Haïti-Rétrospectives 2020: Une année de tourments sanitaire, éducatif, économique et social

Education
Typographie

L’année 2020 a été marquée par des problèmes de natures diverses aux plans sanitaire, éducatif, économique et social. Pour avoir une idée des faits les plus saillants de ces sujets ayant ponctué cette année difficile, l’Agence de presse en ligne HPN en a retracé quelques points de façon plus ou moins chronologique.

La crise sanitaire et ses conséquences néfastes sur le pays

D’abord, la crise sanitaire mondiale liée au COVID-19 ayant également touché Haïti a entraîné un sentiment de peur bleue chez beaucoup d’Haïtiens. Dès le 19 mars 2020, le gouvernement a été obligé de prendre des mesures pour stopper provisoirement quelques activités de rassemblement, dont les établissements scolaires et universitaires, après avoir détecté les deux premiers cas de personne atteinte du coronavirus dans le pays.

Viennent ensuite, des mesures pour tenter de limiter la propagation de la maladie avec notamment la mise en place de la Commission scientifique devant plancher sur l’évolution de la pandémie dans le pays et le Centre d’informations permanentes sur le coronavirus (CIPC), servant de couloir gouvernemental où toutes les infos liées à la question devaient être communiquées au grand public via la presse.

Entre temps, les communiqués du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) annonçant les chiffres relatifs aux cas de contamination, de décès et de traitement liés à la maladie, se multiplient au fur et à mesure que les jours et les mois passent.

Suivant les derniers rapports du MSPP, en dépit des prévisions catastrophiques qui ont été faites en se basant sur le comportement délétère des Haïtiens au quotidien par rapport à son environnement immédiat, les chiffres de cas de contamination ne franchissent pas encore la barre d’une dizaine de milliers sur les 12 millions d’habitants, après 9 mois de la présence du virus dans le pays. Le nombre de décès n’atteint pas encore non plus une voie effrayante avec moins de 300 morts du COVID.

Le dernier communiqué numéro 263 du MSPP paru en date du 22 décembre de l’année en cours, fait état de 9, 846 cas de COVID-19 confirmés, 235 cas de décès et 8, 457 cas de personnes ayant été traitées de la maladie.

Quatre mois d’activités éducatives mortes

Face à la présence de la maladie, le pays a passé environ quatre (4) mois privé de toutes les activités éducatives en présentiel. Toutefois, si ces activités spécifiques ont été paralysées, le système éducatif n’arrêtait pas de fonctionner pour autant.

Outre une série de rencontres virtuelles avec divers acteurs de la vie nationale et internationale impliqués dans le secteur éducatif, les autorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) ont élaboré un Plan d’actions en guise de réponse à l’impact du COVID-19 sur le secteur. Alors que des écoles avaient continué entre-temps à travailler à distance via la technologie avec leurs élèves.

De ce Plan de réponse étaient nés, entre autres, une campagne de sensibilisation liée au comportement à adopter vis-à-vis de la maladie pour éviter d’attraper le virus, mais aussi contre la stigmatisation; une Plateforme numérique d’apprentissage à distance appelée « PRATIC » ; des cours du fondamental et du secondaire diffusés à travers des médias audio-visuels, mais aussi et surtout l’élaboration de concert avec le MSPP, d’un Protocole sanitaire et pédagogique devant faciliter la relance des activités scolaires les 10 et 17 août 2020.        

Un sévère coup de fouet à l’économie locale 

Comme partout ailleurs, l’impact de la pandémie a vite fait sentir son effet sur l’économie locale où des entreprises ont été forcées de fonctionner au ralenti avec des effectifs réduits ou tout simplement, de renvoyer leurs employés et de fermer leurs portes.

Face à ce fait, le gouvernement a été obligé d’adopter des mesures appropriées pour essayer d’éviter l’effondrement total de l’économie. Les autorités tentent de stopper l'hémorragie liée à la dépréciation accélérée de la gourde. Ainsi, voulant contrer cette dépréciation de la monnaie locale par rapport au dollar US où 1 dollar américain valait environ 124 gourdes en été 2020,  la Banque de la République d'Haïti (BRH) avait injecté en août, 150 millions de dollars US sur le marché pour essayer de stabiliser le taux de change. Ce qui a favorisé une légère baisse de prix de certains produits sur le marché, permettant ainsi à la population qui se trouvait au bord de l’asphyxie de respirer un peu pendant un certain temps.

De son côté, le ministère du Commerce et de l’Industrie avait dans un communiqué de presse en date du 7 août 2020, rappelé l'obligation qui est faite aux commerçants de libeller et d'afficher leur prix dans la monnaie nationale, conformément aux articles 1er et 3 de l'arrêté de septembre 2018.

La Banque centrale, dans une circulaire  parue en date  du 18 septembre 2020, avait rappelé sa mesure concernant les maisons de transfert et les banques commerciales indiquant qu'elles ont l'obligation de payer les transferts en gourde, conformément aux articles 2 et 3 du décret du 5 juin 2020 modifiant certaines dispositions du décret du 6 juillet 1989 sur les maisons de transfert et à l'article 161 de la loi du 14 mai 2012.

Toutefois, précisait-on, les maisons de transferts sont tenues de payer en monnaie étrangère si le bénéficiaire reçoit son argent sur un compte en dollars. Cette mesure qui devait entrer en vigueur à partir du 1er octobre 2020 avait suscité des gorges chaudes et des complaintes au sein du corps social. Ce qui avait forcé la BRH à rapporter la mise en application de la circulaire 114-1 relative au marché du transfert et des agents de change, à cause des sous-agents qui ont menacé de fermer boutique. 

D’autres mesures économiques ont été entreprises. Par exemple, le mercredi 23 septembre 2020, la Banque de la République d'Haïti (BRH) avait lancé les fonds de soutien aux Coopératives de la place. Ces caisses sociales allaient bénéficier d'un support considérable au niveau du système de crédit de la BRH. Question, selon le gouverneur de la Banque centrale, Jean Baden Dubois d’encourager l'inclusion financière dans le pays.

Il faut souligner aussi une importante rencontre entre le Premier ministre Joseph Jouthe, le ministre de l’Économie et des Finances, celui du Commerce et de l’Industrie et le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH) sur la relance de l’économie pour l’après COVID-19.

Les discussions avaient surtout porté sur les récentes mesures prises par le MCI en vue de libeller le prix des biens et services en gourdes conformément aux articles 1er et 3 de l’arrêté de septembre 2018, mais aussi sur l’application des mesures de la BRH pour stabiliser le taux de change après avoir annoncé l’injection de 150 millions de dollars américains sur le reste de l’exercice fiscale 2019-2020.

Conséquences sociales

Enfin, il faut rappeler que cette année 2020 a été l’une des années les plus difficiles au niveau mondial. Et, Haïti, pays pauvre de la Caraïbe n’a pas été exempt de toutes sortes de problèmes endurés par un peuple qui se montre malgré tout résilient. Au milieu des dilemmes politiques et économiques de toujours, auxquels s’ajoute une crise sanitaire, la population notamment les couches les plus défavorisées de la société, continuent de croupir dans une misère noire des plus abjectes. Alors que, semble-t-il, l’espoir d’un lendemain meilleur n’est pas pour demain.

Alix Laroche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

     

 

  

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages