Haïti-USA-politique : élu nouveau président du Sénat, Joseph Lambert revient dans le jeu politique

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 Insertion par Maurice Devert

 

Propulsé mardi 12 janvier à la présidence du Sénat haïtien, ou ce qu’il en reste, 10 parlementaires sur 30 régulièrement, Joseph Lambert revient en force dans le jeu politique haïtien à un moment où le pays fait face à une crise politique profonde.

Le retour de Lambert à la tête du « grand corps » est en passant un rude coup porté au président Jovenel Moise qui avait voulu désespérément l’élection de son ami et supporter inconditionnel Kedlaire Augustin, sénateur du Nord-ouest.

C’est le clan PHTK du sénat qui a porté Lambert à la présidence du Sénat reléguant Augustin à la vice-présidence.

Celui qui s’est fait nommer « Papa » par ses électeurs du sud-est, émerge donc à un moment crucial après avoir publiquement fait connaitre sa position sur le mandat du président de la République. Lambert se présente lui-même comme un « animal politique ». En tant que tel, « l’animal », rompu à la vie politique tumultueuse d’Haïti dans laquelle il a toujours été un acteur incontournable, émerge comme celui qui est venu pour offrir la solution à l’imbroglio politique du moment.

Une image vaut mille mots. La première photo du nouveau président du Sénat après sa prestation de serment a été réservée à l’ambassadrice des Etats-Unis en Haïti Michèle Sison en fin de mission, il est vrai, mais sans doute encore influente auprès du Département d’état.

Dans la foulée de cette poignée de mains avec en toile de fond le drapeau étoilé, le sénateur Joseph (Joe) Lambert a annoncé qu’il a été officiellement invité à l’investiture du président Joseph (Joe) Biden. Appréciez la similitude des patronymes !

On peut soupçonner, sans risque de se tromper, que la diplomate américaine assignée en Haïti par le président sortant Donald Trump, avoir joué un rôle important dans cette initiative. Question pour Sison de chercher à se démarquer de l’image de soutien fidèle à Jovenel Moise qui lui colle à la peau.

D’ailleurs pour cette Image, Michèle Sison avait essuyé des remontrances de la part des parlementaires démocrates qui, plus d’une fois, avaient publiquement écrit à la diplomate pour lui demander de dénoncer les massacres perpétrés par les proches de Jovenel dans les bidonvilles de Port-au-Prince. Ces parlementaires, proches du président Joe Biden, avaient aussi rejeté l’idée de tenir des élections en Haïti dans ce climat d’insécurité et de crise politique. En fin de mission en Haïti, Sison prépare sa réinsertion dans la diplomatie américaine pour ne connaitre le sort de certains de ses devanciers dont la carrière a été prématurément enterrée après leur passage en Haïti.

Impossible donc de ne pas voir une relation entre l’arrivée à la Maison blanche du président Biden et l’invitation faite au nouveau président du Sénat haïtien. A Washington, Lambert ne sera sans doute pas remarqué à la tribune où se tiendra la cérémonie d’intronisation placée sous haute surveillance militaire. Il sera quelque part à Washington, reçu par les responsables du dossier Haïti au Département d’état. Il faut se dire que Joseph Lambert a été invité plus parler de la crise haïtienne et de la solution à y apporter que pour prendre aux festivités qui seront plus virtuelles suite aux événements du Capitole et en raison de la Covid-19.

Sur la scène politique nationale, on guettera avec intérêt le retour au pays de « Papa » à quelques jours du 7 février. Chacune de ses déclarations sera scrutée, analysée avec attention par le palais national et par l’opposition au président Jovenel Moise.

 

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