Haiti-Canada: L’afflux migratoire d’Haïtiens au Canada ou l’ultime manifestation d’un naufrage d’Etat

Idées et Opinions
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A la veille de 2004, l’année de notre bicentenaire de l’indépendance, un historien a publié aux éditions Autrementune diatribe pour laquelle il a choisi un titre plutôt provocateur : « Haïti n’existe pas. 1804-2004 : deux cents ans de solitude ». Dans cette satire démolisseuse, l’auteur, qui a été un proche conseiller de Jean Bertrand Aristide lors de son périple à Washington suite au coup d’état de 1991, s’attèle à décrire et raconter de manière fine mais avec une ironie particulière les causes d’une « défaite collective » de cette nation qui s’apprêtait à fêter le bicentenaire de sa victoire contre la barbarie esclavagiste.

L’exercice n’est pas sans intérêt. Haïti reste un pays dont l’histoirepassionne et le destin étonne. A charge ou à décharge, quelque chose intéresse tout observateur national ou étranger : comment ce pays a-t-il pu en arriver là ; Comment comprendre le passage de cette promesse au cauchemar qu’est devenue l’ile des caraïbes. Oui Haïti était une promesse. Elle était un exemple ; un modèle. Une référence pour tous les peuples de la terre en quête de justice et de liberté, sauf les puissances esclavagistes bien entendu. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui explique cette décente aux enfers de la nation glorieuse ? C’est la question à laquelle chacun s’attend à une réponse.  

Comme certains, Christophe Wargny a donné sa version des faits. Il a commencé d’abord par montrer l’exceptionnalité de la révolution de 1804 conséquence d’un long déni et donc d’une interdiction d’exister, en passant par l’occupation américaine et la « dictature du sous-développement » incarnée par les Duvalier qui ont chauffé le pays au fer rouge. Mais c’est surtout à la période d’Aristide et de son mouvement politique Lavalas qu’il s’attardera. Si Aristide a sa part de responsabilité dans l’avortement de la « révolution » amorcée en 1986, il n’est pas le seul coupable. Christophe Wargny présente un ensemble de facteurs dont les diktats néolibéraux de FMI ou de la Banque Mondiale,  les problèmes environnementaux, l’impunité, l’absence d’un Etat de droit et surtout les pressions américaines qui, selon lui, contribuent à l’effondrement de l’Etat. Toutefois, dans l’ensemble du livre l’auteur tend à affirmer une chose : pour l’occident, Haïti n’existe pas, sauf quand elle est en crise.

Les événements de ces dernières semaines donnent l’occasion de revenir sur cet ouvrage. Des compatriotes fuyant les Etats-Unis traversent la frontière canadienne avec l’intention de demander asile et d’y demeurer. Cette information devient tellement virale sur le web qu’un Haïtien orgueilleux aurait même du mal à se connecter à l’internet de peur qu’il n’ait d’autre choix que de lire ou de regarder la calamité de ses frères et sœurs et donc son propre drame, car le malheur d’un Haïtien est le malheur de chaque Haïtien. 

L’ampleur de la sur-médiatisation de cet événement confirme une fois de plus la thèse de M. Wargny. Pour l’occident, Haïti n’existe que lorsqu’elle est en crise. Elle n’existe que lorsqu’il y a des images de chaos, de terreur et de désastre à exposer à la face du monde. C’est l’occasion de continuer de régler ses comptes avec ce petit pays avec des reportages et/ou des discours souvent d’une méchanceté gratuite. Que l’on songe aux discours construits autour du tremblement de terre de 2010 ou de la dénationalisation des Haïtiens d’ascendance haïtienne en République dominicaine ou encore et surtout du choléra qui s’abat sur ce pays à la fin de l’année de 2010, le constat est le même : acharnement médiatique. Malheureusement, l’occasion est donnée à chaque fois pour la reproduction de ces discours névrosés.

Mais une deuxième raison semble venir conforter la thèse de M. Wargny : Haïti n’existe pas, tout court, cette fois – même si moi je préfère parler de l’effondrement de l’Etat d’Haïti. Comment comprend-t-on que des personnes qui, fuyant un pays étranger, au lieu de retourner chez elles, préfèrent aller demander asile dans un autre pays ? Qu’est-ce qui les pousse alors à fuir l’idée d’un retour au bercail ? « Nous ne voulons pas retourner chez nous pour le moment […] L’avenir n’est plus aux Etats-Unis. L’avenir n’est pas non plus à la maison, en Haïti » (déclaration d’un refugié, radio canada, 4/08/2017). Il y a là quelque chose qui mérite toute l’attention. 

Que je sache, Haïti n’est pas en guerre ni occupé militairement au sens du droit international. Il n’y a pas non plus d’événements troublant gravement l’ordre public comme des catastrophes naturelles qui soudainement frappent le paysj ustifiant le comportement de ces Haïtiens (au sens de l’Article III(3) de la Déclaration de Carthagène de 1984 sur les réfugiés). Le fait que des Haïtiens qui essayent de s’extraire de la menace Trump préfèrent se rendre dans un pays tiers au lieu de de se préparer à revenir dans leur propre pays confirme que quelque chose ne va pas chez eux. Cela confirme qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’Etat d’Haïti. En d’autres termes, cet Etat n’existe pas pour ces gens.

Cet épisode en dit long de la perception des Haïtiens, notamment les infortunés, de leur pays. La vérité c’est que ces derniers sont à la recherche de la vie. Ils poursuivent leur rêve d’un développement personnel, d’un confort et d’un bien-être qu’ils ne voient malheureusement pas chez eux. Bref, les gens fuient la misère et l’absence d’avenir. Ils refusent de revenir à bord d’un bateau naufragé. Ils boudent l’idée de revenir dans un pays empêtré dans une « crise multidimensionnelle » : crise économique, crise sociale, crise de confiance, corruption, problèmes environnementaux, problèmes sanitaires, insalubrités, chômage etc.   

Quelle leçon à donc en tirer?

Cette triste réalité offre à l’Etat et aux élites d’Haïti une nouvelle occasion  de s’asseoir et de discuter de ce qu’ils veulent faire du pays. Je veux insister sur ce point car la planification et le développement d’un pays se font par les acteurs nationaux. Ces derniers doivent se mettre ensemble pour définir des objectifs précis de développement et de la méthodologie à adopter pour y parvenir.

Haïti n’est pas fondamentalement pauvre. C’est un pays « dépecé » et appauvri par ses « bienfaiteurs » et ses élites dirigeantes corrompues. Ces derniers événements donnent au pays l’occasion de régler une fois pour toute la question de la corruption. C’est le moment de la reddition des comptes. Des sommes faramineuses ont été dépensées sans que la population ne sache où va l’argent. Je pense notamment au fonds petrocaribe. C’est le moment aussi pour l’Etat de rationnaliser ses dépenses. Un pays qui a tous ces problèmes ne peut pas se permettre de faire des dépenses futiles. J’en veux pour exemple les 197 millions pour la caravane + les 100 millions pour la sécurité du chef de l’Etat (Loop, 28 avril 2017).

Il n’y a pas longtemps que des pays de l’Amérique latine ou de l’Asie étaient dans une crise financière et sociale à peu près sinon comparable à celle d’Haïti. Mais ces pays ont su trouver la formule qui marche. Leurs élites nationales ont planifié « le développement de l’économie et fixe des objectifs aux entreprises du secteur privé. Elles utilisent les entreprises du secteur public pour créer les conditions plus favorables au secteur privé, leur accorde des subventions, les aide à se doter d’une main d’œuvre qualifiée et favorise les innovations scientifiques et technologiques pouvant accroître la productivité, améliorer la qualité des produits et conquérir les marchés extérieurs ». Aujourd’hui, certains de ces pays sont même en concurrence avec l’occident capitaliste. Je pense notamment au Brésil, à la République dominicaine, au Chili, à la Malaisie ou au Singapour.

Haïti doit s’inspirer de l’expérience positive de ces pays. Elle doit faire appel aux compétences locales pour définir et élaborer des stratégies et politiques de développement. Ces compétences existent même si leur nombre est limité, alors que faute de leur intégration beaucoup d’entre eux vont ou retournent en occident qui offre une meilleure condition de vie et de réussite.

De leur côté, les intellectuels doivent aussi s’organiser. Ils doivent prendre des initiatives, mettre l’accent sur la réflexion et la recherche, organiser des publications comportant de contenu pertinent et rigoureux et les diffuser auprès des autorités. Pour qu’elle soit utile au développement, l’activité de la recherche doit nécessairement prendre la forme d’une activité de grande importance sociale et non celle d’une activité individuelle.

A côté de l’élaboration et la mise en application de cette stratégie nationale de développement, l’Etat comme superstructure doit investir massivement dans la construction des infrastructures et dans l'éducation. Ces biens non marchands, comme l’a fait remarquer Adams Smith dans son essai sur la cause de la richesse des nations, sont tout aussi importants pour le développement et le progrès économique. 

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Haïti a besoin de se redresser. Elle doit valoriser ses compétences, consolider son capital humain, améliorer ses infrastructures. Bref, l’équation à laquelle les élites d’Haïti se doivent efforcer de résoudre se résume en quatre mots : rendre le pays vivable. C’est ainsi qu’elles redonneront au pays sa fierté. Ce faisant, les Haïtiens se sentiront bien chez eux et auront le gout d’y rester. Sans cet effort, nous continuerons d’envoyer cette image négative et avilissante d’un pays banni et rejeté même par ses propres ressortissants. Et Haïti continuera d’exister parce qu’il y aura toujours des désastres.

 

Moise Jean

Doctorant en droit

moisej83@yahoo.fr

 

Photo: CNews

A la veille de 2004, l’année de notre bicentenaire de l’indépendance, un historien a publié aux éditions Autrementune diatribe pour laquelle il a choisi un titre plutôt provocateur : « Haïti n’existe pas. 1804-2004 : deux cents ans de solitude ». Dans cette satire démolisseuse, l’auteur, qui a été un proche conseiller de Jean Bertrand Aristide lors de son périple à Washington suite au coup d’état de 1991, s’attèle à décrire et raconter de manière fine mais avec une ironie particulière les causes d’une « défaite collective » de cette nation qui s’apprêtait à fêter le bicentenaire de sa victoire contre la barbarie esclavagiste.

L’exercice n’est pas sans intérêt. Haïti reste un pays dont l’histoirepassionne et le destin étonne. A charge ou à décharge, quelque chose intéresse tout observateur national ou étranger : comment ce pays a-t-il pu en arriver là ; Comment comprendre le passage de cette promesse au cauchemar qu’est devenue l’ile des caraïbes. Oui Haïti était une promesse. Elle était un exemple ; un modèle. Une référence pour tous les peuples de la terre en quête de justice et de liberté, sauf les puissances esclavagistes bien entendu. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui explique cette décente aux enfers de la nation glorieuse ? C’est la question à laquelle chacun s’attend à une réponse.  

Comme certains, Christophe Wargny a donné sa version des faits. Il a commencé d’abord par montrer l’exceptionnalité de la révolution de 1804 conséquence d’un long déni et donc d’une interdiction d’exister, en passant par l’occupation américaine et la « dictature du sous-développement » incarnée par les Duvalier qui ont chauffé le pays au fer rouge. Mais c’est surtout à la période d’Aristide et de son mouvement politique Lavalas qu’il s’attardera. Si Aristide a sa part de responsabilité dans l’avortement de la « révolution » amorcée en 1986, il n’est pas le seul coupable. Christophe Wargny présente un ensemble de facteurs dont les diktats néolibéraux de FMI ou de la Banque Mondiale,  les problèmes environnementaux, l’impunité, l’absence d’un Etat de droit et surtout les pressions américaines qui, selon lui, contribuent à l’effondrement de l’Etat. Toutefois, dans l’ensemble du livre l’auteur tend à affirmer une chose : pour l’occident, Haïti n’existe pas, sauf quand elle est en crise.

Les événements de ces dernières semaines donnent l’occasion de revenir sur cet ouvrage. Des compatriotes fuyant les Etats-Unis traversent la frontière canadienne avec l’intention de demander asile et d’y demeurer. Cette information devient tellement virale sur le web qu’un Haïtien orgueilleux aurait même du mal à se connecter à l’internet de peur qu’il n’ait d’autre choix que de lire ou de regarder la calamité de ses frères et sœurs et donc son propre drame, car le malheur d’un Haïtien est le malheur de chaque Haïtien. 

L’ampleur de la sur-médiatisation de cet événement confirme une fois de plus la thèse de M. Wargny. Pour l’occident, Haïti n’existe que lorsqu’elle est en crise. Elle n’existe que lorsqu’il y a des images de chaos, de terreur et de désastre à exposer à la face du monde. C’est l’occasion de continuer de régler ses comptes avec ce petit pays avec des reportages et/ou des discours souvent d’une méchanceté gratuite. Que l’on songe aux discours construits autour du tremblement de terre de 2010 ou de la dénationalisation des Haïtiens d’ascendance haïtienne en République dominicaine ou encore et surtout du choléra qui s’abat sur ce pays à la fin de l’année de 2010, le constat est le même : acharnement médiatique. Malheureusement, l’occasion est donnée à chaque fois pour la reproduction de ces discours névrosés.

Mais une deuxième raison semble venir conforter la thèse de M. Wargny : Haïti n’existe pas, tout court, cette fois – même si moi je préfère parler de l’effondrement de l’Etat d’Haïti. Comment comprend-t-on que des personnes qui, fuyant un pays étranger, au lieu de retourner chez elles, préfèrent aller demander asile dans un autre pays ? Qu’est-ce qui les pousse alors à fuir l’idée d’un retour au bercail ? « Nous ne voulons pas retourner chez nous pour le moment […] L’avenir n’est plus aux Etats-Unis. L’avenir n’est pas non plus à la maison, en Haïti » (déclaration d’un refugié, radio canada, 4/08/2017). Il y a là quelque chose qui mérite toute l’attention. 

Que je sache, Haïti n’est pas en guerre ni occupé militairement au sens du droit international. Il n’y a pas non plus d’événements troublant gravement l’ordre public comme des catastrophes naturelles qui soudainement frappent le paysj ustifiant le comportement de ces Haïtiens (au sens de l’Article III(3) de la Déclaration de Carthagène de 1984 sur les réfugiés). Le fait que des Haïtiens qui essayent de s’extraire de la menace Trump préfèrent se rendre dans un pays tiers au lieu de de se préparer à revenir dans leur propre pays confirme que quelque chose ne va pas chez eux. Cela confirme qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’Etat d’Haïti. En d’autres termes, cet Etat n’existe pas pour ces gens.

Cet épisode en dit long de la perception des Haïtiens, notamment les infortunés, de leur pays. La vérité c’est que ces derniers sont à la recherche de la vie. Ils poursuivent leur rêve d’un développement personnel, d’un confort et d’un bien-être qu’ils ne voient malheureusement pas chez eux. Bref, les gens fuient la misère et l’absence d’avenir. Ils refusent de revenir à bord d’un bateau naufragé. Ils boudent l’idée de revenir dans un pays empêtré dans une « crise multidimensionnelle » : crise économique, crise sociale, crise de confiance, corruption, problèmes environnementaux, problèmes sanitaires, insalubrités, chômage etc.   

Quelle leçon à donc en tirer?

Cette triste réalité offre à l’Etat et aux élites d’Haïti une nouvelle occasion  de s’asseoir et de discuter de ce qu’ils veulent faire du pays. Je veux insister sur ce point car la planification et le développement d’un pays se font par les acteurs nationaux. Ces derniers doivent se mettre ensemble pour définir des objectifs précis de développement et de la méthodologie à adopter pour y parvenir.

Haïti n’est pas fondamentalement pauvre. C’est un pays « dépecé » et appauvri par ses « bienfaiteurs » et ses élites dirigeantes corrompues. Ces derniers événements donnent au pays l’occasion de régler une fois pour toute la question de la corruption. C’est le moment de la reddition des comptes. Des sommes faramineuses ont été dépensées sans que la population ne sache où va l’argent. Je pense notamment au fonds petrocaribe. C’est le moment aussi pour l’Etat de rationnaliser ses dépenses. Un pays qui a tous ces problèmes ne peut pas se permettre de faire des dépenses futiles. J’en veux pour exemple les 197 millions pour la caravane + les 100 millions pour la sécurité du chef de l’Etat (Loop, 28 avril 2017).

Il n’y a pas longtemps que des pays de l’Amérique latine ou de l’Asie étaient dans une crise financière et sociale à peu près sinon comparable à celle d’Haïti. Mais ces pays ont su trouver la formule qui marche. Leurs élites nationales ont planifié « le développement de l’économie et fixe des objectifs aux entreprises du secteur privé. Elles utilisent les entreprises du secteur public pour créer les conditions plus favorables au secteur privé, leur accorde des subventions, les aide à se doter d’une main d’œuvre qualifiée et favorise les innovations scientifiques et technologiques pouvant accroître la productivité, améliorer la qualité des produits et conquérir les marchés extérieurs ». Aujourd’hui, certains de ces pays sont même en concurrence avec l’occident capitaliste. Je pense notamment au Brésil, à la République dominicaine, au Chili, à la Malaisie ou au Singapour.

Haïti doit s’inspirer de l’expérience positive de ces pays. Elle doit faire appel aux compétences locales pour définir et élaborer des stratégies et politiques de développement. Ces compétences existent même si leur nombre est limité, alors que faute de leur intégration beaucoup d’entre eux vont ou retournent en occident qui offre une meilleure condition de vie et de réussite.

De leur côté, les intellectuels doivent aussi s’organiser. Ils doivent prendre des initiatives, mettre l’accent sur la réflexion et la recherche, organiser des publications comportant de contenu pertinent et rigoureux et les diffuser auprès des autorités. Pour qu’elle soit utile au développement, l’activité de la recherche doit nécessairement prendre la forme d’une activité de grande importance sociale et non celle d’une activité individuelle.

A côté de l’élaboration et la mise en application de cette stratégie nationale de développement, l’Etat comme superstructure doit investir massivement dans la construction des infrastructures et dans l'éducation. Ces biens non marchands, comme l’a fait remarquer Adams Smith dans son essai sur la cause de la richesse des nations, sont tout aussi importants pour le développement et le progrès économique. 

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Haïti a besoin de se redresser. Elle doit valoriser ses compétences, consolider son capital humain, améliorer ses infrastructures. Bref, l’équation à laquelle les élites d’Haïti se doivent efforcer de résoudre se résume en quatre mots : rendre le pays vivable. C’est ainsi qu’elles redonneront au pays sa fierté. Ce faisant, les Haïtiens se sentiront bien chez eux et auront le gout d’y rester. Sans cet effort, nous continuerons d’envoyer cette image négative et avilissante d’un pays banni et rejeté même par ses propres ressortissants. Et Haïti continuera d’exister parce qu’il y aura toujours des désastres.

 

Moise Jean

Doctorant en droit

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Photo: CNews

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