Haïti-Santé: La grève de l’HUEH levée, des syndicalistes déplorent des négociations suspectes

Santé
Typographie

Les services sont repris à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) depuis le lundi 14 mai, après la décision de Mme Roseta Georges Arisma, Secrétaire générale de la Fédération nationale des travailleurs de santé (Fenatras) et présidente du syndicat de l’hôpital, de faire une trêve. Une entente aurait été trouvée entre les grévistes et les responsables du ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), a appris à HPN le président de la Fenatras, Levy Milot Felix.

« Tous les services sont de nouveau fonctionnels à l’hôpital général. La présidente du syndicat de l’hôpital, Mme Roseta Georges Arisma a pris la décision vendredi. Un accord semble avoir été signé pour une trêve jusqu’à la deuxième semaine du mois de juin en attendant la sortie des lettres de nomination des contractuels », a indiqué M. Felix à l’Agence.

Néanmoins, ce syndicaliste qui travaille dans la santé depuis 37 ans et milite au syndicat depuis 32 ans, a quand même émis des réserves par rapport à la façon dont la grève a été levée, alors que, dit-il, les grévistes qui réclamaient des lettres de nomination et paiement d’arriérés de salaire en faveur des contractuels et fonctionnaires, aucune des demandes n'a été encore satisfaite.

« Je prends mes distances avec les conditions de la levée de la grève. Je pense que les choses doivent se faire selon les principes établis et les normes », a déclaré Levy Milot Felix à HPN, avant d’indiquer que la trêve a été sollicitée par le chef du gouvernement, Jack Guy Lafontant, lequel doit parapher les lettres de nomination.

Rumeurs et grognes suite à la levée de la grève

Cette levée partielle de la grève au sein de l’hôpital général a provoqué des grognes au milieu des employés qui, comme Levy Milot Felix, doutent de la manière.

D’après un membre d’un groupe organisé du secteur sanitaire, la levée de la grève semblerait avoir été faite de façon très louche par deux contractuels et un fonctionnaire activistes de l’HUEH, en l’absence de la présidente du syndicat, Mme Reseta Georges Arisma.

Selon ce syndicaliste qui a voulu garder l’anonymat, des négociations suspectes auraient été faites, de l’argent et des promesses de poste auraient été offerts par les autorités pour acheter le mouvement.

« Je n’ai pas vu de mes propres yeux, mais je crois qu’une chose hideuse s’est passée lors d’une réunion qui s’est tenue au bureau d’un dirigeant de l’hôpital », laisse-t-il entendre. 

On cite les noms de Naby François, Jean Ronald Jean-Baptiste et un certain Télémaque qui seraient impliqués et accusés dans ces négociations douteuses dénoncées par de nombreux employés.
 
Jointe également au téléphone à cette fin, Mme Roseta Georges Arisma confirme avoir pris la décision de faire la trêve jusqu’au 11 juin 2018. Cependant, elle émet aussi des réserves par rapport à l’attitude de ces trois personnes précitées qui, dit-elle, ont choisi d’aller négocier avec les autorités sanitaires sans l’avis du syndicat.

« Je ne comprends pas pourquoi des gens pour qui le syndicat se bat, puissent passer outre pour aller négocier avec les responsables, alors qu’on était en pleine lutte en faveur des contractuels », regrette Mme Arisma, insinuant avoir pris désormais un peu de distance dans ce mouvement revendicatif.

Alix Laroche
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

   

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages