Haïti-santé : Coronavirus, un danger imminent mais ignoré par la population

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Le nouveau Coronavirus, qui a officiellement fait son entrée dans le pays, il y a tout juste une semaine, le jeudi 19 mars dernier, avance, selon les chiffres officiels, à pas de tortue. Seulement 8 cas ont jusqu’ici officiellement été répertoriés, le dernier en date, le mercredi 25 mars.

 

De nombreux citoyens refusent toutefois d’admettre le danger que représente cette maladie qui a déjà fait plus de 22 100 morts pour environ 488 000 cas avérés et qui se transmet rapidement par des contacts humains.

 

Un simple coup d’œil sur la réalité du transport en commun et des marchés publics traduit l’ignorance des citoyens du danger imminent que représente la maladie.

 

Alors que le gouvernement recommande d’observer la distanciation sociale et une limite d’environ 1m 50 entre deux citoyens, rien n’a pratiquement changé dans le secteur du transport en commun.

 

Les camionnettes qui, en temps normal, transportent au moins 14 passagers assis côte à côte, sans compter les personnes qui acceptent de voyager début, n’ont pas modifié leur pratique. Optimisation de bénéfice oblige.

 

Pour les autobus, ou minibus, qui ont une capacité de 18 places assises, les passagers continuent de voyager sans tenir compte de la distance devant les séparer pour prévenir une propagation du nouveau Coronavirus.

 

En ce qui concerne les voyages interurbains, c’est le même décor. Les gens sont entassés dans les véhicules pendant plusieurs heures. Ils parlent, mangent et font tout comme s’il n’y avait aucun danger.

 

Certains citoyens affirment accepter de voyager dans ces conditions faute de mieux, notamment de moyen (personnel) de locomotion.

 

C’est le cas par exemple de Laurette qui habite à Pétion-Ville et qui travaille au Centre-Ville de Port-au-Prince. Obligée d’utiliser le transport en commun, elle affirme développer des stratégies pour s’assurer un minimum de protection.

 

« En plus du cache-nez que je porte régulièrement, je monte souvent à côté du chauffeur et je paie les deux places assises à l’avant », raconte-t-elle. Quand ce n’est pas possible, j’occupe le siège placé à l’arrière et je sais que je suis au contact avec « seulement » trois autres passagers, a-t-elle indiqué.

 

Comme Laurette, plusieurs citoyens se disent prêts à payer le double de la somme généralement réclamée pour ne pas avoir à voyager collés avec d’autres passagers afin de réduire les risques de contracter la maladie.

 

D’autre vont plus loin, les forces de l’ordre devraient limiter le nombre de passagers à bord d’un même véhicule.

 

Certains font aussi remarquer que, dans les marchés publics, les citoyens se côtoient régulièrement sans tenir compte de la limite qui devrait être respectée pour empêcher une propagation à grande échelle du Covid-19.

 

 

 

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