Haïti- Politique : Que devient la Nation avec la montée quotidienne des contestations populaires?

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Depuis le 7 février 1986, jusqu'à  aujourd'hui, depuis 33 ans le pays n'a jamais trouvé son angle de repos. Des agitations sociales à chaque Gouvernement. Ouragans, tremblements de terre, instabilité politique, crises agricoles, pauvreté, épidémies, le mauvais sort comme s'acharne sur le pays. Assis entre deux plaques tectoniques bien actives, l'île se trouve menacée par l’instabilité politique. Sa population, écrasée par une succession de régimes dictatoriaux ou corrompus tente depuis toujours de se sortir du cercle vicieux de la misère, mais sans résultats. La République se fourvoie dans une impasse inquiétante.

 Des manifestations par ci par là, le peuple a faim, le Gouvernement semble faire la sourde oreille. On vit sous la menace d’un cyclone politique depuis le 7 février 2019, le Gouvernement dit avoir le contrôle de la situation, mais les mouvements de protestations ne s’arrêtent pas à Carrefour, Martissant, Lalue, route 9, Delmas, Gérald-Bataille, Maïs Gâté, Pétion-Ville, pour exiger le départ du Président de la République, Jovenel Moïse.

 Des meilleures conditions de vie, c’est ce que réclame le peuple. La caravane du changement prônée par le Chef de l’état, a échoué dès le départ. Le gouverneur de la Banque Centrale, Jean Baden Dubois, estime que la situation macro-économique d’Haïti, est très complexe. Le décrochage du taux de change résulte du déséquilibre entre les importations et exportations, des choix économiques faits par les gouvernements antérieurs, de l’instabilité socio-politique du pays et de la libéralisation du marché prônée depuis les années 80, sans prendre la précaution de protéger les producteurs locaux.   

Selon Monsieur Dubois, durant les trente dernières années, on a désarticulé l’économie de manière structurelle. Les gouvernements, a-t-il déclaré, ont fait choix de financer la consommation à partir des importations au lieu de financer la production locale, au lieu de se focaliser sur les secteurs porteurs de croissance dont l’agriculture (représentant 20% du PIB) et le commerce qui représente 28% de l’économie haïtienne.

Que devient la Nation aujourd’hui dans cette plongée infernale par l’arrêt inattendu des activités scolaires, l’état d’urgence économique, l’opposition, peine à trouver une alternative après Jovenel si ce dernier plie bagages ?

Va-t-on s’enliser dans une crise profonde qui fragilisera encore toutes les institutions du pays, déjà malmenées par des décennies de mauvaise gouvernance? Conséquence directe de cette crise : les fonds pétro caribe, un taux de chômage record, une paupérisation accélérée affectant plus de 10 millions d’habitants et un mécontentement général qui commence à secouer presque toutes les bases de la cohésion sociale.

 

Yves Paul LEANDRE 

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