Haïti-Éducation : Réfléchir sur la problématique de la violence en milieu scolaire

Education
Typographie

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a organisé, les 13 et 14 mai 2019, à l’hôtel Montana (Pétion-Ville), un atelier de restitution du Projet ACVEH et de co-construction d'un nouveau programme sur la problématique de la violence à l’école. Cadres techniques du MENFP, représentants de différentes associations et d’autres acteurs concernés prennent part à ces assises, constate Haiti Press Network.

Cet atelier dont l’ouverture officielle s’est tenue, ce lundi, vise, d’une manière générale, à faire le point sur la problématique de la violence à l’école en restituant notamment à la communauté éducative haïtienne les réalisations du projet "Action contre la violence à l’école haïtienne" (ACVEH) ; et discuter de l’orientation du nouveau programme devant succéder à l’ACVEH : « Action pour la sécurité à l’école haïtienne (APSEH) ».

De manière spécifique, il s’agit d’informer sur les impacts de la violence faite aux enfants et aux adolescents dans les écoles; de présenter les différents outils existants et de recueillir suffisamment de réactions pouvant permettre la validation des outils présentés.

Pour Jacques Yvon Pierre, coordonnateur technique du cabinet du ministre Pierre Josué Agénor Cadet, c’est une démarche qui se veut non seulement holistique mais aussi intersectorielle et multisectorielle, dans la mesure où elle nécessite la participation de tout un chacun.

La prévention, la prise en charge, la protection sont les trois (P) autour desquels le programme va être construit, selon Jacques Yvon Pierre qui insiste sur la nécessité pour que ledit programme s’inscrive dans une logique de partenariat.

« Par cette démarche, on veut passer d’une action contre la violence à une action pour la sécurité », précise M. Pierre qui tenait à porter des précisions dans le but de mettre les participants dans le bain.

Pour sa part, le coordonnateur du Pôle qualité au MENFP, M. Cénatus Pierre qui cite l’UNESCO, a indiqué que la violence, qu’elle soit (physique, verbale, morale, sexuelle) à l’école est un phénomène qui touche pratiquement tous les pays.

Le coordonnateur qui parlait au nom du directeur général du MENFP, pèse ses mots particulièrement sur la question du châtiment corporel à l’école. Selon lui, le châtiment corporel n’est pas un bon moyen de motivation dans la réussite de l’enfant, tel que le pensent certains enseignants.

« La violence a un impact négatif sur les apprentissages des élèves et sur le fonctionnement même de l’école », laisse entendre M. Cénatus Pierre, soulignant, en paraphrasant un étranger, qu’en raison de la violence en milieu scolaire, les écoles ne sont plus considérées comme des environnements sûrs, où les enfants peuvent apprendre, s’amuser et se sentir protéger.  

Le responsable estime qu’il y a donc urgence d’intervenir pour empêcher une détérioration totale et non contrôlée de la situation de violence qui sévit dans le secteur scolaire.

De leur côté, les représentants de Save the children et de l’UNICEF, respectivement Luke Hayman et Ndiaga Seck qui réitèrent l’appui de leur organisme au MENFP à lutter contre la violence à l’école, ont mis l’accent sur la nécessité de combattre la violence sous toutes ses formes. Ils plaident ainsi pour la création d’un environnement propice, favorable, disent-ils, à l’apprentissage des enfants et des adolescents.

« Cette violence peut rendre difficile l’apprentissage des enfants qui ne sera pas optimale tant que la violence régit l’école », précise Ndiaga Seck.     

 Il faut souligner que cette activité bénéficie du soutien technique et financier de l’UNICEF et de Save the Children.

Texte : Alix Laroche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Photo : Sadrac Théodore

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages