Au-delà de la crise politique : les choses ne seront plus comme avant, une rupture s’impose !

Idées et Opinions
Typographie

 

Depuis plus de 9 semaines, le pays connait des moments de revendications que l’on croyait terminé depuis 15 ans après le grand soulèvement contre le Président apôtre de la théologie de libération, Jean Bertrand Aristide. Les coups de gaz lacrymogène, les violentes manifestations des rues, l’érection de barricades les unes plus créatives que les autres ne sont pas imaginaires et disent le contraire. Elles représentent les caractéristiques de la nouvelle société où les citoyens demandent une meilleure répartition des richesses.

 

Les chiffres sont explicites et ne mentent pas sur cette inégalité sociale devant laquelle tous ou presque crient à gorge déployé : Trop c’est trop !

 

Seulement 5% de citoyens détiennent plus de 60% de la richesse du pays, aujourd’hui environ 3,5 millions de personnes menacées par la famine, le taux d’inflation a atteint environ 20%, un chiffre record jamais atteint même durant l’embargo des années 90. Haïti est le pays qui enregistre le plus gros taux de chômage dans les caraïbes et les Amériques avec plus de 75%  de la force productive immobile. Et pourtant, ce ne sont pas les moyens qui ont manqué il y a tout juste une décennie.

 

Des sommes importantes mises à la disposition de nos gouvernements ont été carrément détournées ou dilapidées par des soi-disant technocrates, bureaucrates et des sauveurs venus de nulle part pour étrangler cette nation qui a fait l’histoire malheureusement avec la complicité de plusieurs de certains de ses fils. En moins de vingt(20) environ 15 milliards de dollars devraient être débloqués pour faciliter l’émergence de cette nation avec au passage 11 milliards de dollars de promesses de la CIRH et plus de 4.5 milliards du fonds vénézuélien.

 

De l’argent ont été effectivement débloqué, des conférences réalisées, des dépenses effectuées mais la situation des citoyens s’est donc empirée et la  population devenue plus pauvre qu’avant vivant avec moins de deux dollars par jour. Que s’est–il passer ? La réponse est simple, l’argent a été détourné avec des projets surfacturés et de mauvais calculs économiques et financiers.

 

Quelques années plus tard, les haïtiens n’ont pas accès aux soins de santé de qualité, les ordures jonchent les rues, pas de projets de construction de logements fiables. Pas de nouvelles universités publiques construites, les collectivités oubliées. Bref, on ne pouvait pas s’attendre à grand-chose, Haïti est devenu un Etat en faillite.

 

Les jeunes du mouvement Petrochallengers en 2010, plusieurs d’entre eux n’avaient que 15 et 16 ans. Des adolescents devenus des adultes s’attendaient à mieux alors qu’aujourd’hui ils savent qu’ils vont travailler et payer pour un argent qu’ils n’ont pas dépensé. Et c’est à partir de là qu’ils ont commencé par prendre conscience  de la situation et se poser des questions autour de cet argent : ‘‘Kote Kob Petrokaribe a ? ’’. Où est l’argent du programme Petrocaribe ?

 

Contrairement à ce que certains pensent, la rupture est déjà lancée et désormais les choses ne seront plus comme avant. Les questions seront  posées sur chaque centime dépensé au nom de la population haïtienne qui veut et demande des comptes sur les corrompus qui se sont accaparés des richesses du pays et les ont placées dans des banques à l’étranger ou investies dans des projets aux Etats unis et en République Dominicaine.

 

Au-delà de la crise politique, les contrats juteux dont bénéficient certains hommes d’affaires dans le pays montrent que sous nos yeux l’argent Petrocaribe fait encore des riches depuis des années sans pour autant aider à l’amélioration de la vie des citoyens. Dans les grandes villes comme dans les coins les plus reculés du pays, l’immoralité financière reste l’un des moyens pour garder la classe pauvre dans la crasse et la faim. Des millions de gens sont sans abris, des jeunes gens jouent continuellement aux dominos et prennent de la drogue, s’enivrent de plaisir de toute sorte.

 

Dans les usines, les ouvriers dépourvus de tous avantages sociaux auxquels ils ont droit, continuent de demander une augmentation du salaire minimum pour répondre à leurs besoins sociaux de base. De jeunes étudiants issus des Universités privées et pour la plupart publique cherchent des crédits sans succès pour se lancer dans les affaires. En Haïti,  Dans le système bancaire haïtien, 5 % à 6 % de la population seulement bénéficient de 75 % des crédits bancaires.Il faut une vraie rupture dans cette inégalité socio-économique, car les choses ne doivent plus être comme avant. Trop d’inégalité sociale ! Les jeunes ont le droit d’espérer.

 

Il faut comprendre le langage des barricades qui nous frappent aux yeux. Certains arrachent des troncs d’arbres comme des feuilles de papier pour les ériger dans les rues. Cette force avec laquelle ces arbres sont arrachés montre le niveau du ras-le-bol des citoyens qui ne veulent plus être considéré comme des cons et des imbéciles qui ne comprennent rien aux affaires citoyennes.

 

Les prochains dirigeants qui émergeront dans les cinq à dix prochaines années  doivent comprendre qu’au-delà de la crise politique actuelle, le temps de la rupture a commencé et les choses ne seront plus comme avant. Les justiciables demandent justice ! Nos fonctionnaires doivent penser aux services plutot qu'à s'enrichir de manière frauduleuse. Les parlementaires ne devront plus  confondre législatif et exécutif.

 

Les choses ne seront plus comme avant parce que les informations sont maintenant disponibles sur les réseaux sociaux grâce à l’Internet. Et les jeunes n’en démordent pas !

 

ET/HPN

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages