Haïti-Politique : Jovenel Moise utilise le mot de passe de l’international pour préserver son mandat constitutionnel 

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 Apres trois jours de violentes manifestations, le Président de la République Jovenel Moise, dans son discours à l’occasion des 24 ans de la Police Nationale d’Haïti, déclare qu’il ne démissionnera pas et n’entend nullement permettre à quiconque de venir semer le chaos et la désolation dans le pays. Il invite tous les secteurs au <<dialogue>>,  en vue de trouver un accord  pour le bien-être de la Nation. Jovenel Moïse n'a jamais raté l'occasion de lancer cet appel. C’est peut-être par mégarde que l’opposition démocratique et la société civile, continuent d’ignorer le mot d’ordre de Washington, à travers un communiqué de presse, émis le jeudi 22 novembre 2018, par l’Ambassade américaine à Port-au-Prince, disant que le Département d'Etat américain reconnait la légitimité démocratique du gouvernement d’Haïti et de ses institutions.
 
Dans ce document, les Etats Unis avaient affirmé très clairement, qu’il est du devoir des autorités constituées à multiplier les efforts de renforcement de l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption afin de garantir la stabilité politique et économique. 
 
L’Ambassade américaine avait encouragé un dialogue constructif entre les acteurs haïtiens, de discuter sur des sujets qui créent des désaccords afin de trouver des solutions durables sans violence. Huit (8) mois après, on semble retourner à la case départ. Les acteurs sont toujours opposés, l’arme de la dialectique qui devait servir au profit du développement d’Haïti, n’est pas pratiquée. Entre temps, les tensions sont vives dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, le parlement quasi dysfonctionnel, la presse est menacée. Les journalistes sont aux abois. 
    
Les protagonistes oublient le mot de passe. Chaque secteur tire la ficelle de son côté. Le Canada par son Ambassadeur en Haïti, André Frenette, tire la sonnette d’alarme ce mercredi 12 juin 2019, pour appeler à un dialogue ouvert et inclusif.
 
Selon le diplomate, depuis juillet 2018, Haïti vit des périodes d’instabilité, des moments de tensions sociales et d’insécurité qui témoignent d’une préoccupation générale envers le rythme d’actions et de réformes pouvant influer positivement sur la qualité de vie des haïtiens. A travers les manifestations et dans les médias sociaux, les haïtiens continuent d’exprimer leur ras le bol, sur bon nombre d’enjeux, tels que : les difficultés économiques, les demandes de transparence et reddition de compte dans l’affaire PetroCaribe et la lutte contre la corruption. 
 
Même refrain du Core Group, qui encourage ’’une concertation inclusive’’ entre tous les acteurs de la vie nationale pour sortir de la crise que traverse le pays, dans son dernier communiqué de presse. 
 
Et pour rassurer la population, Jovenel Moïse demande aux personnes, qui l’accusent d’être impliqué dans la dilapidation présumée des fonds Petrocaribe, de l’aide vénézuélienne à Haïti, de laisser la justice faire son travail. « Toutes les personnes, qui ont mal géré ou utilisé l’argent du programme PetroCaribe, devraient répondre de leurs actes devant la justice, dans le cadre d’un procès équitable et sans persécution politique », souhaite-t-il.
 
« Le président, que vous avez voté, n’est pas impliqué dans des actes de corruption. Il ne sera jamais », déclare le chef de l’Etat, qui insiste sur la nécessité de garder un climat de  paix pour le développement durable.
 
Yves Paul Leandre
 
Photo : Mackendy Leblanc

 

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