Haïti: Les vacances estivales dans les aires de stationnement de Port-au-Prince

Sociéte
Typographie

C’est la fin des examens du baccalauréat. Officiellement, cela traduit la fermeture des classes et le lancement des grandes vacances d’été. Déjà, depuis le samedi 15 juillet, les gens, particulièrement des jeunes étaient nombreux à avoir laissé la capitale. Objectif, se rendre en province où l’on espère retrouver un peu plus de tranquillité, constate un reporter de HPN au Portail Léogane où se trouvent de nombreuses stations improvisées à destination du grand Sud.

« Je vais à Port-Salut. J’ai vraiment besoin de respirer un nouvel air, manger de belles mangues mûres et me tremper dans les eaux», nous déclare Blondine souriante qui vient tout juste de passer les épreuves du bac.  

Cette jeune femme dans la vingtaine est accompagnée de son petit frère Nathan qui, lui aussi, s’est montré très enthousiaste à se rendre ailleurs dans la ville natale de leur maman.   

Il faut dire en effet que les conditions d’embarquement à la gare routière informelle du Portail Léogane comme tant d’autres de Port-au-Prince qui alimentent les trajets de la capitale et les villes de province sont accablantes. C’est une activité qui se fait dans un grand désordre.

Une animation bouffonne et rocambolesque s’y agglutine. Dans cette ambiance incongrue, des aigrefins cherchent à avoir raison sur ceux qui s’oublient, observe-t-on.

La faiblesse de l’État est présente partout. Même en ces lieux où affluent de nombreuses personnes qui veulent se déplacer dans toutes les directions du pays. Des conducteurs inconscients qui profitent de cette occasion de vache grasse imposent les prix à leur guise. 

L’affluence en donne bien l’occasion. Car, il semblerait qu’à cette période estivale où tout le monde veut se rendre en province, les supplications de conducteurs aux passagers pour monter à bord de leur véhicule sont moindres, contrairement aux temps où les activités sont au point mort.

Si les enfants sont joyeux pour le départ vers la province, les parents quant à eux n’ont pas tous bonne mine. Sous un soleil de plomb, engendrant une canicule de près de 36 degrés, ils sont au bord de la colère à cause d’un vertigineux tohu-bohu de l’environnement où tout se mêle et s’entremêle dans un étrange vacarme. Mais aussi et surtout par rapport à des chauffeurs qui cherchent à leur soutirer plus d’argent pour la course.

« Je déteste l’attitude des chauffeurs en cette période. Leur souci majeur c’est de comptabiliser le plus de frics possible », s’indigne une dame qui s’emblait vouloir se rendre à Cavaillon en compagnie de ses progénitures et son petit neveu Adras.

D’autres personnes plus soucieuses encore, se plaignent des conditions de voyage incommode. Dans certains bus de transports publics, les passagers qui s’y aventurent pour de longs trajets sur des dizaines de kilomètres sont entassés comme des sardines. 

Le manque de moyens financiers oblige plus d’un à accepter de voyager dans de telles conditions inhumaines. Sinon, ils se seraient embarqués dans les bus climatisés des compagnies de la place, respectant plus ou moins les normes standard de transport en commun, nous fait remarquer un passager qui prenait lui, la direction de Jacmel (Sud-Est) en famille.

Il faut souligner aussi que ces aires de stationnement sont parmi les lieux de Port-au-Prince qui attirent plus de commerçants et commerçantes de rue, lesquels offrent toutes sortes de choses et même de petites serviettes de poches pour combattre la sueur sous l’agression des rayons du soleil plombant.     

Texte et photo: Alix Laroche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  

 

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages