Cette Transition qui n’en finit pas: Privert - Bilan… (Par Pierre-Raymond DUMAS)

Idées et Opinions
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Le 14 Juin 2016 marque l’heure des redditions de compte pour l’aléatoire président provisoire Jocelerme Privert. Une satanée, une déroutante, une futile transition que celle que l’ex-président de l’Assemblée nationale cristallise depuis son élection à la tête de l’Etat au second degré par le Parlement le 14 février 2016 !!! Et c’est peu de le dire.

 

C’est une transition qui, par ses contradictions « inexpiables », n’augure rien de radieux pour l’avenir du pays sous tension. La poursuite du processus électoral – pomme de discorde – vient d’être      «supplantée» par l’annulation et la reprise de la présidentielle – nouvel échéancier électoral tout autant incertain. On semble sortir d’une impasse pour entrer dans un labyrinthe, d’un trou pour se jeter dans un précipice. Et cela est annonciateur d’une exacerbation de la crise sur fond d’accusations de corruption « tet-kale » et de poursuites judiciaires « tet-chat ». De l’illusion de la justice on est passé à la politisation de l’impunité.

Mais que pouvait faire le président provisoire contesté Privert face à des incendiaires si véhéments, prêts à tout, pour la plupart étrangers à toutes formes de « compromis historique » et de patriotisme ? Posons une fois pour toute la question. Que pouvait-il faire d’autre -remettre le nœud gordien à une commission -  que s’engager à pas feutrés sur ce terrain miné ?  En défiant la communauté internationale qui est à raison opposée à toute gouvernance provisoire illimitée, qui risque sans nul doute de plonger comme en 1994 et en 2004 le pays dans une instabilité explosive... Que pouvait-il faire d’autre après 120 jours, assis sur un baril de poudre, que de chercher à éteindre les brasiers ? Que pouvait-il faire, oui, sinon éviter le pire ? Jusqu’à quand ?

En tant que pompier, aussi menacé ou pressuré soit-il, tiraillé par un flot de griefs et de contre- propositions, Jocelerme Privert n’a pas su stopper la radicalisation des forces antagoniques malgré la relative paix des rues et la formation du gouvernement de « coalition », car le repli ou la défaite provisoire des Blancs ne suffira pas pour rendre les Haïtiens dignes de leurs Ancêtres.

L’environnement socio-politique propice au bon déroulement des prochaines élections reste un défi douloureux. Un péril, en somme. Au cours de ces trois dernières décennies, une classe politique composée de ‘criseurs’ ont ruiné Haïti. On en voit quotidiennement les formes diverses. Contre cette classe politique déraisonnable qui se crispe sur ses vieux démons, et cette société civile qui contribue tant à la crise « systémique » que traverse notre pays, il faut avoir le courage de proposer autre chose et d’agir pour retourner à la normalité constitutionnelle le plus tôt possible !...

 

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