Haïti-Éducation : Tournée départementale de vulgarisation de la politique d’éducation non-formelle

Education
Typographie

À l’instigation du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), de concert avec ses partenaires, plusieurs délégations se sont rendues dans les départements hormis l’Ouest déjà touché, dans le but de vulgariser la politique d’éducation non-formelle, les 9 et 10 mai 2019, a constaté Haiti Press Network.

Il s’agissait d’informer les acteurs concernés du contenu de ce document de politique publique et des prochaines opérations à mener pour sa mise en œuvre.

Par cette démarche, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle qui bénéficie du soutien d’IDEJEN, de l’UNICEF et de l’UNESCO, veut que la communauté éducative puisse s’approprier de cette politique et faciliter sa mise en œuvre dans les dix départements géographiques du pays.

Les acteurs de terrain en ont saisi les enjeux. Leurs réflexions contribueront à la régularisation de cette politique d’éducation non-formelle qui accorde priorité aux enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux personnes à mobilité réduite mais aussi aux adultes.

Présenter le document aux acteurs concernés ; rechercher leur adhésion à cette politique ; jeter les bases susceptibles d’assurer une bonne mise en œuvre de cette politique, sont entre autres, les objectifs fondamentaux de ces rencontres organisées sous forme d’atelier.

Les participants issus de divers secteurs de la vie nationale se montrent très satisfaits de cette action du MENFP, par laquelle on entend mettre en place un système d’apprentissage capable de valoriser les connaissances et les potentialités des citoyens et des citoyennes. Mais aussi leur faciliter l’acquisition de toutes les compétences utiles et nécessaires à l’épanouissement.

Si certains expriment des inquiétudes quant à la mise en œuvre de cette politique tenant compte du passé, d’autres affirment en adhérer. Ils pensent que cette démarche rendra les citoyens et citoyennes autonomes, productif efficace, aptes à contribuer au développement de la société. 

Il faut noter en passant que la délégation du département du Centre a été conduite par M. Jean-Gérard Pierre, membre du Groupe de travail interinstitutionnel ayant travaillé à la finalisation dudit document, lequel en a assuré la présentation  pour les gens venus de partout du Centre.

Le directeur général du MENFP, Dr Meniol Jeune qui a procédé à l’ouverture des travaux à Hinche et à Mirebalais, a souligné l’importance de cette politique pour la gouvernance du système et la nécessité pour tout un chacun de comprendre qu’il s’agit d’un processus participatif qui implique l’apport de tout le monde.

Selon le directeur général, depuis 2009 on a démarré avec le processus. Mais des circonstances indépendantes de la volonté des responsables du MENFP ont retardé les résultats escomptés. 

Toutefois, il s’est réjoui de pouvoir procéder officiellement à la vulgarisation de cette politique d’éducation non-formelle grâce, dit-il, aux efforts déployés par le Groupe de travail interinstitutionnel.

Pour le numéro 2 du MENFP, il s’agit donc de prendre en compte les besoins des milliers de jeunes qui n’ont pas eu la chance de fréquenter l’école et/ou qui ont dû abandonner à certain moment, sans oublier les enfants en âge scolaire mais qui sont pourtant en dehors du système.

« Au niveau du ministère, nous travaillons pour que ces derniers puissent être fonctionnels de manière à être utiles à eux-mêmes en particulier et au pays en général », a fait savoir Dr Meniol Jeune, avant de saluer le support d’IDEJEN, de l’UNICEF et de l’UNESCO.

Quant au directeur départemental d’éducation, M. Mulaire Julsaint, il salue cette démarche qui, soutient-il, traduit la volonté du MENFP de reprendre la gouvernance du secteur avec l’implication de tous. Il invite les acteurs à travailler conjointement pour le renforcement du secteur de l’éducation qui interpelle tout le monde.

« Nous comprenons très bien que le moment est crucial certes, mais la conjugaison de nos efforts à cette croisée de chemin sera toujours couronnée de succès. Tout le monde doit apporter sa pierre dans la construction du bâtiment éducatif », a martelé M. Julsaint chargé du dossier éducatif dans le Plateau central.  

De l’avis de Jean Gérard Pierre qui, en plus d'être membre du Groupe de travail, remplit aussi la fonction du directeur de la « Main d’œuvre » au ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), l’éducation non-formelle entend apporter des solutions et des réponses là où le système formel ne répond pas.

D’après des chiffres communiqués par la Direction de planification et de la Coopération externe du MENFP, sur près de 492 000 enfants en première année fondamentale, seulement 29 000  arrivent à atteindre la classe terminale dans le système éducatif haïtien.

Une trop grande déperdition qui ne peut ne pas attirer l’attention des décideurs, d’après Jean-Gérard Pierre qui informe en outre que près de 300 000 enfants en âge scolaire sont encore en dehors du système.

D’où, ajoute-t-il, la nécessité d’une telle politique d’éducation non-formelle qui viendra en support au système formel et qui s’inscrit dans la logique d’apprentissage tout au long de la vie, donnant du coup, une seconde chance de réussite à tout le monde à ceux et celles qui ont raté le système éducatif formel.

Texte et photo : Alix Laroche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

 

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages