître son histoire, l’évolution culturelle de son peuple, dans le temps et dans l’espace, pour mieux saisir et comprendre le progrès incessant de l’humanité, y contribuer aussi, en toute lucidité et responsabilité ».

 

DEJEAN Jean Dario, Sociologue, diplômé en Économie et en Psychosociologie. Spécialiste en Éducation et en Prévention contre la délinquance juvénile ; en Médiation sociale et familiale ; expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire. E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages