Cette transition qui n’en finit pas : Privert jusqu’au 7 février 2017 ? (Par Pierre-Raymond DUMAS)

Idées et Opinions
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Ce n’est pas une vue de l’esprit, de la propagande, mais une perspective vraisemblable, une porte de sortie. En moins de quelques mois, la sombre perspective des « élections ou sel gren soulye » a volé en éclats. Un trou d’air !

 

Le hic, c’est la reconduction « parlementaire » ou pas de la durée du mandat du président de fait (c’est plus joli que « de facto ») Jocelerme Privert.  Et comme ce n’est pas un tempérament à baisser les bras, il s’accroche et encaisse… Quel mât suifé !... A bien des égards, les travaux, les avancées, les éclaircies du CEP plaident en faveur de cette prolongation. Plus tenace que convaincant, le président si honni par le tonitruant sénateur Carl Murat Cantave et Co fait, même engluédans « le pétrin de la durée », partie intégrante de la poursuite du processus en cours, bien sûr. Que deviendraient les élections sans lui ? Nul, à ce qu’il parait, ne le sait. De plus en plus « isolé », l’argumentaire des porte-drapeau et porte-parole tet Kale est combattu avec véhémence et justesse par tous ceux – notamment bon nombre de partis politiques et associations des droits humains, y compris le Core Group – qui rêvent de l’investiture d’un président démocratiquement élu le 7 février 2017, tel que prévu dans le calendrier électoral post-Opont contesté pour sa longueur afférente au troisième tiers du Sénat. 

Accusés de vouloir reprendre le pouvoir à travers un coup de force électoral, des élections truquées, comme autrefois, les pro-Privert de souche lavalassienne n’ont qu’une limite : les aléas du terrain à très haute intensité combative, lesquels suscitent beaucoup d’incertitudes, de doutes, de peurs sur fond de guerre larvée entre lavalas et PHTK, entre Fanmi lavalas et ex-lavalas, entre rat pa kaka et GNB… Cela veut dire aussi porter un regard critique et froid sur les acteurs détonants de l’après-Martelly. Ce n’est pas si simple, car cela implique déjà de les voir, de les appréhender, de les reconnaitre comme des marionnettes et des bouffons, pour la plupart. On s’émeut, à peine, devant leurs gesticulations grimaçantes au Parlement. Triste spectacle que ces élus mal élus ou pas qui ne font que donner raison au tristement célèbre Papa Doc ! C’est sur ce sentiment sans doute pitoyable d’une classe politique à la dérive qu’il nous faut travailler pour sortir de la crise électorale. 

Une reprise de la présidentielle avec vingt-sept candidats ne suffira pas pour avancer allègrement, mais il faudra bien trouver les bonnes formules pour organiser des élections libres, transparentes et crédibles, sans interférences de la machine gouvernementale ni manipulations étrangères, dans un environnement exempt d’insécurité et de violences. Il ne s’agit pas d’une idée nouvelle. Qui peut encore croire ça ? Chacun s’y retrouve toujours dans les entrelacs d’une méfiance sinueuse et persistante, donc la hantise terrifiante d’élections partisanes enfle les passions : toutes claniques, toutes excessives, toutes intermittentes.

 

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