Haïti-Éducation : Le poids des collectivités dans la balance du système éducatif

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 Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), à travers la Direction d’appui à l’enseignement privé et du partenariat (DAEPP) a organisé, le jeudi 5 juillet 2018, à l’Université Quisqueya, un atelier portant sur les enjeux du partenariat local : les rôles des autorités locales dans la scolarisation des enfants, a constaté Haiti Press Network.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la 2e édition des « Jeudis de la DAEPP » qui est un espace d’échanges et de dialogue à travers lequel on entend débattre certains problèmes liés au système éducatif haïtien et engager des réflexions pertinentes afin de dégager des pistes de solution.

« Les enjeux du partenariat local : les rôles des autorités locales dans la scolarisation des enfants », a été en effet le thème débattu par un panel composé de : l’ex-ministre de l’Éducation nationale, Nesmy Manigat, coordonnateur du volet gouvernance du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), du maire de Carrefour, Jude Edouard Pierre également président de la FENAMH (Fédération nationale des maires d’Haïti) et de Julio Adam, CASEC de Gascogne (Mirebalais), président de la FENASEC (Fédération nationale des ASEC).

Cette rencontre riche en rebondissements a réuni, entre autres, des représentants de diverses associations impliquées dans l’éducation, des partenaires de la coopération internationale et nationale mais aussi des cadres du MENFP.

L’idée première, indique le directeur de la DAEPP, Volvick Germain Charles, a été d’avoir des échanges sur un ensemble de thématiques servant d’accroc à la bonne marche du secteur de l’éducation.

De l’avis des intervenants, ce secteur doit être une affaire de tout le monde, y compris les collectivités territoriales à qui, au regard de la loi, doivent d’ailleurs avoir leurs responsabilités dans la chose éducative pour une meilleure qualité.

Selon le responsable de la DAEPP, depuis plus de 30 ans, il est indiqué dans la Constitution haïtienne que l’éducation est à la charge de l’État et des collectivités territoriales. Cependant, la réalité reste inchangée. Alors que, soutient M. Charles, ce partage de responsabilité pourrait bien permettre d’aboutir à l’école de qualité et inclusive tant prônée par le MENFP.

Intervenant tour à tour sur le thème autour duquel l’atelier a été organisé, les panelistes ont, de façon sublime, tenté de faire comprendre les embuches qui entravent la bonne marche du secteur. 

Pour Nesmy Manigat qui traitait le sujet relatif à la question de « Partenariats, financement de l’éducation en Haïti, situation et perspectives au regard de l’agenda éducatif 2030 », le système éducatif haïtien souffre d’un déficit de responsabilité de quelques secteurs par rapport au mandat détenu ou leur incapacité d’exercer ce mandat.

Pour corroborer son point de vue, il énumère un ensemble de points tels : ressources, expertises, compétences, temps et mandat.

D’après le professeur Nesmy Manigat, le partenariat est d’une grande importance dans le secteur éducatif, tenant compte de la dimension gigantesque et presque démesurée du travail à  réaliser. Ainsi, laisse-t-il comprendre avec brio, le ministère, ne peut, à lui seul, avancer dans la bonne direction.

« Il n’y aura aucun moyen d’avancer si le ministère ne sort pas la tête de l’eau pour construire avec d’autres secteurs, notamment les partenaires de l’éducation, la société civile locale, les syndicats d’enseignants, les partenaires privés, les collectivités locales, a insisté M. Manigat.

Par ailleurs, en tant que coordonnateur du volet gouvernance du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), l’ancien ministre a informé en passant de la disponibilité d’une enveloppe de 16 millions de dollars américains allouée par le PME en appui au secteur de l’éducation en Haïti.

Intervenant aussi sur la question de gestion d’une école de proximité, le maire Jude Edouard Pierre et l’ASEC Julio Adam, ont plaidé pour que l’État central puisse partager avec les collectivités la responsabilité liée à la gestion de la chose éducative.

Les deux élus ont attiré l’attention des participants sur un problème de fonds auquel font face les collectivités, notamment les municipalités et les sections communales en particulier qui, malheureusement, ne disposent nullement les moyens de leur politique publique pour intervenir  conformément aux prescrits de la loi.

Toutefois, annonce l’édile de Carrefour, cette question sera une nouvelle fois débattue en septembre prochain, à l’occasion d’une autre activité qui sera organisée par la FENAMH. 

Texte : Alix Laroche

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Photo: Sadrac Théodore  

 

 

 

 

 

 

 

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