La communauté internationale n’a-t-elle pas une responsabilité dans l’exode des Haïtiens?

Idées et Opinions
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D’aucuns nous accusent de transférer nos responsabilités à d’autres. Certes, Ils ont raison. Mais, certaines situations méritent d’être explorées afin de trouver des réponses. Et, à cet égard, la situation actuelle d’Haïti ne peut nous laisser indifférents.

 

 

Comme on le sait, depuis des années, Haïti fait face à diverses catastrophes tant naturelles que politiques. Ce qui n’est pas sans effet sur son économie déjà moribonde. De jour en jour, la situation empire. Les Haïtiens, plus précisément les jeunes n’y voyant aucun avenir fuient le pays à la recherche d’un mieux être ailleurs. Le gouvernement, loin de les décourager, les encourage plutôt en ouvrant des bureaux de passeport dans presque toutes les villes du pays. On peut même dire que c’est le seul service qui fonctionne bien. Il n’est pas superflu ni exagéré de dire que cet exode fait l’affaire du gouvernement.

 

Maintenant, les gouvernements américain et canadien ne veulent plus de ces Haïtiens qui ont fui et qui continuent de fuir la misère. Nous comprenons leurs appréhensions et il est tout à fait  légitime qu’ils contrôlent leur immigration, mais n’ont-ils pas une responsabilité dans ce qui se passe en Haiti?  N’est-ce pas eux qui ont imposé au peuple haïtien Michel Martelly et Jovenel Moise?

 

Voilà le résultat du choix de la communauté internationale :

 

Haïti, 3.8 milliards dollars US du fonds de Petro Caribe volatilisés par l’équipe au pouvoir et le peuple abandonné à lui-même.

 

Qu’en dit la communauté internationale? Rien, aucune intervention. Au contraire, elle continue à alimenter le gouvernement haïtien qui devient très confortable dans ce type de gestion. Dans un tel contexte, le peuple a-t-il un autre choix que de chercher son pain quotidien ailleurs?

 

Que peut-on espérer?  

 

Dans ce pays, où une dizaine de familles contrôlent toute l’économie et l’équipe au pouvoir déjà à leur solde sombre dans la corruption la plus totale, on pourrait dire que les dés sont joués, qu’il n’y a rien à faire. Pourtant non. Tout n’est pas perdu. Nous saluons le courage de quelques sénateurs qui ont dit non à la corruption. Ils ont enquêté sur le Fonds de Petro Caribe et ont indexé certains responsables dudit Fonds. Comme il fallait s’y attendre, ils deviennent la cible des dilapidateurs du Fonds qui sont assurés de l’impunité et sont devenus très arrogants à la moindre question soulevée. Tout ceci se fait sous le regard de la communauté internationale qui reste muette.

 

Le 30 novembre 2017, un vote devait avoir lieu au Parlement sur le rapport du Fonds de Petro Caribe. La séance n’a pas eu lieu et est reportée sine die sous un faux prétexte, à savoir, le renouvellement du tiers du sénat qui n’était pas à l’ordre du jour. Aux dernières nouvelles, on rapporte que les sénateurs proches du pouvoir constituant la majorité de la Chambre haute ont reçu l’ordre de ne pas donner quorum pour le vote du rapport.

 

En fait, il n’y a rien d’étonnant. Le président Jovenel Moise, déjà inculpé pour blanchiment d’argent, et 12 autres personnes issues du pouvoir sont indexés dans le rapport. Quoi qu’il en soit, le rapport a fait son chemin. Tous les Haïtiens sont au courant et conscients que le Fonds de Petro Caribe a été volé par l’équipe au pouvoir et demandent des comptes. Cette fois-ci, ce n’est pas un budget où on peut manipuler  les citoyens en leur faisant croire dans tous les pays du monde tous les citoyens paient des taxes et de l’impôt. Cette fois-ci, c’est plutôt un cas de vol sans précédent dans l’histoire du pays et cela sans manipulation où tous ceux reconnus coupables  doivent être sanctionnés et punis conformément par la loi comme dans tous les pays du monde.

 

Aujourd’hui, le peuple demande justice. La communauté internationale a un rôle à jouer, comme elle a toujours fait, mais cette fois dans le bon sens. Ce sera le signal d’une nouvelle ère pour démarrer le pays et inciter les Haïtiens à rester chez eux.

 

 

 

Férère Coffy, BAA, MAP

 

Montréal, QC. Canada

 

1er décembre 2017

 

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