Réforme constitutionnelle : une démarche illégale selon l’historien et constituant Georges Michel

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Depuis environ une semaine, des conseillers du président de la République ne cessent d’affirmer la velléité du chef de l’Etat de procéder à une réforme constitutionnelle. Selon eux, Jovenel Moïse entame des déjà des discussions en vue de former une Assemblée Constituante devant travailler sur les éventuels changements. Le constituant Georges Michel se dit contre cette démarche car elle va à l’encontre des prescrits de la constitution en vigueur.

 

 

D’entrée de jeu, Georges Michel laisse entendre que le pouvoir en place est en train de composer sa propre constitution en vue d’établir une dictature dans le pays. Même si certains affirment que la constitution de 1987 amendée est la cause de nombreuses confusions notamment celle concernant la fin du mandat des élus, M Michel ne partage pas l’idée d’amender en dehors des procédures légales. « C’est devenu une mauvaise manie qu’une équipe veuille modifier voire changer la constitution afin d’assurer la longévité de son règne. », soutient-il.

 

 

Depuis l’occupation américaine, les changements de constitution sont devenus courants, avance Georges Michel. De Philippe Sudre Dartiguenave jusqu’aux Duvalier, une instabilité constitutionnelle s’est instaurée en Haïti. Selon lui, la constitution de 1987 a permis d’avoir une stabilité constitutionnelle pendant au moins une trentaine d’années. Ainsi, il plaide en faveur d’un amendement qui respecte les prescrits de la constitution de 1987.  « Historiquement, les changements de constitution n’ont jamais été au bénéfice du pays et cela ne risque pas de changer avec la constitution que Jovenel Moïse a l’intention d’imposer au peuple haïtien. Depuis un certain temps ce sont les gens malsains qui sont aux commandes de l’appareil étatique. », regrette-t-il.

 

 

Si les proches de l’Exécutif prônent que le président Jovenel Moïse veut laisser un héritage à la nation à travers cette réforme constitutionnelle, Georges Michel n’est nullement convaincu de cette approche. Selon lui, Jovenel Moïse n’a qu’à terminer son mandat puis réaliser les élections pour un renouvellement du personnel politique. Si M Moïse veut outrepasser ces droits en voulant à tout prix changer la constitution, le pays risque de connaître des jours très sombres, martèle Georges Michel qui souligne qu’il ne défend pas la constitution parce qu’il a été l’un des constituants ayant établi celle de 1987, mais plutôt la rectitude. Il promet également de maintenir sa position de défenseur de ce qui correct.

 

 

Georges Michel révèle aussi que l’ancien chef d’Etat Michel Martelly a falsifié l’amendement de la constitution du 29 mars 1987 en fin 2011 avant sa publication l’année suivante. Il redoute que Jovenel Moïse ne puisse rééditer l’histoire voire proposer une version d’encore bien pire.   

 

 

Marvens Pierre


 

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