Haïti-Éducation : Une rentrée scolaire sur fond de crises de toutes sortes !

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Suivant les données communiquées par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), ils sont environ quatre (4) millions écoliers et écolières  qui devraient reprendre le chemin de l’école sur tout le territoire national ce lundi 9 septembre 2019. Néanmoins, cette rentrée des classes se réalise dans un contexte particulier de crises de toutes sortes, constate Haiti Press Network.

 

La rentrée scolaire 2019 s’effectue tristement dans un Port-au-Prince sale, encombré de fatras, d’eaux puantes et stagnantes mais aussi de boue, entravant la circulation par des embouteillages monstres dans divers circuits. Les pluies torrentielles qui s’abattaient sur la capitale ces derniers jours en sont l’une des causes, constate l’Agence.

 

De l’avis de nombreuses personnes, c’est une année scolaire lancée encore une fois, dans un contexte socio-économique des plus moroses, où beaucoup de pères et mères de famille ne savent à quel saint se vouer, avec un taux d’inflation de 20 % et une rareté imaginaire sévère de produits pétroliers dans cette République économiquement ruinée.

 

En effet, très tôt ce lundi, des élèves en uniforme ont été remarqués dans les rues de la région métropolitaine, notamment dans la commune de Pétion-Ville où les portes des établissements scolaires sont rouvertes pour accueillir les enfants.

 

Des mesures de sécurité

Des agents de la police spécialisée (EDUPOL), quoique peu nombreux, assurent la sécurité et facilitent la circulation dans les périmètres des écoles. L’école Saint Joseph de Pétion-Ville des Frères de l’instruction chrétienne (FIC), l’école Anne-Marie Javouhey, le Lycée national de Pétion-Ville sont les principales institutions bénéficiaires de cette présence policière. Ce qui procure, observons-nous, un peu confiance chez parents et élèves.

 

Une année inclusive et accessible

En dépit de toutes les incertitudes qui caractérisent cette rentrée comme presque tous les ans, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) n’obtempère pas dans sa mission d’organisation de la chose éducative. Il prévoit dans le calendrier scolaire, un total de 189 jours de classe et 11 jours de congé pour cette année académique 2019-2020. Une année, il faut le dire, qui s’annonce encore fragile et incertaine, tenant compte de l’opacité du paysage politique.

Le ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet rappelle par ailleurs que les élèves des écoles publiques n’ont aucun frais à verser pour les deux premiers cycles du fondamental. Cependant, les lycéens ne devront verser que la modique somme de 1000 gourdes chacun comme frais scolaire pour toute l’année.

Dans son message de circonstance, le ministre réaffirme la volonté du ministère de formater un système éducatif inclusif et accessible à tous les enfants sans distinction aucune.

« L’éducation inclusive, de qualité, accessible à toutes et à tous, sera au centre des préoccupations du ministère, encore une fois, cette année », peut-on lire dans le message du ministre Pierre Josué Agénor Cadet.

Il s’agit, selon le titulaire du MENFP, de continuer à consolider les acquis en matière d’accès et de gouvernance, tout en poursuivant les efforts tendant vers l’amélioration des apprentissages.

En ce sens, poursuit-il, les actions vont continuer pour la construction et la réhabilitation de nombreux bâtiments scolaires à travers le pays, l’extension du Programme national de cantines scolaires, la formation des maîtres, la consolidation du secondaire rénové, l’implantation du numérique à l’école, l’amélioration de la gestion des écoles publiques et des flux de transfert d’élèves d’une école à l’autre, l’amélioration du processus d’inscription aux examens d’État et un meilleur contrôle du flux des élèves inscrits auxdits examens.

La pénurie d'essence se poursuit

Entre-temps, des gens dans cette quête perpétuelle pour trouver une goutte de gaz, continuent à se battre en vain dans des rares stations à essence ouvertes, alors que les autorités laissent comprendre que les produits pétroliers sont disponibles sur le marché. Les enfants pourront-ils continuer à se rendre à l’école sans ambages dans les jours prochains si cette rareté sévère se poursuit ? Telle est l’interrogation de nombreux observateurs qui reste encore sans réponse.     

Alix Laroche

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