Haïti-Éducation : Enquête sur la situation des personnels non nommés dans les écoles publiques

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Dans le souci d’une meilleure gestion des ressources humaines et en vue de résoudre définitivement le problème des personnels en situation irrégulière dans le système éducatif, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), a mis sur pied une commission d’enquête. Les enquêteurs qui se trouvent déjà sur le terrain dans les dix départements scolaires ont pour mission de recueillir les informations afin de procéder, après traitement des données collectées, à la nomination de tous ceux et de toutes celles qui le méritent, constate Haiti Press Network.

Ce travail de collecte de données sur les personnels éducatifs en situation irrégulière se poursuit instantanément dans tous les départements, sans anicroches. Cette première étape de la démarche a même déjà pris fin dans de nombreux départements comme les Nippes, le Sud-Est et le Plateau central.

Il s’agit en effet pour cette Commission de supervision de gestion des ressources humaines, de déceler les personnels en poste non encore nommés dans les écoles publiques, en vue de résoudre une fois pour toute ce problème récurrent dans le système éducatif en Haïti.

Elles sont cinq équipes d’enquêteurs et deux équipes de superviseurs, coordonnées par le directeur de communication du ministère, M. Miloody Vincent, mobilisées dans le cadre de cette opération qui se fait à travers le pays.

Elles recueillent les informations auprès des directeurs d’école publique concernant les enseignants et personnels administratifs en situation irrégulière. Un travail très méticuleux, observe l'Agence, encadré par des représentants du MENFP et des structures syndicales constituant les équipes d’enquêteurs et de superviseurs.

D’après les responsables du ministère, cette enquête constitue un dossier majeur qui tend bien vers l’amélioration de la gouvernance du secteur de l’éducation, notamment dans les écoles publiques.

« Après environ 5 mille lettres de nomination émises par le ministre Pierre Josué Agénor Cadet dernièrement, l’on constate que des gens continuent à réclamer ça-et-là leur lettre de nomination. C’est justement dans le but de découvrir le vrai problème que le ministère a décidé de diligenter cette enquête. Nous voulons en finir », a déclaré aux Cayes aux micros de la presse, M. Vincent, lequel se montre d’ailleurs très optimiste quant aux résultats attendus dans le cadre de cette démarche. 

Avis partagés

Pour leur part, des directeurs d’école et des enseignants interrogés sur place, jugent opportune et importante une telle démarche du MENFP qui, pensent-ils, doit permettre enfin aux personnels qui travaillent sans être rémunérés, d’être pris désormais en compte par le ministère.

« Je crois que c’est une démarche noble. Attendons que celle-ci apportera les résultats escomptés », espère Welch Jean Gardy, directeur de l’école nationale de Poirier (Sud). Ce dernier dit avoir beaucoup souffert de cette situation de personnels non nommés au sein de son établissement où, découragés, des enseignants le laissent travailler seul dans plusieurs salles de classe.

Malite Dolné, est une jeune enseignante à l’école nationale de Torreau, située dans la localité de Durcis (commune de Torbeck-Sud). Elle a abondé dans le même sens. Elle qui offre ses services dans le système depuis quelques années sans recevoir un sou de l’État, dit espérer sortir sous peu de sa situation irrégulière par cette démarche du MENFP.

« Imaginez la vie d’un enseignant qui donne tant de son savoir à des générations d’élèves qui ne cessent pourtant de l’outrager, alors que celui-ci n’a même pas les moyens pour payer un cireur de bottes. C’est écœurant. En dépit de tout, on tient. Je fais mon travail tous les jours comme il se doit depuis quelque trois ans », a renchéri Malite Dolné, l’air anxieux.

De son côté, René Prévil Joseph, représentant du syndicat d’enseignants dénommé : FENATEC, membre d’une équipe de superviseurs, dit prendre part à cette démarche dans la mesure où il pense qu’elle va dans le sens des intérêts des travailleurs pour lesquels sa structure syndicale, ajoute-t-il, se bat sans relâche.

« Au niveau de la FENATEC, nous pensons que ce problème de personnels non nommés dans le système constitue l’un des problèmes majeurs. Il représente un élément de blocage pour l’avancement du système », soutient René Prévil Joseph tout en souhaitant des résultats positifs découlant de cette démarche entreprise par les autorités compétentes.

Comme aux examens!

À l’instar des enfants passant des examens, des directeurs d’établissements scolaires s’asseyent tranquillement pour remplir les formulaires d’informations du MENFP sous les regards vigilants d’enquêteurs et de superviseurs avisés. Ces responsables d’école publique ont signé une note d’engagement, mentionnant avoir assumé toutes les conséquences qui pourraient découler au cas où les informations fournies se révéleraient fausses. 

Rappelons qu’il a été décidé de créer cette Commission ad hoc de contrôle et de supervision de la gestion des ressources humaines dans les écoles publiques, dans le cadre des initiatives visant à améliorer la gouvernance du secteur de l’éducation.

Ladite commission a pour mandat de constituer un dossier documenté sur tous les cas d’enseignants non encore nommés par département et par école afin de les proposer à la nomination aux autorités compétentes. 

Texte : Alix Laroche

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Photo : Anderson Élien

  

 

 

 

 

 

 

 

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