Haïti-Politique : Discours de Jovenel Moïse au Conseil de Sécurité de l’ONU, les réactions fusent de toute part

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Pendant que les politiques réagissent principalement sur le fond du discours prononcé lundi par le président Jovenel Moïse devant le conseil de sécurité de l’ONU, l’expert en relations internationales, Fernando Estimé se montre critique sur la forme qui, selon lui, est une opération de communication mal préparée. D’un autre côté, des proches du pouvoir en place soutiennent que le locataire du Palais National s’est prêté à ce jeu dans un but purement et simplement politique.

 

Après la publication du dernier rapport de l’ONU sur la situation qui prévaut en Haïti, les membres de l’Opposition politique et d’autres acteurs de la société civile ont repris du poil de la bête continuant non seulement d’exiger le départ du président en fonction mais également dire non à la dictature que, selon eux, ce dernier est train d’instaurer dans le pays. Pour eux, les interventions des représentants de la France et de la Chine ayant mis le président Jovenel Moïse dans une position fâcheuse, prouvent que la communauté internationale sait ce qui se passe dans le pays notamment le phénomène d’enlèvement suivi de demande de rançon qui aggrave la situation sécuritaire délétère. La prolifération des gangs, l’arrestation de Jimmy Chérisier dit Barbecue et les questions électorales reprises par les diplomates suivant le rapport sont également des éléments qui réconfortent ceux qui exigent le départ du chef de l’Etat.

 

Une intervention mal préparée 

Selon l’expert en relations internationales, Fernando Estimé, ce genre de réunion est habituellement consacré à des diplomates. En plus d’être inhabituel qu’un chef y participe, il s’agissait d’une erreur grossière d’envoyer M. Moïse en première ligne sachant  qu’il n’a pas l’expérience des convenances diplomatiques.

 

En effet, le rappel à l’ordre du représentant du Royaume uni au bout de 25 minutes de discours ont fait très mauvais effet auprès de l’assistance, explique le spécialiste. Tout donne l’impression que cette allocution a été préparée à la va vite et que les enjeux n’ont pas été cernés avec précisions par le chef de l'État avant son intervention.  De plus, ces approximations ont été gênantes pour tout le pays. Lorsque l’on dispose de professionnels de la diplomatie, c’est une très mauvaise idée de jeter un président expérimenté dans l’arène, conclut-il.

 

Un coup politique réussi... ou pas

Alors que Fernando Estimé s’interroge sur l’opportunité de cette intervention face au conseil de sécurité et parle d’opération de charme totalement ratée, des proches du Palais National affirment que la participation du Chef de l’Etat à cette réunion était pour lui plus qu’un simple exercice de charme à la communauté internationale. En s’adressant aux membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies en personne, peu importe leur titre ou leur rang, Jovenel Moïse entendait légitimer son statut de président de la République dans un contexte où il est contesté par l’Opposition et des structures de la Société Civile organisée.

 

Si les opposants sont beaucoup plus présents qu’avant dans la presse internationale pour dénoncer ce qu’ils qualifient de velléités dictatoriales de l’ancien patron d’AGRITRANS, remettre le président Moïse au centre des débats internationaux sans qu’il n’ait reçu l’appellation d’ancien président ou de dictateur a été un objectif majeur pour l’équipe gouvernementale. Et son intervention au Conseil de Sécurité visait surtout  à rééquilibrer la balance.

 

Néanmoins, l’on peut se demander si la confrontation des données entre le président Moïse et les diplomates concernant la situation en Haïti ne va pas mettre le pouvoir en de mauvaise posture. Ou peut-être que le message a été bien reçu.

 

Marvens Pierre 

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